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21/12/2018 08:47 EST | Actualisé 21/12/2018 08:54 EST

Un GoFundMe pour le mur de Trump, un autre pour financer «des échelles»

Sur l'immigration, partisans et opposants du président américain s'affrontent à coups de campagnes de sociofinancement.

GUILLERMO ARIAS/AFP/Getty Images
Opposés au mur de Trump, ils lancent une campagne pour financer «des échelles».

Des opposants à Donald Trump ont lancé ce 19 décembre une campagne GoFundMe pour dénoncer sa politique migratoire. Intitulée "Ladders to Get Over Trump's Wall" ("Des échelles pour passer au-dessus du mur de Trump"), la collecte - destinée in fine à une association d'aide aux migrants - se veut une réponse à une autre campagne de sociofinancement créée par des partisans de la fameuse idée du président.

Charlotte Clymer, la créatrice de la page, a expliqué au Daily Dot avoir eu l'idée sur Twitter, en lisant la proposition - à l'origine une plaisanterie - d'un internaute de financer des échelles assez hautes pour passer au-dessus du futur mur. Une idée que la jeune femme a refusé de laisser à l'état de blague éphémère et a immédiatement transformé en action durable... tout en laissant l'objet imagé: "ce n'est pas du tout une question d'échelles, mais d'élever les gens" peut-on lire dans la description.

Deux jours après sa création, la campagne GoFundMe a récolté plus de 62 000 dollars. L'ensemble des fonds récoltés sera reversé à RAICES (Refugee and Immigrant Center for Education and Legal Services), une association basée au Texas qui prodigue une expertise juridique gratuite, ou à moindre prix, aux migrants et réfugiés. Une manière de "se concentrer sur les droits de l'Homme et bâtir une communauté qui reflète les prétendues valeurs américaines".

Cette initiative est une réponse à la campagne GoFundMe opposée, 'We The People Will Fund The Wall" ("Nous, le peuple, allons financer le mur"), qui a déjà rassemblé 11 millions de dollars en moins d'une semaine afin d'accélérer le projet de construction voulu par Donald Trump.

ASSOCIATED PRESS

Ce jeudi 20 décembre, la Chambre des représentants a adopté la loi de finances temporaire (destinée à prolonger le financement de l'administration fédérale jusqu'au 8 février), qui inclut - après modification réclamée par Trump - les fonds nécessaires à la construction du mur (soit 5 milliards de dollars).

Menace de "shutdown"

Si elle a pu être adoptée sans voix démocrates à la chambre basse, cette rallonge n'a aucune chance de passer au Sénat, où 60 votes sont nécessaires. Or, les républicains ne contrôlent que 51 des 100 sièges de la haute chambre.

À partir du 3 janvier, la Chambre passera sous le contrôle des démocrates, ce qui rendra encore plus difficile un compromis à long terme sur le budget entre le Congrès et la Maison Blanche.

Washington est habitué à ces discussions tendues et ces psychodrames ont déjà débouché à deux reprises cette année sur de brèves périodes de "shutdown". Souvent, la solution trouvée est de financer le gouvernement temporairement, pour une courte période.

Une absence d'accord entre le Parlement et la Maison Blanche signifierait un "shutdown", c'est à dire la fermeture de nombreux services fédéraux pendant les fêtes de fin d'année, avec des dizaines de milliers de fonctionnaires placés en congé sans solde et des ministères comme la Sécurité intérieure, la Justice, l'Intérieur ou encore le département d'Etat perturbés.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.