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16/01/2019 16:17 EST | Actualisé 17/01/2019 08:42 EST

SAQ: un mouvement se lève pour un système de consigne

Le mouvement citoyen SAQ Consigne milite pour une consigne sur les bouteilles de la société d'État.

Ryan Remiorz/La Presse canadienne

Le mouvement citoyen SAQ Consigne encourage tous les Québécois à rapporter leurs bouteilles de vin vides à la SAQ, jusqu'à ce que le gouvernement Legault instaure un système de consigne.

Le groupe de citoyens s'est rassemblé mercredi matin devant la succursale de la SAQ Angus, à Montréal, pour lancer ce mouvement qui, espère-t-il, s'étendra dans toute la province.

«Ça fait plusieurs années que différents groupes militent pour la consigne des bouteilles de vin et de spiritueux au Québec, mais rien ne bouge, déplore Maude Ménard-Dunn, une des citoyennes à l'origine du mouvement. Il est temps que le gouvernement mette ses culottes!»

Le Québec et le Manitoba sont les deux seules provinces à ne pas avoir de système de consigne pour récupérer le verre des bouteilles de vin et de spiritueux, au pays.

Une situation que Maude Ménard-Dunn qualifie de «scandaleuse».

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Puisque les citoyens disposent de leurs bouteilles en les mettant dans leur bac à recyclage, le verre contamine tout le reste, explique Denis Blaquière, porte-parole du mouvement SAQ Consigne.

«Dans le transport, le verre se brise et contamine le papier et le plastique. Et à l'inverse, le verre est lui aussi contaminé par les bouchons de plastique, par exemple, ce qui fait qu'il ne peut pas être récupéré. Résultat : nos centres de tri vivent une crise jamais vue, sont menacés de faire faillite, parce qu'ils ne peuvent pas vendre leurs ballots de papier contaminé en Chine.»

Le mouvement invite donc les citoyens à rapporter toutes leurs bouteilles à la SAQ, et à mentionner qu'ils sont en faveur d'un système de consigne. Selon son porte-parole, les employés de la SAQ sont des alliés, puisque leur syndicat milite déjà en faveur de la mise en place de ce système depuis plusieurs années.

«Nous sommes 26 000 à avoir signé le Pacte pour la transition, ajoute Maude Ménard-Dunn. Il est temps que les bottines suivent les babines. Garder précieusement nos bouteilles de vin au lieu de les mettre dans le bac à recyclage, c'est un geste simple que tout le monde peut faire.»

La SAQ invite plutôt les citoyens à disposer de leurs bouteilles de vin dans leur bac à recyclage, comme à l'habitude.

«Si les citoyens nous rapportent leurs bouteilles, nous allons tout simplement les mettre dans le bac bleu de la succursale», affirme Linda Bouchard, porte-parole de la SAQ.

SAQ Consigne/Facebook

«On peut déjà rapporter nos bouteilles de bière à la SAQ, alors pourquoi pas nos bouteilles de vin et de spiritueux?» se demande Denis Blaquière.

Une autre approche

C'est qu'il s'agit de deux systèmes complètement différents, selon la SAQ. Une bouteille de bière peut avoir une deuxième vie, contrairement aux bouteilles de vin, qui doivent être fondues puis reconçues.

La société d'État, qui affirme être très préoccupée par la question du verre, privilégie une autre approche que la consigne.

«Il faut comprendre que les bouteilles de la SAQ, ça représente 50% du verre qui se retrouve dans les bacs de recyclage, précise Cédéanne Simard, directrice de la responsabilité sociétale à la SAQ. Donc pour nous, la consigne n'est pas une solution en soi. On croit plutôt qu'il faut une solution globale au problème.»

La SAQ assure qu'elle travaille conjointement avec les autres entités concernées, notamment les centres de tri, pour améliorer la performance des équipements et la pureté du verre récupéré.

Le taux de récupération des bouteilles de la SAQ qui se retrouvent dans les bacs à recyclage est de 87%, c'est le meilleur rendement, parmi tout ce qui se retrouve dans la collecte sélective.Cédéanne Simard, directrice de la responsabilité sociétale de la SAQ

En 2014, le ministre de l'Environnement de l'époque, David Heurtel, travaillait déjà sur un projet de consigne, mais il n'a jamais abouti.

En juin dernier, une pétition pour réclamer une telle mesure ayant récolté plus de 15 000 signatures a été déposée à l'Assemblée nationale.

Le ministère de l'Environnement du Québec n'avait pas donné suite à notre demande d'entrevue au moment de mettre en ligne.