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12/12/2018 16:31 EST | Actualisé 12/12/2018 17:55 EST

Theresa May survit au vote des députés conservateurs sur le dossier du Brexit

Si elle avait perdu ce votre crucial, la première ministre aurait été forcée de démissionner.

PA Wire/PA Images

La première ministre britannique Theresa May a survécu à la motion de défiance des députés du Parti conservateur sur le dossier du Brexit, mercredi soir.

Au terme du vote secret, 200 députés ont appuyé Mme May, tandis que 117 ont voté contre elle. Si elle avait perdu ce votre crucial des députés de sa propre formation politique, la première ministre aurait été forcée de démissionner.

Mme May demeurera donc première ministre et chef du Parti conservateur, et continuera de tenter d'obtenir l'approbation par le Parlement de son plan de sortie de l'Union européenne.

Sa victoire signifie qu'elle ne sera pas soumise à une nouvelle motion de défiance des conservateurs avant au moins un an. Le vote reflète tout de même le mécontentement au sein du Parti conservateur quant à la gestion par Mme May de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et ne laisse pas de doute sur le fait que le Brexit reste le plus gros problème de son gouvernement.

La contestation de son leadership a attisé de manière explosive les divisions sur l'Europe qui couvaient au Parti conservateur depuis plusieurs décennies et a semé le désordre sur le chemin déjà difficile vers la sortie de l'UE, prévue le 29 mars.

La première ministre pourrait encore faire face à un vote de confiance à la Chambre des communes si l'opposition travailliste le réclame.

Mme May entend faire pression sur les dirigeants de l'Union européenne pour qu'ils apportent des modifications à l'accord proposé, impopulaire auprès de nombreux parlementaires britanniques.

Des conservateurs de plus en plus frustrés

Pour tenter de convaincre les parlementaires hésitants, Mme May a annoncé qu'elle se retirerait avant les prochaines élections, prévues en 2022.

La première ministre n'a pas dit ce qu'elle ferait si des élections anticipées étaient déclenchées à cause de la crise sur le Brexit.

La menace pesant sur Mme May s'accentuait alors que les élus conservateurs pro-Brexit étaient de plus en plus frustrés quant à la gestion de la sortie de l'UE par la première ministre.

De nombreux partisans du Brexit ont reproché à Mme May d'avoir conclu avec l'UE un compromis qui maintient des liens économiques étroits avec le bloc et qui ne constitue pas la rupture nette souhaitée.

L'ancien secrétaire à l'Environnement Owen Paterson a accusé Mme May d'avoir adopté une attitude "suppliante" dans ses relations avec l'UE.

"Elle n'est pas la bonne personne pour mener le Brexit à terme", a-t-il déclaré.

Des élus de l'opposition ont exprimé leur étonnement et leur indignation face aux luttes internes des conservateurs autour du difficile processus du Brexit.

"Ce gouvernement est une farce, le Parti conservateur est dans le chaos, la première ministre nous fait honte", a déclaré le chef du Parti national écossais, Ian Blackford, lors d'une séance épique de questions à la Chambre des communes.

Des personnalités du monde des affaires ont aussi exprimé leurs inquiétudes face à la perspective d'une incertitude politique encore plus grande.