POLITIQUE
07/12/2018 13:06 EST | Actualisé 07/12/2018 13:06 EST

Deux rappels à l'ordre pour le gouvernement Legault

François Legault et Nathalie Roy sont visés par ces rappels à l'ordre du président de l'Assemblée nationale.

François Legault n'aurait pas dû remettre son discours d'ouverture aux journalistes avant de le présenter aux députés, a tranché le président de l'Assemblée nationale, François Paradis.
Jacques Boissinot/La Presse canadienne
François Legault n'aurait pas dû remettre son discours d'ouverture aux journalistes avant de le présenter aux députés, a tranché le président de l'Assemblée nationale, François Paradis.

QUÉBEC — En ce début de mandat, le gouvernement caquiste trébuche en Chambre, subissant, vendredi, deux rappels à l'ordre de la part du président de l'Assemblée nationale.

François Paradis a rappelé au gouvernement, sans toutefois lui attribuer un blâme, qu'il devait en tout temps faire preuve de respect et de déférence envers la Chambre.

Il a rendu deux décisions vendredi, à la suite de plaintes déposées par les oppositions libérale et péquiste relativement au discours d'ouverture du premier ministre François Legault et à une annonce de la ministre de la Culture Nathalie Roy.

Le discours d'ouverture, qui trace la feuille de route du gouvernement pour les quatre prochaines années, a été partagé avec les médias sous embargo avant sa lecture en Chambre par le premier ministre Legault le 28 novembre dernier.

Or, c'est le privilège des élus d'être les premiers à prendre connaissance des affaires du Parlement, a aussitôt plaidé le leader parlementaire de l'opposition officielle, Sébastien Proulx, en accusant le gouvernement d'outrage au parlement.

Le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Éric Caire, a plutôt fait valoir que tel discours avait déjà été distribué aux journalistes, de la même façon, en Alberta, en Ontario et à la Chambre des communes à Ottawa.

À mon sens, jamais le discours d'ouverture n'aurait dû être remis à des tiers avant qu'il ne soit présenté aux députés.François Paradis

«En ce début de législature où l'on compte plusieurs nouveaux députés, mais aussi beaucoup de nouveaux employés politiques qui les entourent, je ne peux ici que réitérer l'avertissement qui avait été servi par la présidence en 2012: certaines informations doivent être communiquées en priorité aux députés avant d'être transmises à des tiers.

«Il en va de la déférence envers les députés et du respect des importantes fonctions qu'ils occupent», a-t-il statué.

Dans un autre dossier, M. Paradis a qualifié de «maladresse» l'annonce par la ministre de la Culture d'une éventuelle commission parlementaire portant sur l'avenir de l'information au Québec.

Le 30 novembre, Nathalie Roy a indiqué dans un communiqué de presse, et devant les journalistes que le gouvernement déposerait un mandat d'initiative visant la mise sur pied d'une telle commission parlementaire.

Elle a dit souhaiter que la commission puisse amorcer ses travaux d'ici le printemps prochain. Entretemps, elle a invité les diverses parties à s'exprimer sur leurs besoins et à proposer des pistes de solutions pour que les membres de la commission puissent circonscrire la portée de leur mandat.

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Le communiqué de presse était titré: Création d'une commission parlementaire sur l'avenir de l'information au Québec: le gouvernement du Québec agit pour garantir le droit à l'information des Québécois.

La ministre Roy a répété plusieurs fois en conférence de presse qu'elle ne pouvait présumer de la saisie du mandat d'initiative.

Mais le Parti québécois s'est plaint, et a trouvé écoute auprès du président Paradis, vendredi. «Ce qui doit (...) être évité, c'est de créer de la confusion entre le rôle du gouvernement et celui de l'Assemblée, en donnant l'impression que les parlementaires n'ont aucun rôle à jouer dans la décision de se saisir d'un tel mandat», a-t-il dit.

Le président a rappelé qu'en 2004, le gouvernement libéral avait envoyé un communiqué annonçant le résultat d'un vote à l'Assemblée nationale alors que le vote était toujours en cours.