POLITIQUE
10/01/2019 05:30 EST | Actualisé 10/01/2019 07:00 EST

NPD-Québec: Raymond Côté demande la démission de la présidente Djaouida Sellah

La présidente du parti aurait eu un comportement «indigne» de sa charge, selon le vice-président.

Le NPDQ, un parti de gauche «non souverainiste», a obtenu 0,57% des voix lors des élections provinciales du 1er octobre 2018. 
La Presse canadienne
Le NPDQ, un parti de gauche «non souverainiste», a obtenu 0,57% des voix lors des élections provinciales du 1er octobre 2018. 

QUÉBEC - Le jeune parti NPD-Québec (NPDQ) connaît déjà des dissensions au sein de son comité exécutif, selon des échanges internes consultés par le HuffPost Québec.

Le vice-président par intérim, Raymond Côté, demande la démission pure et simple de la présidente par intérim, Djaouida Sellah. Il dit lui avoir transmis cette demande en mains propres. Une copie de sa lettre a été envoyée par courriel à tous les membres, le 5 janvier dernier.

M. Côté cite le «manque de collaboration» de Mme Sellah et sa «partialité» dans le cadre de ses fonctions, qui est «indigne» de sa charge à son avis.

«À plusieurs reprises, vous cherchez à imposer des décisions à l'exécutif en complète contradiction du rôle de président, qui doit exercer la réserve de son opinion personnelle afin d'assumer pleinement son rôle d'animateur impartial des débats de l'instance», déplore M. Côté.

La Presse canadienne
Raymond Côté (gauche) et Djaouida Sellah (droite) ont tous deux siégé à la Chambre des communes pour le NPD entre 2011 et 2015.

Le vice-président ajoute que le chef du NPDQ, Raphaël Fortin, «ne peut compter sur la loyauté d'une parti (sic) de l'exécutif pour exercer pleinement son rôle de porte-parole légitime».

La réplique de la principale intéressée ne s'est pas fait attendre. Dans un courriel envoyé à tous les membres le 7 janvier, Mme Sellah dit que la salve de M. Côté est une «utilisation non autorisée des données confidentielles des membres (qui) peut être passible de sanctions».

Elle ajoute ensuite que tous les membres du comité exécutif, dont elle fait partie, termineront leurs mandats lors de leur congrès du 16 février 2019.

«Nous convenons que des péripéties peuvent survenir dans notre formation, qui ne compte actuellement aucun employé permanent, admet-elle dans sa lettre. Cependant, avec une équipe bien soudée, un chef rassembleur et des bénévoles dévoués, il n'y a aucune limite à ce que nous pouvons accomplir ensemble.»

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Tous deux des anciens députés néo-démocrates fédéraux, M. Côté et Mme Sellah ont été élus lors de la vague orange de 2011 pour un seul mandat.

M. Côté a par la suite tenté de devenir chef de la filière provinciale du NPD au Québec, mais les militants lui ont préféré Raphaël Fortin. Le vote a eu lieu il y a moins d'un an, soit le 21 janvier 2018.

Des comportements inacceptables, selon Côté

En entrevue, mercredi soir, M. Côté laisse entendre que les dernières séances du conseil exécutif du parti ont été houleuses et que la présidente ainsi que certains membres de l'exécutif ont voulu «chercher à imposer des choses avant de quitter» leur poste.

Il n'a pas voulu préciser quelles étaient ces «choses» auxquelles il faisait référence.

«Ça me déplaît énormément d'avoir posé ce geste-là», admet le vice-président du NPDQ. Mais il dit avoir observé des comportements qu'il juge inacceptables et a senti le besoin de les communiquer. «Les membres méritent de savoir ce qui se passe», ajoute-t-il.

M. Côté, qui n'a pas l'intention de se représenter au comité exécutif, espère qu'il aura au moins incité des militants à s'impliquer au sein de la structure du parti. Le vote pour former le nouvel exécutif aura lieu lors du congrès de février.

Mme Sellah n'avait pas répondu à notre demande d'entrevue au moment de publier.

Le secrétaire-trésorier du NPDQ, Malek-Michel Jamali, a démissionné le 1er décembre dernier. Si la présidente devait partir, le nombre de membres de l'exécutif serait inférieur au quorum défini dans les statuts.