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19/12/2018 16:07 EST | Actualisé 19/12/2018 16:14 EST

Facebook: poursuites judiciaires et nouveau scandale

Amazon, Spotify, Microsoft et Netflix ont pu accéder à des données privées voire des messages privés à leur insu.

Nouvelle journée noire pour Facebook mercredi, poursuivi en justice aux États-Unis pour l'affaire Cambridge Analytica et aux prises avec une nouvelle polémique autour, encore une fois, de sa gestion des données personnelles de ses utilisateurs.

Déjà dans la tourmente depuis deux ans et sous le feu permanent des critiques et des enquêtes, Facebook chutait lourdement en Bourse mercredi vers 17H30 GMT, reculant de 5,83%.

Le procureur général de la capitale fédérale Washington a annoncé avoir lancé des poursuites contre le groupe pour avoir mal protégé les données de ses utilisateurs", les rendant vulnérables à des "manipulations politiques" pendant la campagne présidentielle de 2016, ont écrit dans un communiqué les services de Karl Racine.

Selon lui, Facebook a été "laxiste" et a trompé ses utilisateurs concernant le fait que leurs données pouvaient être utilisées par des tiers, enfreignant des lois en vigueur dans le District of Columbia, autrement dit la capitale fédérale.

Dans un communiqué succinct, Facebook a dit "examiner la plainte et être prêt à continuer à dialoguer".

Le réseau social, qui tire sa fortune de l'exploitation des données de ses utilisateurs qui permettent de cibler très précisément la publicité, est accusé d'avoir laissé les données personnelles de dizaines de millions d'usagers arriver --à leur insu-- entre les mains de cette firme britannique d'analyse de données qui a travaillé pour Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2016.

Pression

La journée avait déjà mal commencé pour l'entreprise de Mark Zuckerberg en raison de nouvelles accusations de gestion opaque et peu scrupuleuse des données personnelles de ses usagers.

Selon une enquête du New York Times, des groupes comme Amazon, Spotify, Microsoft ou Netflix --150 au total-- ont pu accéder à des données privées comme le nom des amis de leurs clients ou certaines de leurs publications voire des messages privés, et ce, à l'insu des usagers.

Pour le quotidien américain, qui a déjà révélé plusieurs scandales autour de Facebook et qui se base en l'occurrence sur des documents internes et des témoignages anonymes d'anciens employés, ces partenaires commerciaux ont de fait été affranchis des règles de confidentialité.

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Une énième polémique qui rappelle précisément l'affaire Cambridge Analytica qui a éclaté en mars.

Une nouvelle fois, Facebook est donc accusé d'avoir laissé des tierces parties accéder aux données de ses usagers, sans vraiment contrôler ce à quoi ces partenaires extérieurs avaient accès et ce, dans une opacité quasi-totale.

Facebook a toujours eu besoin de travailler avec des développeurs d'applications et des entreprises extérieures pour que leurs produits soient compatibles (par exemple, pouvoir ouvrir son compte Spotify avec ses identifiants Facebook), ce qui suppose de les laisser accéder à un certain nombre d'informations.

Le groupe de Mark Zuckerberg n'en finit plus depuis presque deux ans de se débattre dans des scandales à répétition, qui entachent durement son image et mettent son cours de Bourse sous forte pression.

Le patron fondateur est très critiqué et de nombreuses voix lui demandent d'abandonner une partie de sa mainmise sur le groupe, par exemple en renonçant à la présidence du conseil d'administration.

S'il a reconnu mercredi avoir laissé des accès à des contenus à des "partenaires" dans le but de rendre leurs produits compatibles et d'améliorer l'expérience de l'usager, le réseau social a affirmé qu'aucun de "ces partenariats ou fonctionnalités n'ont offert aux entreprises accès à des informations sans l'autorisation des usagers".

"Nous avons mis fin à presque tous ces partenariats au cours des derniers mois, sauf pour Amazon et Apple", a aussi indiqué le réseau social.

Le groupe affirme en tout état de cause ne pas avoir enfreint un accord signé il y a six ans avec la Federal Trade Commission, selon lequel il promettait d'être plus scrupuleux sur la gestion des données personnelles.

Il encourrait de fortes amendes s'il était reconnu avoir enfreint ces engagements.

"Nous aurions eu besoin d'une gestion plus rigoureuse de la façon dont nos partenaires et développeurs (d'applications, pour les rendre compatibles avec Facebook) ont eu accès aux informations via nos interfaces" techniques (API).

Spotify a affirmé mercredi "ne pas pouvoir lire les messages privés Facebook dans aucune des configurations actuelles" et "rien n'indique que Spotify ait un jour pu accéder aux messages privés Facebook".

Netflix a aussi nié tout accès à des messages privés.

Facebook est aussi confronté depuis mardi à un appel au boycott lancé par l'association de défense des droits des Noirs, la NAACP.