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15/01/2019 16:03 EST | Actualisé 15/01/2019 16:03 EST

Un simple test de salive pour déterminer si vous risquez de développer un cancer du sein

Il s'agit d'un modèle de prédiction inégalé, sur lequel ont travaillé des chercheurs québécois.

Tero Vesalainen via Getty Images

Des chercheurs québécois ont aidé à mettre sur pied un modèle inégalé pour déterminer les chances qu'a une femme de développer un cancer sur sein au cours de sa vie.

Un simple test de salive permettrait de catégoriser les femmes, et de déterminer celles qui sont le plus à risque, selon une étude publiée mardi, à laquelle ont participé des chercheurs de l'Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

Un des responsables de l'étude, le professeur Jacques Simard, explique que plusieurs centaines de chercheurs à travers le monde ont mis en commun les échantillons d'ADN récoltés dans leurs projets respectifs et mené une analyse génomique sur 94 000 femmes qui avaient eu un cancer du sein et sur un groupe témoin de 75 000 femmes.

«Ce n'est pas un test diagnostic, mais un outil de prédiction du risque, donc ça ne remplace pas la mammographie», précise celui qui est aussi titulaire de la chaire de recherche du Canada en oncogénétique à la Faculté de médecine de l'Université Laval et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

Mais ce test pourrait permettre de recommander une mammographie à plus de femmes à risque de développer la maladie.

Une mammographie plus tôt?

Actuellement, au Québec, le programme de dépistage s'adresse aux femmes âgées entre 50 et 79 ans. Celles-ci doivent subir une mammographie tous les deux ans. Toutefois, Jacques Simard affirme qu'un cas de cancer du sein sur six est diagnostiqué chez une femme de moins de 50 ans.

C'est pourquoi ce test pourrait vraiment changer la donne, selon lui, parce qu'on sait que plus le cancer est diagnostiqué tôt, meilleures sont les chances de survie. Il pourrait être proposé à toutes les femmes de 40 ans et plus, par exemple, ajoute le chercheur.

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L'échantillon de salive teste environ 300 gènes, et à cela est ajouté un questionnaire sur les habitudes de vie de la femme, qui sert aussi à savoir si elle prend des hormones (par un moyen de contraception ou pour contrer les effets de ménopause, par exemple). Tous ces facteurs combinés permettent de «catégoriser les femmes en différents groupes de risque», précise Jacques Simard.

À celles qui ont 25% de chances de développer un cancer du sein, on proposerait tout de suite une mammographie, une fois par an. Cela permettrait aussi d'offrir une approche de dépistage personnalisée.

Une équipe dirigée par Jacques Simard travaille actuellement à un projet de pré-implantation de ce modèle auprès de 10 000 femmes au Québec et en Ontario.

Les détails de cette percée sont présentés dans un article paru mardi dans la revue Genetics in Medicine.

- Avec La Presse canadienne