POLITIQUE
08/01/2019 16:07 EST | Actualisé 08/01/2019 18:12 EST

Benoit Charette remplace MarieChantal Chassé comme ministre de l'Environnement

Bye bye, parité du conseil des ministres.

La Presse canadienne
François Legault (centre) aux côtés de son nouveau ministre de l'Environnement Benoit Charette (droite).

À peine 100 jours au pouvoir, le premier ministre François Legault a déjà procédé à un premier remaniement ministériel. La ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, MarieChantal Chassé, est remplacée par Benoit Charette.

M. Legault admet que la pente d'apprentissage a été «un peu plus difficile» pour Mme Chassé sur le plan de la communication avec les journalistes . Il l'a rencontrée lundi et ils ont convenu ensemble qu'elle «prenne un pas de recul» et qu'elle «cède à quelqu'un d'autre ses responsabilités», dit-il.

Mme Chassé sera remplacée par M. Charette, le député de Deux-Montagnes, qui est avec la Coalition avenir Québec (CAQ) depuis ses débuts. Avec son expérience, il sera «capable de faire face aux journalistes», précise M. Legault.

La Presse Canadienne
MarieChantal Chassé, maintenant ex-ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Malgré tout, le premier ministre considère qu'il n'a pas commis une erreur en nommant Mme Chassé comme ministre de l'Environnement, il y a un peu plus de 80 jours.

«Je pensais qu'elle était capable de relever ces responsabilités-là, s'est-il défendu. Elle va peut-être être capable de le faire dans un certain nombre de mois, d'années. J'ai vu que la partie communication politique était difficile pour elle.»

Je trouve que ma moyenne au bâton est bonne.François Legault, premier ministre du Québec

M. Legault a noté que la grande majorité de son cabinet n'a aucune expérience ministérielle au préalable.

«Bien honnêtement, à part Marguerite Blais [ex-ministre libérale de 2007 à 2012], j'ai un peu pris une chance sur 25 personnes. Je trouve que ma moyenne au bâton est bonne», fait valoir le premier ministre.

Fin décembre, peu de temps avant Noël, M. Legault a annoncé par voie de communiqué que le député de Lac-Saint-Jean, Éric Girard, deviendrait adjoint parlementaire au ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, et que la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Émilie Foster, deviendrait adjointe parlementaire au ministre des Finances.

Il précise qu'il n'y aura pas d'autres ajustements avant la nouvelle session parlementaire.

Un cabinet qui n'est plus paritaire

Le premier ministre Legault avait pris l'engagement de présenter un conseil des ministres paritaires, avec autant de femmes que d'hommes. Or, force est de constater que cette promesse ne tient plus avec ce remaniement.

Les libéraux n'ont pas manqué de le rappeler au premier ministre:

«On a 75 députés dont 29 femmes. L'objectif de parité, ça reste toujours un objectif important, a soutenu M. Legault. Par contre, il ne faut pas être rigide. Il y aura peut-être une occasion où il y aura 14 femmes, 12 hommes. À un moment donné, il y avait une situation où j'ai choisi le député qui avait, selon moi, les meilleures capacités pour répondre aux besoins.»

Si M. Charette avait toutes les qualités requises pour devenir ministre de l'Environnement, pourquoi ne pas l'avoir choisi dès la première ronde?

«Benoit n'est pas ingénieur. S'il avait été ingénieur, je l'aurais peut-être choisi tout de suite...», a lancé à la blague M. Legault, qui avait vanté le passé d'ingénieure et de femme d'affaires de Mme Chassé à plusieurs reprises.

Le nouveau ministre en faveur du 3e lien

M. Charette, ex-porte-parole de la CAQ en matière de transports, a piloté le plan de décongestion routière pour la grande région de Montréal qui comprenait des investissements massifs dans les transports collectifs, mais aussi l'élargissement et le prolongement d'autoroutes existantes.

Le projet de troisième lien n'est pas du tout, du tout en contradiction avec le transport collectif, bien au contraire.Benoit Charette, ministre de l'Environnement

Il est également un féroce partisan d'un troisième lien routier entre Québec et Lévis. Des groupes environnementaux ont remis en doute ce projet, estimant qu'il viendrait accroître la congestion routière à moyen et à long terme.

«Pour nous, le projet de troisième lien n'est pas du tout, du tout en contradiction avec le transport collectif, bien au contraire», s'est défendu le ministre fraîchement assermenté.

Il a ajouté que l'environnement, «ce n'est pas que la réduction des gaz à effet de serre». «Il y a la qualité de l'eau qui est chère aux Québécois, il y a la gestion des déchets... bref, ce sont tous des enjeux sur lesquels je prendrai beaucoup de plaisir à travailler au cours des prochaines semaines.»