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14/01/2019 16:09 EST | Actualisé 14/01/2019 16:20 EST

Dix municipalités offriront un autopartage de véhicules électriques

Pour environ 7$ de l'heure.

PC/Doug Ives

VARENNES, Qc — Les citoyens d'une dizaine de municipalités éparpillées à travers la province auront bientôt accès à des véhicules électriques offerts en autopartage par leur municipalité.

Ces résidants viendront ainsi se joindre à ceux de six autres municipalités qui participent déjà depuis mai 2017 au projet-pilote SAUVéR, l'acronyme du Système d'autopartage avec véhicule électrique en région.

Cependant, l'élargissement du projet annoncé lundi ajoute un volet, soit l'installation dans les dix municipalités concernées de stations-service électriques pour l'ensemble des propriétaires de véhicules électriques.

Quant aux véhicules municipaux, la logique du projet est fort simple: les véhicules des flottes municipales sont souvent sous-utilisés, alors qu'un véhicule sur cinq est utilisé moins de trois heures et demie par jour et près de neuf déplacements sur 10 sont de moins de 40 kilomètres.

Nouvelles municipalités ajoutées au projet SAUVéR

  • Carleton-sur-Mer (Gaspésie)
  • Îles-de-la-Madeleine
  • Maniwaki (Outaouais)
  • Mercier (Montérégie)
  • MRC Pontiac (Outaouais)
  • Saint-Charles-sur-le-Richelieu (Montérégie)
  • Saint-Constant (Montérégie)
  • Saint-Fulgence (Saguenay)
  • Saint-Siméon (Charlevoix)
  • Varennes (Montérégie)

Le maire de Varennes, où avait lieu l'annonce, a fait valoir par exemple qu'un des quatre véhicules électriques de sa municipalité n'a que 20 000 kilomètres après quatre ans d'utilisation. «Ça n'a pas de bon sens qu'un véhicule, dans sa grande partie de vie, reste stationné, a affirmé Martin Damphousse. Nous avons un rôle comme municipalité pour changer la façon de faire.»

Varennes et les autres municipalités impliquées mettront donc les véhicules à la disposition des citoyens en dehors des heures ouvrables, les soirs et fins de semaine, pour un tarif s'approchant de celui des autres services d'autopartage, soit aux environs de 7 $ de l'heure.

Les municipalités participantes y voient une solution gagnante à tous points de vue, soit par une réduction des frais d'utilisation des véhicules, une réduction des GES de leurs flottes, une optimisation de l'utilisation de leurs véhicules et l'accès à un service d'autopartage dans des régions où il y a peu ou pas de transport en commun ou de taxis.

Une inquiétude palpable

Martin Damphousse a souligné au passage que si l'environnement n'était pas une préoccupation portée par les citoyens au niveau municipal il y a 10 ou 20 ans, c'est désormais «ce dont on nous parle le plus».

«L'environnement, le réchauffement de la planète, on la perçoit, elle est palpable, l'inquiétude de la population», a-t-il confié.

Les municipalités participantes se partageront une enveloppe de 750 000 $ provenant du programme Municipalités pour l'innovation climatique, administré par la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et financé par le gouvernement fédéral. L'argent servira à financer l'achat d'un véhicule électrique et l'aménagement de la station-service dans chacune des municipalités.

Municipalités participantes au projet SAUVéR depuis mai 2017

  • Bromont (Cantons-de-l'Est)
  • Nicolet (Centre-du-Québec)
  • Plessisville (Centre-du-Québec)
  • Rivière-du-Loup (Bas-Saint-Laurent)
  • Sainte-Julienne (Lanaudière)
  • Témiscouata-sur-le-Lac (Bas-Saint-Laurent)

Le ministre fédéral de l'Infrastructure, François-Philippe Champagne, n'a pas caché son enthousiasme devant ce projet qu'il a qualifié de «mobilité intelligente, mobilité verte, mobilité où on met en place des actifs en commun au service des citoyens».

«J'espère qu'on saura exporter même à l'international. Le but, c'est d'être un leader non seulement ici chez nous au Québec et à travers le pays, mais même à travers le monde», a souhaité le ministre à voix haute.

Résister aux précipitations extrêmes

En procédant à l'annonce, le ministre Champagne et la présidente de la Fédération canadienne des municipalités, Vicki-May Hamm, ont également annoncé une autre subvention de 750 000 $ dans le cadre du même programme, destinée celle-là à la ville de Rivière-du-Loup.

Dans ce cas, il s'agit d'une intervention très concrète liée aux changements climatiques et qui vise une adaptation du réseau d'aqueduc et d'égout qui ne suffit plus à résister aux débordements lors de pluies intenses de plus en plus fréquentes.

M. Champagne a insisté sur le fait que l'objectif est de «préparer la ville de Rivière-du-Loup à mieux répondre aux changements climatiques en réduisant les impacts des précipitations extrêmes».

Le ministre a ajouté qu'on posait la question à l'envers en se demandant s'il y a un coût à s'adapter aux changements climatiques. «Il y a un coût à l'inaction», a-t-il fait valoir, mettant ainsi l'emphase sur la prévention face aux dérèglements prévisibles des événements de météo extrême.

«Les gestes qu'on pose aujourd'hui, les sommes qu'on consacre (...) ce n'est pas pour le futur, c'est ici et maintenant», a-t-il dit.