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03/01/2019 14:30 EST | Actualisé 03/01/2019 14:30 EST

Les deux Canadiens détenus en Chine auraient «enfreint la loi», selon Pékin

On sait peu de choses sur la situation des Canadiens Kovrig et Spavor.

THE CANADIAN PRESS/AP

Un porte-parole du gouvernement chinois a estimé jeudi qu'il n'était pas «opportun» pour l'instant de discuter des allégations visant deux Canadiens détenus en Chine, alors que le procureur en chef du pays venait de soutenir que les deux hommes avaient enfreint la loi.

Michael Kovrig et Michael Spavor ont été interpellés le mois dernier en Chine après l'arrestation par la police canadienne à Vancouver de la directrice financière de la société chinoise Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des autorités américaines. Mme Meng fait face à des accusations de fraude aux États-Unis; elle a été libérée sous caution à Vancouver, en attendant son audience d'extradition.

On sait peu de choses sur la situation des Canadiens Kovrig et Spavor: ils n'ont bénéficié chacun que d'une seule visite consulaire de l'ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, le mois dernier.

Le procureur en chef chinois, Zhang Jun, a déclaré jeudi à Pékin que MM. Kovrig et Spavor avaient violé les lois du pays et faisaient l'objet d'une enquête. Lors du point de presse régulier du ministère des Affaires étrangères, le porte-parole Lu Kang a ensuite refusé de préciser la nature de ces allégations.

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«Nous avons déjà dit ici même que ces deux citoyens canadiens faisaient l'objet d'une enquête conformément à la loi pour avoir participé à des activités qui portent atteinte à la sécurité nationale de la Chine», a déclaré M. Lu. «Il n'est pas opportun de divulguer plus d'informations pour l'instant.»

Michael Kovrig est un diplomate canadien en congé d'Affaires mondiales Canada et qui travaille à Pékin pour l'International Crisis Group, un organisme qui a déjà critiqué la Chine dans le passé. Michael Spavor est un entrepreneur qui a organisé des visites en Corée du Nord.

Le porte-parole de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a réitéré l'appel du gouvernement à la libération immédiate des deux hommes. «Nous sommes profondément préoccupés par la détention arbitraire de deux Canadiens le mois dernier par les autorités chinoises et réclamons leur libération immédiate», a rappelé Adam Austen.

Le gouvernement canadien a sollicité l'appui d'importants alliés pour faire pression sur Pékin. Le département d'État américain a demandé la libération des deux Canadiens, tandis que l'Allemagne, la France, l'Union européenne et l'Australie ont également publié des déclarations en ce sens.