POLITIQUE
15/12/2018 13:19 EST | Actualisé 15/12/2018 13:20 EST

Nicola Di Iorio n'a pas encore décidé à qui il donnera son salaire de député

L'élu montréalais, qui n'avait pas mis les pieds aux Communes depuis le printemps dernier, a refait surface mardi passé.

Facebook/Nicola Di Iorio Ad. E.
Nicola Di Iorio

OTTAWA — Le député fantôme Nicola Di Iorio n'a toujours pas versé à un organisme de charité le salaire qu'il empoche malgré son absence d'Ottawa, contrairement à ce qu'il a prétendu en début de semaine.

L'élu montréalais, qui n'avait pas mis les pieds en Chambre depuis le printemps dernier, a refait surface dans l'enceinte mardi passé pour répliquer à ceux qui lui ont reproché d'avoir été payé même s'il ne se pointait pas au parlement.

Deux fois, il a martelé qu'il «[n'empochait] pas de salaire», et il a de nouveau fait allusion au don charitable, rappelant avoir annoncé qu'il ne «[conserverait] pas [son] salaire de député pendant cette période [de septembre à janvier]».

Or, dans un échange avec La Presse canadienne, deux jours plus tard, le député Di Iorio a écrit qu'il n'avait pas encore décidé à qui donner son salaire.

«Je vais faire une annonce du montant et de l'organisme (...) dans la nouvelle année», a-t-il débuté, promettant qu'il s'agira d'un montant «substantiel» puisqu'il le bonifiera d'une «donation personnelle».

Puis, il a ajouté ceci: «Depuis que j'ai révélé la décision que j'avais prise de faire don de mon salaire, j'ai été approché par des organismes que je n'avais pas considérés. Certains ont porté à mon attention des causes que je n'avais pas envisagées et qui méritent réflexion».

Justin Trudeau embêté

Le premier ministre Justin Trudeau a semblé agacé de se faire interroger sur la situation de son député, vendredi, lors d'une entrevue de fin d'année avec La Presse canadienne.

Si bien que lorsqu'on lui a demandé s'il jugeait normal, comme chef, de voir un de ses députés toucher un salaire sans se présenter au parlement, il a paru vouloir se dissocier de Nicola Di Iorio.

«Je suis chef du parti politique auquel il est associé, a-t-il lâché. Mais en tant que député il a des responsabilités aussi directement (envers les) citoyens qui l'ont élu.»

Le whip en chef du gouvernement, Mark Holland, indiquait la veille que selon «sa compréhension», le député de Saint-Léonard—Saint-Michel «donne son salaire (...) depuis septembre».

Délai de démission

L'élu libéral a réannoncé sa démission il y a un peu plus d'un mois — il l'avait annoncée une première fois en avril dernier, pour ensuite signaler, en septembre dernier, qu'il pourrait revenir sur sa décision.

Finalement, il est revenu à sa position initiale: il quittera son siège aux Communes... mais pas avant le 22 janvier prochain.

Ces tergiversations ont fait sourciller l'opposition à Ottawa.

Le député néo-démocrate Nathan Cullen a soulevé le 26 novembre dernier une question de privilège en Chambre afin de faire part de ses préoccupations face à la situation.

C'est pour lui répliquer que Nicola Di Iorio est revenu s'asseoir dans son siège de député, mardi dernier.

Et lorsqu'il s'est levé pour offrir sa version des faits, il a signalé qu'il n'avait rien à voir avec l'élaboration du calendrier de sa démission. «La date prévue pour mon départ n'a pas été choisie par moi», a-t-il tranché, sans pour autant préciser d'où venait la décision.

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Le whip Mark Holland a assuré que son bureau n'avait «absolument pas» joué de rôle dans le choix de la date.

«J'ignore à quoi il faisait référence, a-t-il offert en parlant du député montréalais. Les députés décident eux-mêmes de leur date de départ.»

Le premier ministre Trudeau s'est aussi tenu à distance lorsqu'on lui a demandé s'il avait donné une consigne sur la date. «Moi, personnellement, je n'ai pas dit ça», a-t-il plaidé.

A-t-il délégué quelqu'un pour dire à Nicola Di Iorio quand il devrait plier bagage? «Pas à ce que je sais», a répondu Justin Trudeau.

Longue vacance

La circonscription de Saint-Léonard—Saint-Michel restera vraisemblablement vacante jusqu'aux prochaines élections générales.

Car une disposition de la Loi sur la modernisation des élections, qui a reçu la sanction royale jeudi dernier, empêche le premier ministre de déclencher une élection complémentaire «dans les neuf mois précédant (...) la tenue d'une élection générale».

Le scrutin fédéral doit avoir lieu le 21 octobre 2019. Le député Di Iorio quittera son poste neuf mois, moins un jour, avant cette date.