POLITIQUE
13/12/2018 07:49 EST | Actualisé 13/12/2018 08:05 EST

Il y a «peut-être» du profilage racial au SPVM, admet le nouveau chef Sylvain Caron

M. Caron a été questionné pour la première fois lors de son assermentation, mercredi.

MONTRÉAL - La question du profilage racial risque de marquer les premiers jours du mandat de Sylvain Caron, fraîchement assermenté mercredi comme directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Questionné à plusieurs reprises, il a défendu le plan d'action présenté la veille sans développer sur l'ampleur du problème.

Mardi, M. Caron était devant les élus pour présenter son plan d'action pour contrer le profilage racial au sein de ses troupes. Ce n'est toutefois que mercredi qu'il s'est présenté pour la première fois devant les journalistes, après son assermentation officielle comme directeur.

Plan mal reçu

Ce plan a été plutôt mal reçu par plusieurs représentants de la communauté noire de Montréal. Une militante et ex-candidate aux élections municipales, Anastasia Marcelin, l'a qualifié de «joke».

Olivier Robichaud
Sylvain Caron a été assermenté mercredi comme directeur du Service de police de la Ville de Montréal, en compagnie de la mairesse Valérie Plante.

M. Caron affirme vouloir travailler en amont pour éviter que le phénomène ne se reproduise. Il ajoute toutefois que le profilage racial peut être une question de perception plutôt que de réalité.

«On souhaite qu'il n'y ait pas de profilage racial. Alors on s'inscrit dans cette démarche et on veut travailler avec les gens du milieu pour essayer qu'il n'y en ait pas. Est-ce qu'il y en a? Peut-être qu'il y en a. Mais la ligne est très mince entre une perception de profilage racial et assurer la sécurité des Montréalais et des Montréalaises», dit-il.

Un problème connu et documenté

Mardi, M. Caron a admis devant les élus ne pas connaître l'ampleur du phénomène.

Le problème est pourtant bien connu. Plus tôt ce mois-ci, une étude menée dans le quartier Saint-Michel a décrit un «niveau élevé de surveillance quotidienne des jeunes racisés» de la part de la police.

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Des agents du SPVM ont aussi été reconnus coupables de profilage racial devant le Tribunal des droits de la personne. La décision la plus récente remonte à mars 2018 et un autre policier s'est récemment vu refuser sa demande de rejeter le dossier contre lui.

Le jour même de l'annonce du plan d'action, une vidéo a fait surface montrant une intervention musclée avec un jeune blanc et sa copine noire. Selon le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), l'intervention a débuté parce que les agents trouvaient qu'ils parlaient trop fort.

M. Caron a refusé de commenter cet incident.

Le SPVM a mandaté deux chercheurs pour analyser l'ensemble des données du SPVM sur les interventions des agents. Le corps policier cherche un troisième expert afin qu'une personne issue d'une minorité visible fasse partie du groupe.

Un rapport préliminaire est attendu à la mi-janvier.