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03/01/2019 08:55 EST | Actualisé 03/01/2019 08:55 EST

Khashoggi: peine de mort réclamée pour cinq suspects

Mais leur identité est absente du communiqué qui l'annonçait.

L'Arabie saoudite a annoncé jeudi qu'elle réclamerait la peine de mort à l'encontre de cinq suspects relativement au meurtre du journaliste du "Washington Post", Jamal Khashoggi, ayant impliqué des membres de l'entourage du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Les procureurs ont annoncé que 11 suspects dans l'assassinat avaient assisté à leur première audience avec des avocats, mais leur identité est absente du communiqué. Le communiqué n'explique pas non plus pourquoi sept autres suspects arrêtés après le meurtre du 2 octobre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul n'avaient pas immédiatement fait l'objet d'accusations formelles. Le royaume a précédemment annoncé que 18 personnes avaient été arrêtées.

Les autorités saoudiennes n'ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

L'assassinat de M. Khashoggi, auteur de chroniques critiques à l'égard du prince saoudien, a mis à rude épreuve les liens qui unissent le royaume aux États-Unis depuis des décennies. Cela a également contribué à la reprise de la pression internationale visant à mettre fin à la guerre menée par l'Arabie saoudite au Yémen.

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L'agence de presse saoudienne et la télévision d'État ont donné peu de détails sur l'audience.

"Le procureur général a exigé que les accusés soient punis de manière appropriée et demande la peine capitale pour cinq des accusés pour leur implication directe dans le meurtre", a déclaré un communiqué des procureurs, sans donner plus de détails.

Les suspects ont demandé des copies des actes d'accusation, ainsi que plus de temps pour se préparer, ont indiqué des procureurs.

Bien que vague sur les détails de l'affaire, les procureurs ont tenu à exprimer leurs préoccupations à propos de la Turquie. Ils ont allégué que les responsables turcs n'avaient pas répondu à deux demandes officielles de preuves présentées dans cette affaire.

À ce jour, le procureur général saoudien n'a reçu aucune réponse et le parquet attend toujours sa réponse.

Les responsables à Ankara n'ont pas pu être immédiatement contactés pour commenter ce dossier. Des responsables turcs ont précédemment déclaré avoir partagé des preuves avec l'Arabie saoudite et d'autres pays concernant le meurtre de M. Khashoggi.

La Turquie a également demandé à l'Arabie saoudite d'extrader ces 18 suspects pour qu'ils soient jugés pour le meurtre du journaliste. Les forces de sécurité turques ont laissé sortir au compte-gouttes vidéos, photographies et détails morbides sur le massacre de M. Khashoggi pour faire pression sur le royaume, alors que les deux pays alliés des États-Unis se disputent une influence sur le Moyen-Orient au sens large.

Les médias turcs ont publié des photographies de membres de l'entourage du prince héritier au consulat d'Istanbul peu avant le meurtre. Le corps de M. Khashoggi, qui aurait été démembré après le meurtre, n'a toujours pas été retrouvé.

M. Khashoggi, 59 ans, est entré au consulat le 2 octobre alors que sa fiancée patientait à l'extérieur. Sans qu'il le sache, une équipe de responsables saoudiens était déjà sur place et attendait son arrivée.