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15/01/2019 15:13 EST | Actualisé 06/02/2019 10:42 EST

Un humoriste blanc portant des dreads se voit refuser la participation à un spectacle d'humour

Le débat sur l'appropriation culturelle est reparti sur les réseaux sociaux.

Un humoriste blanc qui porte des dreads ne pourra pas participer à une soirée d'humour dans une salle montréalaise, sous prétexte que ses cheveux sont un signe d'appropriation culturelle.

Zach Poitras, un humoriste de la relève, ne pourra pas prendre part à la soirée Snow Flake Comedy Club, prévue au mois de février, à la Coop Les Récoltes, sur la rue Saint-Denis. Il s'agit d'un espace autogéré par le Groupe de recherche d'intérêt public de l'UQAM.

La coopérative, qui se décrit comme «un espace sécuritaire, exempt de rapports d'oppression», a publié un long message sur sa page Facebook pour clarifier son point de vue... qui a déchaîné les passions sur le réseau social.

«L'appropriation culturelle, c'est le fait qu'une personne issue d'une culture dominante s'approprie des symboles, des vêtements ou encore des coiffures de personnes issues de cultures historiquement dominées. C'est un privilège que de pouvoir porter des dreads en tant que personne blanche et que cela soit vu comme une mode ou comme le fait d'être edgy, alors qu'une personne noire va se voir refuser l'accès à des opportunités d'emplois ou des espaces», peut-on y lire.

De nombreuses personnes se sont indignées de la décision de la coopérative, mais d'autres l'ont aussi saluée, précisant par exemple que les espaces sécuritaires se faisaient rares pour les personnes racisées.

Selon les membres de cette coopérative, le débat sur l'appropriation culturelle avait eu lieu bien avant cette polémique, à l'interne. Leur politique est claire : les personnes faisant de l'appropriation culturelle ne sont pas les bienvenues sur scène. Elles peuvent toutefois fréquenter l'endroit (un bar et une salle de spectacle), mais on leur expliquera qu'elles reproduisent un comportement raciste. La Coop avait d'ailleurs déjà prévu la productions de dépliants explicatifs sur la question de l'appropriation culturelle, qui seront distribués aux clients.

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«Cette position provient de demandes de personnes noires et racisées qui fréquentent le lieu, et nous avons écouté leurs demandes», ont précisé au HuffPost Québec des administrateurs de la page Facebook de la Coop Les Récoltes.

Les organisateurs de la soirée Snow Flake Comedy Club ont communiqué avec Zach Poitras, le 11 janvier, pour lui expliquer qu'il ne pourrait pas participer à la soirée, invoquant la politique de la coopérative. Des membres de la Coop ont ensuite communiqué avec l'humoriste pour lui expliquer pourquoi il ne pourrait pas faire partie de la soirée.

«La communication est constante avec lui, et il comprend notre position même s'il n'est pas nécessairement d'accord», affirment les administrateurs de la page Facebook de la coopérative.

Le jeune humoriste, qui est aussi un militant LGBTQ, n'a pas voulu commenter l'affaire. Il a toutefois confirmé au HuffPost Québec qu'il était «en très bons termes» avec la Coop Les Récoltes.

Les membres de la Coop Les Récoltes n'ont pas voulu faire davantage de commentaires. Ils doivent se réunir mardi soir pour décider ensemble de la position qu'ils veulent adopter avec les médias.