DIVERTISSEMENT
01/01/2019 02:14 EST | Actualisé 02/01/2019 16:26 EST

«Bye Bye 2018»: incisif à souhait et (presque) parfait

Un «Bye Bye» à la hauteur des cinquante années d'histoire qui l'ont précédé...

Radio-Canada

Incisif est certainement le terme le plus approprié pour décrire le Bye Bye 2018.

Si cette édition ne nous a pas nécessairement fait rire aux éclats, elle a le mérite d'avoir toujours su trouver la bonne idée et/ou la bonne façon pour «mettre le doigt sur le bobo», en ne se gênant jamais pour y aller de critiques assez virulentes.

Le Bye Bye 2018 avait évidemment la lourde tâche d'être à la hauteur des 50 ans d'histoire de l'incontournable revue de fin d'année.

Tel qu'annoncé précédemment, l'équipe de cette année (à laquelle se joignait Claude Legault en remplacement de Marc Labrèche) était appuyée par certaines des figures marquantes des éditions précédentes, dont Michel Côté, Marc Messier, Yves Jacques, René Simard, les membres de RBO, Pauline Martin, Hélène Bourgeois-Leclerc, Louis Morissette, Véronique Cloutier et, bien évidemment, Dominique Michel.

C'est sur un inévitable sketch sur Donald Trump (Claude Legault, confondant) et la série Fugueuse (!) que s'est ouvert le Bye Bye 2018, parodie dans laquelle l'infâme Damien (Jean-François Ruel) était pris de court par les goûts de luxe de «sa queen» Melania Trump.

Dès le numéro suivant sur les salaires des médecins spécialistes, il était clair que l'équipe du Bye Bye n'allait pas faire dans la dentelle cette année et qu'une attention particulière allait être accordée au ton plus qu'à la forme.

Les sketchs sur l'Académie des réseaux sociaux, se moquant sans retenue du phénomène des influenceurs et de notre usage parfois plus que douteux des réseaux sociaux, sur le Boxing Day à la SQDC, sur l'élection «surprise» de la CAQ, sur le vide abyssal de XOXO (justement rebaptisée SOSO), sur les funérailles du Parti québécois (enterré à côté du Bloc), et sur l'hypocrisie de certains signataires du Pacte pour la transition frappaient tous dans le mille.

Les auteurs se sont également permis de critiquer une époque à laquelle on ne semble plus pouvoir rire de quoi que ce soit en transformant La servante écarlate de Margaret Atwood en L'humoriste écarlate. Dans cet excellent numéro, les humoristes ne pouvaient faire que des blagues politiquement correctes, vivant avec le menace d'être recyclés en «humeuristes» à l'émission Gravel le matin.

Les controverses entourant les pièces SLAV et Kanata de Robert Lepage n'ont évidemment pas été ignorées alors que l'équipe du Bye Bye s'est amusée à imaginer le metteur en scène refaisant le Black Panther de Marvel pour le TNM, avec Luc Picard dans le rôle titre et une musique africaine composée par Michel Rivard.

En musique et en chansons

Justin Trudeau a eu droit à un autre numéro musical pour résumer l'année plutôt difficile qu'il vient de traverser. Après avoir fumé un bon joint dans son bureau, ce dernier s'est retrouvé en plein Bollywood (habile clin d'oeil à son voyage très controversé en Inde). «Maintenant que le pot est légal, c'est plus facile de voter libéral!»

Les membres de RBO ont offert un autre sketch musical dans lequel ils ont survolé sur des airs connus l'actualité internationale de la dernière année... en plus de se moquer de la commotion créée par l'ouverture du IKEA de Québec.

Véronique Cloutier a signé l'un des numéros les plus désopilants de la soirée sous les traits de Safia Nolin, revisitant des chansons de party de la manière la plus mélancolique et amorphe qui soit.

Hubert Lenoir (excellente Anne Dorval) a eu droit à un sketch correct faisant le bilan de ses frasques des derniers mois et des passions qu'elles ont soulevées sur les réseaux sociaux.

Puis, Marc Labrèche nous a fait plaisir en reprenant les traits de Céline Dion pour se moquer de la campagne publicitaire entourant le lancement de la collection de vêtements pour enfants non genrés de la star.

À 23h59, Dominique Michel a eu le privilège (plus que mérité) de précéder le décompte menant à la nouvelle année. «Ce soir, je dois vous dire que c'est vraiment, vraiment, mon dernier Bye Bye», a-t-elle lancé sur un ton solennel.

Au final, le Bye Bye 2018 nous a offert en un peu plus de vingt sketchs un survol assez complet et particulièrement inspiré des douze derniers mois, proposant un parfait dosage dans sa couverture des faits marquants de l'actualité, de la scène politique et du monde culturel. Rien ne semblait superflu. Il y a, certes, des sketchs qui se sont démarqués plus que d'autres, mais aucun ne peut être qualifié de mauvais.

Du côté des interprètes, l'étoile du match revient assurément à Anne Dorval, tandis que Claude Legault s'est admirablement tiré d'affaire en étant utilisé à pratiquement toutes les sauces, et que Pierre Brassard, Véronique Claveau et Patrice L'Écuyer ont tous semblé élever leur jeu d'un cran cette année.

Il faut dire que la dernière année a fourni plus de matière qu'il n'en fallait à l'équipe du Bye Bye pour concocter une édition mémorable. Celle-ci peut se féliciter d'avoir relevé le défi en offrant un Bye Bye drôle, intelligent, moderne, grinçant et sans temps mort.

Nos sketchs favoris...

- Les médecins spécialistes

- L'année de misère de Justin Trudeau en fumée et en chanson

- L'académie des réseaux sociaux

- Black Panther par Robert Lepage

- Le Vox Pop de Guy Nantel

- Le tour du monde de RBO

- Les meilleures chansons de party de Safia Nolin

- L'humoriste écarlate

- Catherine Dorion

- Le Pacte pour la transition («Compost!»)

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