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14/01/2019 08:36 EST | Actualisé 14/01/2019 08:36 EST

Couches lavables: un guide complet pour le parent écolo (ou économe!)

Troquer une montagne de couches jetables pour une alternative plus durable, ça n'a pas besoin d'être compliqué.

Un enfant utilisera entre 4500 et 6000 couches jetables dans les premières années de sa vie.
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Un enfant utilisera entre 4500 et 6000 couches jetables dans les premières années de sa vie.

Votre famille s'agrandira en 2019, mais vous avez signé le Pacte pour la transition et vous vous dites que les couches lavables seraient un bon premier pas pour réduire l'empreinte écologique de votre enfant. Vous faites donc quelques recherches sur Internet pour comprendre comment ça marche et trouver LE kit qui vous permettra de garder le popotin de votre enfant au sec.

Boosters, inserts, tout-en-un, couches à poches, feuillets, langes, couvre-couches, microfibre, bambou, chanvre... Cinq minutes plus tard, vous refermez votre ordinateur, découragé par toutes les options - et l'info souvent contradictoire! - qui viennent de vous bombarder. Pas de panique, le HuffPost Québec vous démêle tout ça avec l'aide d'Emmanuelle Robidou, assistante-gérante à la boutique spécialisée Câlins et popotin.

HuffPost Québec
Emmanuelle Robidou, assistante-gérante à la boutique Câlins et popotin, à Montréal. La boutique offre également des ateliers gratuits d'introduction aux couches lavables plusieurs fois par mois.

Les différents modèles de couches lavables

Même s'il en existe une myriade sur le marché, les couches lavables peuvent être divisées en quatre grandes familles: langes, couches à poches, tout-en-deux et tout-en-un.

Langes

De loin l'option la plus économique, les langes peuvent sembler intimidants pour les novices de la couche lavable, mais sont versatiles et très simples à utiliser. Un lange, c'est un rectangle de tissu absorbant - généralement du coton - qu'on plie et qu'on place dans un couvre-couche (ou coquille) imperméable.

«On les utilise beaucoup pour les nouveaux-nés, souligne Emmanuelle Robidou. Ça revient à environ une centaine de dollars pour remplacer toutes les couches nouveaux-nés. C'est une belle entrée dans l'univers des couches lavables. Comme ça, si on se rend compte que ça ne nous plaît pas tant que ça, on n'a pas dépensé une fortune.»

Avantages: Si bébé ne souille pas beaucoup sa couche, on peut remplacer le lange et réutiliser le même couvre-couche pour deux ou trois changements de couche. Résultat? Moins de lessive et un kit de départ très abordable. En plus, quand bébé vieillit, on peut utiliser les langes comme inserts pour des couches à poche, par exemple. (C'est quoi un insert? On vous l'explique plus bas).

Désavantages: Comme il faut apprendre à plier le lange et à le placer correctement dans le couvre-couche, il est possible que vous ayez des fuites lors des premières utilisations. Ça peut aussi être intimidant pour les grands-parents ou les gardiens qui n'ont pas l'habitude... De plus, il faudra passer à une taille de lange supérieure (mais on peut garder le couvre-couche taille unique) lorsque bébé commencera à faire de plus gros pipis, généralement entre 9 et 12 mois. Finalement, comme le lange est directement en contact avec la peau de bébé, il faut changer la couche un peu plus souvent. On peut aussi ajouter un feuillet en flanelle (voir Accessoires) pour un effet «fesses au sec» ou pour prévenir les rougeurs chez les bébés à la peau sensible.

Couches à poche

Comme plusieurs marques offrent des modèles en taille unique, les couches à poche peuvent souvent être utilisées de la naissance à la propreté (à moins d'avoir un tout petit bébé, puisqu'elles conviennent généralement aux enfants de 8 à 35 lbs).

Bummis
Une couche à poche avec velcros de marque Bummis.

Se refermant grâce à des boutons-pressions (snaps) ou à des attaches à velcro, leur forme ressemble à celle des couches jetables. Elles sont toutefois munies d'une ouverture (la poche) dans laquelle on place un ou deux inserts absorbants. Pour adapter l'absorption aux besoins de bébé, on peut combiner des inserts de différentes fibres (voir Quelles fibres choisir? ci-dessous).

Avantages: Faciles d'utilisation et versatiles tout en demeurant abordables, les couches à poche sont l'option la plus populaire chez les nouveaux adeptes des couches lavables.

Désavantages: Pour bien les nettoyer, il faut retirer l'insert de la poche avant de mettre les couches à la lessive, ce qui implique de manipuler (un peu) la couche souillée. Certains parents trouvent aussi laborieux de devoir replacer les inserts dans les poches après chaque lavage.

Tout-en-un

«C'est le modèle "grands-parents"», lance en riant Emmanuelle Robidou. Comme son nom l'indique, la couche tout-en-un est faite en un seul morceau. Pas d'inserts à ajouter ou enlever, on l'enfile comme une couche jetable, qu'on ajuste à l'aide de boutons-pressions ou d'attaches à velcro.

Avantages: Ces couches sont aussi faciles d'utilisation que les couches jetables et certains modèles peuvent être utilisées de la naissance à la propreté.

Désavantages: Ce sont les couches les plus chères et elles prennent plus de temps à sécher. Certains parents trouvent aussi qu'elles ont plus tendance à développer de mauvaises odeurs que les autres modèles.

Tout-en-deux

Aussi appelées couches hybrides, les tout-en-deux sont un peu les Transformers du monde des couches lavables. Utilisées avec des inserts, elles ressemblent presque en tous points à une couche à poche. La différence, c'est qu'elles sont munies de boutons-pressions qui permettent de fixer les inserts à l'intérieur de la poche pour la transformer en tout-en-un. On peut aussi les utiliser comme couvre-couches en fixant l'insert au fond de la couche, plutôt que dans la poche, comme un lange.

Avantages: Ces couches sont particulièrement versatiles et certains modèles peuvent être utilisées de la naissance à la propreté.

Désavantages: Lorsqu'on ne détache pas les inserts pour le lavage, les couches prennent plus de temps à sécher. Par ailleurs, peu de modèles tout-en-deux sont offerts sur le marché. Leur prix est aussi généralement un peu plus élevé.

Inserts: quelles fibres choisir?

Bummis
Les inserts Duo Brite de la marque Bummis sont faits avec un mélange de microfibre et de coton.

L'un des plus grands avantages des couches à poches ou tout-en-deux, c'est leur versatilité. En variant le nombre d'inserts et le type de fibre choisie, on peut adapter le niveau d'absorption d'une couche à mesure que bébé grandit ou en fonction de ses activités. Par exemple, on voudra un maximum d'absorption pour un bébé qui fait des nuits de 12h ou pour un bambin plus âgé.

Microfibre

Faits de fibres synthétiques (majoritairement du polyester), les inserts en microfibre sont souvent ceux qui sont vendus par défaut avec les couches à poche. Ce sont aussi les plus abordables.

«C'est ce qui absorbe le moins, mais très rapidement, explique la vendeuse. C'est aussi ce qui va sécher le plus vite, donc c'est utile pour les jours où on est un peu en retard sur le lavage.»

Le microfibre n'absorbera pas d'aussi grandes quantités d'urines que les fibres naturelles et aura tendance à déborder si on applique une pression sur l'insert. Par ailleurs, ce matériau a tendance à devenir moins absorbant après plusieurs mois de lavages répétés.

C'est pourquoi de nombreux utilisateurs d'inserts en microfibre commencent à gérer des fuites quand bébé devient plus actif, entre 12 et 18 mois. Emmanuelle Robidou explique aussi que c'est vers cet âge que les enfants commencent à se retenir et à faire de plus gros pipis, moins souvent.

Coton

La plus abordable des fibres naturelles, le coton est un peu le meilleur des deux mondes. Il absorbe de plus grandes quantités de liquides que le microfibre, presque aussi rapidement. C'est aussi la fibre naturelle qui sèche le plus vite.

Bambou et chanvre

Selon l'experte, le bambou et le chanvre sont deux fibres qui se valent, bien que le chanvre soit un tantinet plus absorbant. «Ça va avoir une absorption beaucoup plus importante, mais ça va prendre un peu plus de temps à absorber», compare-t-elle. Ce sont aussi des fibres qui prennent beaucoup plus de temps à sécher.

Alors, on achète quoi? Règle générale, Emmanuelle Robidou recommande de combiner un insert en fibre naturelle et un insert en microfibre pour créer une couche qui absorbera rapidement une grande quantité d'urine. «On ne mettra pas deux inserts en microfibre l'un par-dessus l'autre, parce qu'avec le poids de l'enfant ça va s'écraser et créer des fuites de compression», note-t-elle.

Le kit de départ idéal

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Combien ça coûte, de la naissance à la propreté?

«En moyenne, entre 500$ et 700$, estime Emmanuelle Robidou. Mais c'est possible d'avoir un ensemble suffisant à partir de 350$, parce qu'il y a de plus en plus de marques plus abordables.»

«Même en achetant que des couches québécoises, on n'a jamais besoin de dépasser 1000$, en incluant le savon et les accessoires», assure l'experte.

Et si on entretien bien nos couches, elles pourront être réutilisées pour un deuxième enfant, voire un troisième. En comparaison, il faut prévoir un budget entre 2000$ et 2500$ par enfant si on utilise les couches jetables. Vive les économies!

Coup de pouce de la Ville
Plusieurs municipalités québécoises offrent des subventions aux parents qui optent pour les couches lavables, puisque les couches jetables représentent un fardeau important pour les services de gestion des ordures. À Montréal, plusieurs arrondissements proposent des subventions allant de 100$ à 180$.


Combien de couches?

«Le chiffre magique, c'est 24, selon Emmanuelle Robidou. Au début, on change 10 à 12 couches par jour, donc avec 24 couches on peut laver aux deux jours. En vieillissant, on a besoin de 6 à 8 couches par jour, donc on peut laver aux trois jours.»


On achète quoi?

La règle d'or lorsqu'on choisit les couches lavables, c'est la variété!

«Parfois, ça fonctionne très bien avec un modèle pendant quelques temps et ensuite on passe un deux semaines ou ce modèle en particulier ne convient pas. Et quand t'as des fuites tout le temps, deux semaines, c'est très long!» illustre Mme Robidou. En ayant plusieurs modèles différents, on peut mettre de côté les couches qui fuient pendant quelques semaines, le temps que la morphologie de bébé change de nouveau.

Et pas la peine d'investir tout de suite dans des couches de nuit très absorbantes. «Certains bébés n'en ont jamais besoin», souligne Mme Robidou.

Les accessoires

N'oubliez pas de vous munir de deux grands sacs à couches (pour toujours en avoir un à utiliser pendant que l'autre est dans la machine à laver) et d'un ou deux plus petits sacs de transports.

L'entretien des couches lavables

En fonction de la dureté de l'eau dans votre municipalité, vous pourriez devoir adapter votre routine de lavage. Emmanuelle Robidou partage ici la routine de base qu'elle recommande à tous les parents sur l'île de Montréal, où l'eau n'est pas dure.

1. Faire un pré-lavage à l'eau froide, sans savon, pour enlever les résidus de selles.

2. Faire un cycle de lavage à l'eau chaude ou tiède (en fonction de nos habitudes pour le reste de la lessive) en utilisant très peu de savon et beaucoup d'eau. «Si on a des machines économiques en eau, comme les laveuses frontales, on peut rajouter une serviette mouillée dans la cuve, ce qui envoie le message à la machine d'augmenter le niveau d'eau», conseille Mme Robidou.

Avec une laveuse à chargement frontal, la vendeuse recommande d'utiliser à peine une cuillère à thé de savon à lessive. «Si c'est une machine à chargement sur le dessus, on va mettre environ une cuillère à soupe parce qu'on peut régler le niveau d'eau au maximum.»

On recommande d'utiliser un savon fait pour les couches lavables et non un savon qui est fait pour les bébés

«On veut un savon sans parfum, sans azurants optiques, sans assouplissants, sans agent blanchissant», énumère Mme Robidou.

3. Un cycle de rinçage à l'eau froide pour se débarrasser de tout résidu de savon.

4. Séchage à l'air libre. «L'été, on privilégie la corde à linge parce que le soleil est le meilleur agent blanchissant», vante Mme Robidou. Les inserts peuvent aussi être mis à la sécheuse, mais la chaleur de la machine peut endommager les élastiques des coquilles ou des couches tout-en-un.

«Quand on sort les couches du lavage, ça ne devrait rien sentir du tout. Ni bon, ni mauvais. Si ça sent l'un ou l'autre, ça va entraîner des problèmes un moment donné», insiste l'experte. On parle ici de fuites, de rougeurs cutanées, de champignons...

À noter: si vous peinez à trouver la routine qui fonctionne pour vous et votre machine, le site Fluff Love University propose des routines de lavage pour plusieurs dizaines de machines à laver, en fonction de leurs marques et modèles.

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