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21/12/2018 17:02 EST | Actualisé 21/12/2018 17:02 EST

Chine: Ottawa demande la «libération immédiate» de deux Canadiens

«Nous sommes profondément préoccupés par l’arrestation survenue plus tôt ce mois-ci et la détention arbitraire de deux Canadiens par les autorités chinoises, et demandons leur libération immédiate.»

EPA/SHAWN THEW

Le gouvernement canadien a exigé vendredi de la Chine "la libération immédiate" de deux Canadiens arrêtés le 10 décembre sur des soupçons de menace à la sécurité nationale, qualifiant leur détention d'"arbitraire".

"Nous sommes profondément préoccupés par l'arrestation survenue plus tôt ce mois-ci et la détention arbitraire de deux Canadiens par les autorités chinoises, et demandons leur libération immédiate", a dit Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères, à propos de l'ex-diplomate Michael Kovrig et du consultant Michael Spavor.

Pour plusieurs observateurs, ces deux arrestations pourraient être un moyen pour la Chine de faire pression sur Ottawa après l'interpellation début décembre à Vancouver de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, à la demande de la justice américaine.

"Le Canada est un pays régi par l'Etat de droit", a souligné Mme Freeland. "Le Canada a entrepris une procédure judiciaire équitable, impartiale et transparente à l'égard de Mme Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei".

"Le Canada respecte ses engagements juridiques internationaux, notamment son traité d'extradition avec les Etats-Unis. L'Etat de droit est fondamental dans toutes les sociétés libres; il s'agit d'un principe que nous défendrons et maintiendrons", a-t-elle insisté.

Ottawa a également obtenu une nouvelle fois vendredi le soutien des Etats-Unis, qui ont appelé à la "libération immédiate" des deux Canadiens en exprimant leur "profonde inquiétude" concernant leur détention.

Mme Meng a été libérée sous caution à Vancouver au lendemain de l'arrestation des deux Canadiens, dans l'attente d'une procédure d'extradition vers les Etats-Unis qui pourrait prendre plusieurs mois.

Washington la soupçonne de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran et elle encourt plus de trente ans de prison si elle est jugée devant un tribunal américain.

"L'Etat de droit n'est pas un choix; c'est le fondement même de la démocratie. Le Canada ne compromettra ni ne politisera l'Etat de droit et l'application de la loi selon les procédures prévues", a prévenu la cheffe de la diplomatie canadienne.