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11/01/2019 11:42 EST | Actualisé 11/01/2019 14:19 EST

La réfugiée saoudienne qui fuit sa famille sera accueillie par le Canada

Le dossier de Mme Alqunun met en lumière la situation des droits des femmes en Arabie saoudite.

Rahaf Mohammed Alqunun (centre) cherchait un pays pour l'accueillir comme réfugiée.
ASSOCIATED PRESS
Rahaf Mohammed Alqunun (centre) cherchait un pays pour l'accueillir comme réfugiée.

Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé vendredi que le Canada avait accepté la demande d'asile d'une Saoudienne réfugiée en Thaïlande pour fuir les mauvais traitements dont elle se disait victime de la part de sa famille.

Rahaf Mohammed Alqunun avait été interpellée à l'aéroport international de Bangkok samedi dernier quand la police thaïlandaise lui a refusé l'entrée au pays, en plus de confisquer son passeport. La jeune femme de 18 ans s'était alors barricadée dans une chambre d'hôtel d'où elle a lancé, sur Twitter, une campagne qui a attiré l'attention du monde sur son sort.

Cela lui a valu suffisamment d'appuis publics et diplomatiques pour convaincre les responsables thaïlandais de l'admettre au pays, sous la protection des Nations unies. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés lui a accordé le statut de réfugié mercredi.

M. Trudeau a déclaré vendredi que le Haut-Commissariat avait demandé au Canada d'accorder à Mme Alqunun le statut de réfugiée, requête que le Canada a acceptée. "Nous sommes heureux de le faire parce que le Canada est un pays qui comprend à quel point il est important de défendre les droits de la personne, de défendre les droits des femmes dans le monde", a déclaré le premier ministre en conférence de presse à Regina.

Le dossier de Mme Alqunun met en lumière la situation des droits des femmes en Arabie saoudite. Plusieurs Saoudiennes qui tentaient d'échapper à des familles violentes ont été capturées à l'étranger et renvoyées chez elles au cours des dernières années. Les défenseurs des droits de la personne prétendent que plusieurs affaires du genre sont passées inaperçues.

Ce dernier développement pourrait envenimer davantage les relations entre le Canada et l'Arabie saoudite. En août dernier, le royaume a expulsé l'ambassadeur canadien à Riyad et rappelé son propre ambassadeur à Ottawa, lorsque la ministre des Affaires étrangères a apporté son soutien, sur Twitter, aux militantes des droits des femmes arrêtées en Arabie saoudite. Les Saoudiens ont également largué des investissements canadiens et ordonné à leurs citoyens qui étudient au Canada de partir.

Mme Alqunun avait précédemment indiqué sur Twitter qu'elle souhaitait se réfugier en Australie. La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a rencontré jeudi à Bangkok de hauts responsables thaïlandais, et elle a ensuite déclaré aux journalistes que Canberra évaluait la demande d'asile de la jeune Saoudienne.

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