POLITIQUE
07/12/2018 08:17 EST | Actualisé 07/12/2018 13:22 EST

Trudeau tente de se montrer rassembleur dans sa rencontre avec les premiers ministres

Cette réunion à huis clos est le quatrième sommet de M. Trudeau avec les premiers ministres.

MARTIN OUELLET-DIOTTE via Getty Images

MONTRÉAL — Le premier ministre Justin Trudeau tentait de se montrer rassembleur, vendredi, dans le cadre de son sommet avec les dirigeants provinciaux et territoriaux du pays, alors que la rencontre se déroule sur fond de tensions entre les participants.

Avant de rencontrer des leaders autochtones en compagnie des représentants des autres provinces, vendredi matin, M. Trudeau a convenu qu'il serait probablement impossible de s'entendre sur tout - comme l'ordre du jour de l'événement.

"Nous ne serons pas tous d'accord sur tout, mais le plus important est de garder nos voies de communication ouvertes, de travailler ensemble pour le bien de nos communautés, a-t-il affirmé, juste avant le début de la réunion. Après tout, les Canadiens autochtones et non autochtones sont toujours mieux servis quand tous les ordres de gouvernement travaillent ensemble."

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Cette réunion à huis clos est le quatrième sommet de M. Trudeau avec les premiers ministres et elle promet d'être la plus agitée - et probablement la moins productive.

Dès son arrivée au sommet, le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister a ainsi prévenu que rien ne sera accompli si les premiers ministres insistent pour élargir le programme afin de discuter d'une liste sans fin de problèmes.

"Si nous avons trop de priorités, nous ne pourrons rien faire", a-t-il dit.

Menu divergent

L'avertissement de M. Pallister pourrait bien s'avérer prémonitoire. Les premiers ministres sont arrivés à la réunion avec une foule de questions conflictuelles qu'ils souhaitent régler et aucun accord clair entre eux sur ce qui est le plus urgent ou ce qu'il faut faire à leur sujet.

Le président du groupe de premiers ministres, Blaine Higgs du Nouveau-Brunswick, a confié qu'il disposait d'une liste de huit sujets au maximum que ses collègues considèrent comme prioritaires.

"Je suppose que cela pourrait être une liste interminable, mais il y a probablement six ou huit questions dont nous voulons absolument discuter", a-t-il dit.

Pour la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, "le problème économique le plus important auquel le pays est confronté" est la crise de l'industrie pétrolière et gazière, provoquée par la chute des prix liée à l'incapacité de sa province à transférer ses ressources vers la mer pour les expédier à l'étranger.

"Cela contribue énormément à notre PIB, à des centaines de milliers d'emplois à travers le pays", a-t-elle déclaré en se rendant à la réunion avec les dirigeants autochtones.

M. Pallister est l'un des rares premiers ministres à vouloir continuer de mettre l'accent sur la question que M. Trudeau souhaitait placer en tête de l'ordre du jour: la réduction des obstacles au commerce interprovincial.

L'époque où M. Trudeau était entouré de sympathiques alliés des libéraux provinciaux est donc révolue. Il fait maintenant face à une phalange de premiers ministres conservateurs qui s'opposent résolument à certaines de ses politiques les plus importantes, en particulier à son projet d'imposer une taxe fédérale sur le carbone l'année prochaine.

L'un d'entre eux, le premier ministre de l'Ontario Doug Ford, s'est engagé à faire en sorte que les libéraux de M. Trudeau soient battus aux élections fédérales de l'automne prochain. Des responsables fédéraux estiment en privé que cela inclura des efforts pour faire dérailler la réunion de vendredi, voire même organiser un départ spectaculaire du sommet - un scénario que M. Ford et ses collaborateurs n'ont pas exclu jeudi.

Discorde énergétique

Mais ce ne sont pas seulement les premiers ministres conservateurs qui vont certainement causer des maux de tête au premier ministre: certains premiers ministres libéraux et néo-démocrates ont également des différends avec le gouvernement fédéral.

M. Higgs souhaite relancer une proposition concernant le pipeline Énergie Est. François Legault affirme qu'il est impossible que les Québécois approuvent un pipeline dans leur province.

Mme Notley et Scott Moe, de la Saskatchewan, souhaitent que la crise des prix du pétrole figure en tête de l'ordre du jour de la réunion de vendredi. Ils souhaitent également que M. Trudeau supprime le projet de loi C-69, qui renforce les évaluations environnementales des projets énergétiques.

Dwight Ball, de Terre-Neuve-et-Labrador, et Stephen McNeil, de la Nouvelle-Écosse, deux libéraux, craignent eux aussi que C-69 n'éloigne les investisseurs de projets tels que les pipelines. Le premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique, John Horgan, a intenté une poursuite pour bloquer le projet de pipeline que le gouvernement Trudeau a approuvé - l'expansion de Trans Mountain.

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La première ministre néo-démocrate de l'Alberta, Rachel Notley, demande furieusement que le gouvernement fédéral agisse pour aider sa province à acheminer son pétrole vers les marchés d'outre-mer, au lieu d'être captive du prix d'escompte payé par les États-Unis.

Mme Notley et Scott Moe, de la Saskatchewan, souhaitent que la crise des prix du pétrole figure en tête de l'ordre du jour de la réunion de vendredi. Ils souhaitent également que M. Trudeau supprime le projet de loi C-69, qui renforce les évaluations environnementales des projets énergétiques.

Dwight Ball, de Terre-Neuve-et-Labrador, et Stephen McNeil, de la Nouvelle-Écosse, deux libéraux, craignent eux aussi que C-69 n'éloigne les investisseurs de projets tels que les pipelines.

Mais il y a aussi le premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique, John Horgan, qui a intenté une poursuite pour bloquer le projet de pipeline que le gouvernement Trudeau a approuvé — l'expansion de Trans Mountain.

Quatre premiers ministres conservateurs — MM. Ford, Moe, Higgs et Brian Pallister du Manitoba — se sont également adressés aux tribunaux, mais, dans leur cas, ils veulent mettre fin à ce qu'ils appellent la «taxe sur le carbone qui détruit les emplois» de M. Trudeau. Ils veulent placer la question au premier plan de l'ordre du jour.

Quatre premiers ministres conservateurs _ MM. Ford, Moe, Higgs et Brian Pallister du Manitoba _ se sont également adressés aux tribunaux, mais, dans leur cas, ils veulent mettre fin à ce qu'ils appellent la "taxe sur le carbone qui détruit les emplois" de M. Trudeau. Ils veulent placer la question au premier plan de l'ordre du jour.

M. Trudeau peut s'attendre à être appuyé dans ce dossier par MM. Horgan et Legault, dont les provinces ont été les premières à imposer des régimes de réduction des émissions de carbone. Et comme le soulignent les responsables fédéraux, ces deux provinces jouissent actuellement des économies les plus robustes du pays.

Parmi la multitude de problèmes que les premiers ministres veulent aborder et leurs points de vue divergents à ce sujet, l'objectif initial que M. Trudeau s'était fixé pour la réunion, à savoir la réduction des obstacles au commerce interprovincial, ne peut être négligé.

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