POLITIQUE
22/12/2018 13:49 EST | Actualisé 22/12/2018 13:49 EST

Le Canada en campagne pour la libération de ses citoyens détenus en Chine

Mme Freeland a mentionné que les arrestations en Chine constituaient un inquiétant précédent qui a ébranlé les partenaires internationaux du Canada.

Adrian Wyld/The Canadian Press via AP,

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a annoncé samedi que le Canada allait se lancer dans une campagne visant à obtenir la libération de deux citoyens détenus par la Chine dans ce qui ressemble à des représailles à la suite de l'arrestation d'une dirigeante d'une entreprise de télécommunications chinoise.

Lors d'une conférence téléphonique avec les journalistes, Mme Freeland a mentionné que les arrestations en Chine constituaient un inquiétant précédent qui a ébranlé les partenaires internationaux du Canada.

«Nous allons continuer de travailler avec un large groupe d'alliés pour soulever cet enjeu», a-t-elle déclaré, précisant que le réseau d'ambassadeurs canadiens allait tendre la main aux gouvernements du monde entier.

La ministre Freeland a affirmé avoir discuté, vendredi, avec l'ambassadeur de Chine à Ottawa et avoir formulé la première demande officielle du Canada pour la libération immédiate de l'ancien diplomate Michael Kovrig et de l'entrepreneur Michael Spavor. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont également publié des déclarations en soutien à la requête du Canada.

Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, a été arrêtée à la demande des États-Unis alors qu'elle effectuait une escale à l'aéroport de Vancouver le 1er décembre. La justice américaine demande son extradition pour l'accuser, ainsi que son entreprise, d'avoir menti sur les liens d'affaires de Huawei avec l'Iran.

Neuf jours plus tard, les Chinois ont arrêté MM. Kovrig et Spavor pour des allégations floues d'«activités mettant en danger la sécurité nationale» de la Chine.

La sortie publique de Chrystia Freeland marque un changement de ton, beaucoup plus ferme, de la part des autorités canadiennes. L'opposition a reproché au premier ministre Justin Trudeau d'être demeuré muet et de ne pas avoir appelé directement son homologue chinois.

Mme Freeland a rappelé que le Canada ne fait que respecter son traité d'extradition avec les États-Unis et que le pays respecte la règle de droit qui a d'ailleurs mené à la libération sous caution de Mme Meng. «Elle a obtenu un accès absolu aux procédures régulières et au système judiciaire indépendant, a décrit la ministre. C'est comme ça que le Canada fonctionne.»

Vendredi, le Département d'État américain a réitéré son appel à la libération des Canadiens détenus en Chine. Un message lancé par le secrétaire d'État Mike Pompeo.

Le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Jeremy Hunt, a déclaré par communiqué que le Royaume-Uni était convaincu que le Canada respectait son traité d'extradition avec les États-Unis. Il s'est dit «profondément inquiet» à l'idée que la Chine ait arrêté les deux citoyens canadiens pour des motifs politiques.

Au même moment, l'Union européenne a publié un communiqué où elle affirme que le «motif déclaré» pour la détention des Canadiens en Chine «suscite des inquiétudes» concernant la légitimité des pratiques commerciales en Chine».

Chrystia Freeland a remercié les alliés du Canada d'avoir pris la parole.