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03/01/2019 15:04 EST | Actualisé 03/01/2019 15:04 EST

Le début d'une nouvelle ère d'opposition au président Donald Trump

Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambres des représentants.

BRENDAN SMIALOWSKI via Getty Images

Les démocrates américains ont pris jeudi le contrôle de la Chambre des représentants, marquant le début d'une nouvelle ère d'opposition au président républicain Donald Trump, qui fait désormais face à un Congrès divisé.

La nouvelle présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a affirmé qu'elle ne se faisait "pas d'illusions" sur les défis à venir dans un Congrès divisé face au président républicain Donald Trump, tout en promettant d'oeuvrer au rassemblement, dans le "respect".

"Nous ne nous faisons pas d'illusions, notre travail ne sera pas facile", a déclaré l'élue démocrate après avoir repris le marteau de "Speaker", qu'elle avait déjà tenu entre 2007 et 2011, devenant à l'époque la première femme de l'Histoire américaine à accéder à ce poste crucial. "Mais promettons que lorsque nous ne serons pas d'accord, nous nous respecterons et nous respecterons la vérité", a-t-elle ajouté dans un discours devant la nouvelle Chambre qui compte un nombre record de femmes et d'élus issus de minorités. Elle a obtenu 220 votes sur 435.

Le 116e Congrès américain s'est réuni pour la première fois à midi: 435 nouveaux élus à la Chambre des représentants, désormais contrôlée par les démocrates, et 100 sénateurs au Sénat, qui reste sous contrôle républicain.

Sous les applaudissements, le vice-président républicain Mike Pence a présidé aux premières prestations de serment au Sénat.

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A la Chambre, la démocrate Pelosi, 78 ans, est arrivée tout sourire, en famille. Sur la promesse d'oeuvrer pour un Congrès qui "rassemblera", elle devrait retrouver la présidence de la Chambre en début d'après-midi, signant son impressionnant retour au troisième échelon de la politique américaine, derrière Donald Trump et Mike Pence.

Les démocrates devaient présenter dès jeudi des mesures budgétaires temporaires qui permettraient de débloquer les administrations américaines, partiellement paralysées depuis le 22 décembre. Leur but: s'afficher comme le parti "raisonnable" face à ce qu'ils considèrent comme les "caprices" de Donald Trump.

Mais la Maison-Blanche a par avance rejeté ces projets de loi, car ils n'incluent pas cinq milliards de dollars pour financer le mur voulu par le président à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l'immigration clandestine.

Ces mesures devraient donc rester lettre morte au Sénat, et les blocages d'un Congrès divisé s'afficheront dès le premier jour.

S'ils ont renforcé leur majorité au Sénat, avec 53 sièges sur 100, les républicains ne peuvent se passer des démocrates, car ils ont besoin de 60 voix pour approuver toute loi budgétaire.

Au 13e jour du "shutdown", il reste ainsi difficile d'entrevoir une sortie de crise.

"Cela pourrait durer longtemps", a mis en garde Donald Trump mercredi, après une réunion avec les chefs du Congrès qui n'a pas débouché sur une solution. Tous devraient se retrouver vendredi à la Maison Blanche.

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Les démocrates, eux, se disent favorables à une sécurité "forte" aux frontières, mais opposés à un mur qu'ils jugent "inefficace".

Enquêtes et déclarations d'impôts

Ce bras de fer pourrait n'être que les prémices de féroces batailles à venir avec, en premier lieu, la promesse de multiples enquêtes parlementaires visant Donald Trump et son entourage.

En première ligne: les soupçons de collusion entre Moscou et son équipe de campagne électorale en 2016, alors que le mandat du républicain est, pratiquement depuis ses débuts, déjà empoisonné par l'enquête du procureur spécial Robert Mueller.

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d'investigation, notamment ceux d'assigner les témoins à comparaître et d'ordonner la présentation de documents.

Ils ont d'ailleurs promis d'exiger du milliardaire qu'il présente enfin ses déclarations d'impôts. Donald Trump est le seul candidat présidentiel de l'histoire récente américaine à s'y être refusé.

Derrière ces turbulences, la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", pourrait se dessiner plus nettement.

Nancy Pelosi a pour l'instant écarté cette idée, affirmant vouloir d'abord attendre les conclusions des enquêtes.

"Si nous devons le faire, nous ne nous détournerons pas de nos responsabilités. Mais je ne pousse pas en ce sens", a-t-elle encore récemment déclaré à l'édition américaine du magazine Elle.

Célèbre pour son sens tactique, elle devra le mettre à l'épreuve des tiraillements à ce sujet entre les jeunes pousses fraîchement élues qui se réclament de la "résistance" contre le président et les élus démocrates plus modérés qui ont gagné dans des circonscriptions pro-Trump.

Pour l'instant, toute tentative de destituer le 45e président des Etats-Unis n'irait pas loin: si les démocrates sont en position de voter sa mise en accusation à la Chambre, c'est au Sénat qu'il reviendrait ensuite de faire son procès.