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09/12/2018 21:58 EST | Actualisé 09/12/2018 21:58 EST

Des chefs de file démocrates évoquent la destitution de Donald Trump

Ces déclarations ajoutent de pression sur les épaules d'un président qui doit déjà se préoccuper de l'enquête sur l'ingérence russe pendant l'élection présidentielle de 2016.

ASSOCIATED PRESS

Des chefs de file démocrates à la Chambre des représentants ont évoqué dimanche la perspective d'une destitution ou d'une peine d'emprisonnement quasi certaine pour le président Trump s'il est prouvé que celui-ci a ordonné le versement illicite d'une somme d'argent à des femmes pour acheter leur silence.

Ces déclarations ajoutent de pression sur les épaules d'un président qui doit déjà se préoccuper de l'enquête sur l'ingérence russe pendant l'élection présidentielle de 2016, sans compter les autres controverses.

«Il existe une réelle probabilité que Donald Trump soit inculpé par le ministère de la Justice lorsqu'il quittera la Maison-Blanche. Il est peut-être le premier président depuis fort longtemps à devoir vraiment faire face à une peine d'emprisonnement, a déclaré le prochain président du comité du renseignement, Adam Schiff. La question d'une grâce présidentielle pour Donald Trump devra peut-être être étudiée par le prochain président.»

Pour Jerry Nadler, le futur président du comité judiciaire, les documents judiciaires des procureurs qui se penchent sur l'ancien avocat du président, Michael Cohen, démontrent que M. Trump était «au coeur d'une fraude massive».

«Ce sont des délits qui pourraient justifier une procédure de destitution», avait souligné M. Nadler, vendredi.

Des procureurs new-yorkais pensent avoir, pour la première fois, établi des liens entre M. Trump et le versement illégal d'une somme d'argent à deux femmes pour acheter leur silence au cours de la campagne de 2016, ce qui constitue un crime fédéral.

Le procureur extraordinaire Robert Mueller a aussi exposé des contacts secrets entre des associés de M. Trump et des intermédiaires russes, laissant entendre que le Kremlin avait tenté assez tôt d'influencer le futur président et son organisation en faisant valoir leurs intérêts personnels et politiques.

M. Trump nie avoir mal agi et a comparé les enquêtes «à une chasse aux sorcières».

Selon M. Nadler, il est encore trop tôt pour le Congrès de se pencher sur la procédure de destitution en prétextant les versements illégaux. Les législateurs devront mesurer la gravité du crime avant de «renverser» les résultats de 2016. Lui et d'autres représentants ont indiqué dimanche qu'ils attendaient de nouveaux éléments provenant de l'enquête de M. Mueller sur l'ingérence russe pour établir l'étendue des inconduites de M. Trump.

M. Nadler a aussi annoncé que les démocrates, qui contrôleront la Chambre des représentants à compter de janvier, lanceront leurs propres enquêtes. Il a ajouté que le Congrès, le ministère de la Justice et M. Mueller devront creuser plus loin dans ces allégations pesant contre le président.

«Le prochain Congrès ne tentera pas de protéger le président, a-t-il souligné. Nous tenterons d'aller au fond des choses afin de servir le peuple américain et de mettre un terme à cet important complot: la fraude massive contre le peuple américain.»

M. Schiff a aussi fait valoir la nécessité d'attendre «avant de voir le tableau complet».

«Nous devons voir si cela fait partie d'un schéma plus large du mauvais comportement du président. Si c'est le cas, on devra tirer une conclusion pour déterminer si cela garantirait sa destitution.»