POLITIQUE
19/12/2018 16:47 EST | Actualisé 19/12/2018 16:47 EST

Justin Trudeau évite de faire la leçon à François Legault sur l'«énergie sale»

M. Trudeau a plutôt indiqué qu'il avait appris, en tant que premier ministre, à éviter les propos qui peuvent diviser les gens d'un bout à l'autre du pays.

THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

Bien qu'il déplore les propos de François Legault sur l'«énergie sale» de l'Alberta, Justin Trudeau s'est gardé de sermonner le premier ministre québécois en conférence de presse mercredi.

M. Trudeau a plutôt indiqué qu'il avait appris, en tant que premier ministre, à éviter les propos qui peuvent diviser les gens d'un bout à l'autre du pays. Il a ajouté qu'il faisait un effort pour «essayer de rassembler les gens», un geste important à poser, selon lui, «pour tout leader politique».

Le Devoir rapportait plus tôt dans la journée que, selon M. Trudeau, le commentaire de François Legault émis à l'issue de la rencontre des premiers ministres le 7 décembre ne contribuait pas à l'unité canadienne.

M. Legault avait affirmé qu'il ne se sentait pas «gêné de refuser de l'énergie sale» alors que le Québec «offre de l'énergie propre à un prix très concurrentiel», lorsque les journalistes lui avaient demandé s'il allait devoir se montrer plus flexible pour vendre ses projets d'exportations d'hydroélectricité.

Quelques premiers ministres, dont Blaine Higgs du Nouveau-Brunswick, avaient tenté des approches auprès de M. Legault pour la relance du projet d'oléoduc Énergie Est, abandonné par la société TransCanada l'an dernier.

Les propos de François Legault ont soulevé la grogne en Alberta. L'ex-député conservateur fédéral Brian Jean, qui a également été chef du Parti Wildrose à la législature albertaine, a incité les Albertains à boycotter des produits québécois. Le maire de Calgary Naheed Nenshi a été hué lundi lorsqu'il a voulu s'adresser aux Québécois en français durant un rassemblement propétrole.

Questionné sur l'impact des propos de M. Legault sur l'unité nationale lors de sa conférence de presse de fin d'année, M. Trudeau a affirmé que peu de Canadiens souhaitent du mal à d'autres Canadiens, qu'ils soient albertains ou québécois. Il a déploré l'usage de la «politique de division» et s'est engagé à rassembler les gens.