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26/12/2018 11:08 EST | Actualisé 26/12/2018 11:08 EST

Tornades, meurtres et la tragédie de Humboldt auront marqué l'année 2018

C'est la tragédie de Humboldt qui aura dominé la scène policière.

THE CANADIAN PRESS/Jonathan Hayward

S'il y a une municipalité au Québec dont les mesures d'urgence sont parmi les mieux rodées, c'est bien celle de Gatineau.

Déjà durement éprouvée par les inondations de 2017, non seulement la municipalité outaouaise a-t-elle dû composer avec d'autres inondations — certes moins importantes — en juillet 2018, mais elle a été la cible d'un autre événement de météo extrême en septembre, en l'occurrence une série de six tornades dans la grande région d'Ottawa dont deux l'ont directement frappée, l'une de catégorie F-3 avec des vents atteignant les 265 kilomètres à l'heure.

Le bilan dans l'ensemble de la grande région d'Ottawa-Gatineau faisait état de plus d'un millier de personnes sinistrées, plus 300 édifices endommagés dont 215 à Gatineau qui totalisaient 1686 logements. Comble de malchance, dans les minutes suivantes, un éclair frappait l'école secondaire Mont-Bleu, provoquant un grave incendie.

En bout de piste, 30 maisons ont été démolies à Dunrobin, 55 autres à Nepean et Ottawa-Sud alors qu'au moins 50 maisons et un édifice à logements ont subi le même sort à Gatineau. Par miracle, bien qu'une trentaine de personnes aient été blessées, la catastrophe n'a fait aucun mort.

Plus tard, à la fin novembre, la météo faisait encore des siennes avec, cette fois, une tempête de vents violents qui devait couper la totalité des liens de communication entre les Îles-de-la-Madeleine et le reste du monde.

Moins spectaculaire, mais encore plus dangereuse, la chaleur accablante qui aura marqué l'été 2018 aura laissé une cinquantaine de morts dans son sillage durant la vague de chaleur qui a frappé Montréal entre le 30 juin et le 7 juillet.

Trois-Rivières; meurtres groupés

La région de Trois-Rivières a pour sa part été secouée par deux affaires de meurtres multiples.

En mai, l'assassinat à Sherbrooke du chauffeur de camion François Lefebvre, originaire de Trois-Rivières, menait à l'arrestation de son collègue de travail, François Asselin, lui aussi Trifluvien.

Or, le père d'Asselin, Gilles Giasson, était porté disparu depuis la date correspondante à ce meurtre. Le corps du sexagénaire devait être retrouvé dans un dépotoir quelques jours plus tard et son fils accusé d'un deuxième meurtre.

Les Trifluviens n'étaient pas au bout de l'horreur, bien au contraire: le 10 octobre, un passant découvrait le corps d'Ophélie Martin-Cyr, dans un champ de Yamachiche. La jeune femme de 19 ans avait été abattue par balles. L'enquête devait démontrer qu'une de ses amies âgée de 21 ans avait réussi à échapper au même sort en sautant par la fenêtre de la voiture en marche des suspects, qui auraient fait feu en sa direction.

René Kègle et Francis Martel, épinglés séparément après une chasse à l'homme, sont accusés de meurtre prémédité d'Ophélie et de tentative de meurtre contre son amie, entre autres, mais risquent de faire face à d'autres accusations; dans les heures précédant la découverte du cadavre de la jeune Ophélie, les policiers avaient été mandés à Sainte-Marthe-du-Cap où se trouvait une voiture incendiée avec deux corps calcinés à l'intérieur. La Sûreté du Québec croit qu'au moins un des suspects, René Kègle, serait aussi impliqué dans la mort de Steve Lamy et Jean-Christophe Gilbert, mais aucune accusation n'a encore été déposée dans ce cas.

Plusieurs autres histoires sordides ont eu lieu au Québec en 2018, mais celle du meurtre de la petite Rosalie Gagnon, deux ans, dont le cadavre avait été découvert dans une poubelle en avril dans l'arrondissement de Charlesbourg, à Québec, en plus de choquer le Québec tout entier, a mené à des interrogations sur l'accessibilité aux soins de santé mentale. Sa mère, Audrey Gagnon, une jeune femme de 22 ans aux prises avec des problèmes de toxicomanie, a été accusée du meurtre de l'enfant, qui avait été poignardée.

Disparitions

La région de Montréal fut de son côté mobilisé durant plusieurs semaines, voire des mois, à la suite de la disparition du petit Ariel Jeffrey Kouakou, 10 ans, parti rejoindre un ami lors d'une journée pédagogique en mars. L'enfant a été vu pour la dernière fois entrant dans un parc longeant la rivière des Prairies, dans le nord de la métropole.

Bien que les policiers privilégient toujours l'hypothèse de l'accident et de la noyade, ses parents refusent de baisser les bras et privilégient la thèse de l'enlèvement.

À contrario, une disparition qui s'est bien terminée fut celle d'une adolescente de 12 ans à Sutton, en Estrie, en septembre. Enlevée par deux suspects que l'on croit avoir voulu obtenir une rançon, l'adolescente avait réussi à s'enfuir lorsque ses ravisseurs l'avaient laissé seule dans une maison à vendre où ils l'avaient séquestrée. Aucune arrestation n'a été effectuée dans ce dossier à ce jour.

Une autre adolescente n'aura pas eu cette chance. La Lavalloise Athena Gervais, 14 ans, était retrouvée morte dans un ruisseau au mois de mars, trois jours après sa disparition. L'enquête a démontré qu'elle avait consommé au moins une canette de boisson sucrée à forte teneur en alcool (11,9 pour cent) qu'elle avait volée au dépanneur. Cette affaire eut un tel retentissement que toutes ces boissons furent ensuite retirées des dépanneurs et épiceries et la limite maximale de teneur en alcool des mélanges sucrés à la bière fixée à 7 pour cent.

Bien que la province ait été attristée par plus d'un meurtre conjugal, celui qui aura le plus retenu l'attention, en toute fin d'année, aura été celui de Christine St-Onge, 41 ans, assassinée au Mexique, dont le corps a été retrouvé portant de multiples marques de violence. L'homme qu'elle fréquentait depuis peu, Pierre Bergeron, serait selon toute vraisemblance l'assassin, mais il ne sera pas traduit devant les tribunaux; rentré du Mexique un jour plus tôt que prévu, il s'est enlevé la vie dans son condo de Mont-Tremblant.

Catastrophe en Saskatchewan

Ailleurs au Canada, c'est la tragédie de Humboldt qui aura dominé la scène policière; le 6 avril, l'autocar transportant les Broncos, l'équipe de hockey junior de Humboldt en Saskatchewan est entré en collision avec un semi-remorque, faisant 16 morts et 13 blessés. Parmi les victimes, on comptait 10 joueurs, l'entraîneur de l'équipe, son adjoint, une soigneuse, un annonceur radio, un statisticien et le chauffeur de l'autocar. Arrêté au mois de juin, le chauffeur du camion, Jaskirat Singh Sidhu, fait face à 16 accusations de conduite dangereuse ayant causé la mort et 13 autres de conduite dangereuse causant des lésions corporelles.

La grande région de Toronto a de son côté connu une série noire qui s'est amorcée en avril avec l'attentat au camion-bélier de la rue Yonge où un homme de 25, Alek Minassian, se réclamant d'une mouvance masculiniste misogyne, a dirigé sa fourgonnette sur le trottoir, tuant 10 personnes et en blessant 16 autres. Accusé de dix meurtres prémédités et de 16 tentatives de meurtre, il est en attente de procès.

Puis, dès le mois suivant, un restaurant indien de Mississauga, en banlieue de Toronto, était la cible d'une attaque à la bombe qui a laissé 15 blessés dans son sillage. Bien que la police ait maintenu depuis le début qu'il ne s'agissait pas d'un acte terroriste, deux suspects masqués et captés sur des caméras de surveillance sont toujours recherchés et leurs motivations demeurent inconnues.

Moins de deux mois plus tard, en juillet, Faisal Hussein, un individu de 29 ans ayant un lourd passé de problèmes de santé mentale selon ses proches, ouvrait le feu dans le quartier animé de Greektown, à Toronto, tuant une jeune femme de 18 ans, une fillette de 10 ans et blessant 13 autres personnes, des victimes aléatoires qui se trouvait sur son chemin alors qu'il marchait en déchargeant son arme à feu, avant qu'il ne trouve lui-même la mort dans un échange de coups de feu avec les policiers.

Puis, le 10 août, c'est la ville de Fredericton qui devenait le point de mire du pays entier lorsqu'un homme, depuis la fenêtre de son logement situé au troisième étage d'un édifice résidentiel, a abattu deux citoyens et les deux premiers policiers municipaux de la capitale néo-brunswickoise appelés en urgence sur les lieux. Matthew Vincent Raymond, 48 ans, lui-même blessé par balles par les policiers, subit un examen psychiatrique de 60 jours, ordonné le 11 décembre, afin de déterminer s'il est apte à subir son procès sous quatre accusations de meurtre prémédité.

Parmi les autres événements survenus hors Québec, l'année 2018 aura aussi été marquée par le décès de Yann Arnaud, un artiste du Cirque du Soleil, à la suite d'une chute lors d'un numéro acrobatique à Tampa en mars, ainsi que celui de l'alpiniste québécois Serge Dessureault, mort le 7 juillet en faisant une chute lors de l'ascension du deuxième plus haut sommet du monde, le K-2, au Pakistan.

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Drogue, tabac et fraude

La légalisation de la marijuana n'a pas mis un frein aux activités criminelles en matière de stupéfiants et les policiers ont été fort occupés en 2018 avec ces dossiers.

En février, le SPVM et plusieurs autres corps policiers menaient une importante opération contre un réseau relié aux motards et à la mafia italienne, procédant à six perquisitions dans la métropole et les Basses-Laurentides où quatre individus étaient arrêtés sous une pléiade d'accusations à la suite de la saisie d'une importante quantité de drogue, principalement de la métamphétamine et d'équipement de laboratoire servant à sa fabrication.

Deux semaines plus tard, toujours en février, plusieurs réseaux de trafiquants reliés aux Hells Angels étaient simultanément démantelés dans les régions de Montréal, de Lanaudière, des Laurentides et de l'Outaouais. La cinquantaine de perquisitions réalisées a permis la saisie d'importantes quantités de cocaïne, de drogue de synthèse, d'argent liquide, d'armes et de presses hydrauliques.

En mai, une enquête pour tentative de meurtre avait permis aux policiers montréalais de mettre la main au collet de quatre suspects approvisionnant plusieurs points de vente de drogues à Montréal et de saisir là aussi des quantités importantes de stupéfiants, notamment de la cocaïne, de l'héroïne, de la marijuana et des médicaments sous prescription, ainsi que de l'argent.

À la fin octobre, soit après la légalisation, le SPVM perquisitionnait une maison où elle devait saisir des centaines de plants et de boutures de marijuana et plusieurs dizaines de livres de la drogue prête à être vendue. Un individu fait face à diverses accusations en lien avec ce dossier et la maison a été saisie.

Puis, à la mi-décembre, le Service de police de Longueuil dirigeait une vaste opération mobilisant plus de 120 policiers à Longueil et dans d'autres municipalités de la Montérégie qui devait se conclure par l'arrestation de dix hommes et deux femmes, la plupart connus des policiers, et la saisie de stupéfiants, principalement du haschich, mais aussi des centaines de comprimés de drogues de synthèse et de la cocaïne.

Le tabac de contrebande a aussi continué de préoccuper les forces de l'ordre qui, en mars, lançaient une vaste opération dans les régions de Montréal et Toronto qui ont mené à l'interpellation de plus d'une douzaine d'individus membres d'une organisation criminelle reliée au crime organisé italien et au crime organisé autochtone. Une dizaine de véhicules ont alors été saisis en marge de l'enquête qui a démontré que le groupe aurait importé, au cours des deux années précédentes au moins 48 cargaisons, pour un total estimé de 744 000 kilogrammes de tabac, soit une fraude de plus de 200 millions $ pour les deux paliers de gouvernement.

La division des enquêtes sur la fraude de la Sûreté du Québec, de son côté, menait une frappe en juillet dans la grande région de Montréal au cours de laquelle 12 individus étaient appréhendés dans une affaire de contrefaçon de documents gouvernementaux et de fraude auprès d'institutions publiques et bancaires. Le réseau est soupçonné d'avoir produit de fausses pièces d'identité gouvernementales de très haute qualité pour effectuer des transactions frauduleuses qui, entre août 2016 et février 2017, se seraient élevées à plusieurs millions de dollars.

La SQ a également eu la main heureuse en septembre, retrouvant dans un condominium de Lachine 19 des 60 toiles volées à la famille Tatassian en 2006 à Vaudreuil-Dorion. Un homme de 51 ans devra faire face à la justice dans cette affaire.

Exploitation sexuelle

Toujours en septembre, la Sûreté du Québec a réussi, en collaboration avec la police française, à mettre un terme aux activités d'un spécialiste du leurre informatique et de l'extorsion qui avait fait 77 jeunes victimes au Québec. L'homme de 27 ans, de la région de Paris, sévissait sur les réseaux sociaux en utilisant toujours le même stratagème qui consistait à se créer un faux compte et à se faire passer pour une jeune femme. Il prétendait ensuite représenter une école de mode ou de mannequinat et soutirait des photos inappropriées de ses victimes, des adolescentes, qu'il faisait chanter en menaçant de publier les photos ou d'atteindre à la réputation de la victime.

Plus tôt dans l'année, en février, le SPVM lançait un appel dans l'espoir de retrouver d'autres victimes d'un quatuor appréhendé à la fin de 2017, quatre hommes se livrant à des activités de proxénétisme. L'affaire avait débuté à l'été 2017 lorsque les policiers ont découvert qu'une adolescente en fugue avait été recrutée dans une station de métro et amenée dans différents lieux des villes de Châteauguay et de Laval afin d'offrir des services sexuels.

En Abitibi, au mois d'août, un couple de Rouyn-Noranda était appréhendé après une enquête démontrant que les suspects auraient, au cours des dernières années, ciblé des femmes, dont certaines dans des situations de vulnérabilité, afin d'obtenir des faveurs sexuelles, utilisant la menace et l'extorsion pour arriver à leurs fins.