POLITIQUE
05/12/2018 10:44 EST | Actualisé 06/12/2018 15:19 EST

Valérie Plante s’excuse (encore) pour son discours entièrement en anglais

La mairesse dit «comprendre la sensibilité» des Montréalais concernant l’état du français, après avoir essuyé de nombreuses critiques.

La mairesse de Montréal s'est excusée à nouveau mercredi pour un discours prononcé la veille. Elle s'était adressée à des dignitaires et journalistes dans la langue de Shakespeare, omettant presque entièrement le français.

Comme nous le rapportions mardi, la mairesse a annoncé des investissements en provenance de trois firmes britanniques. Parmi les six dignitaires québécois à avoir pris parole, elle est la seule à s'être exprimée uniquement en anglais.

Elle a fait un premier mea culpa sur Twitter le jour-même. Mercredi, elle a profité de sa tribune au comité exécutif de Montréal pour s'excuser de vive voix.

Capture d'écran
Valérie Plante s'est excusée mercredi pour un discours prononcé entièrement en anglais la veille.

«J'ai fait une erreur, clairement, en m'adressant essentiellement en anglais. [...] Le français est ma langue maternelle, c'est la langue de mon coeur. [...] Il est important de dire que c'était une erreur», a-t-elle dit.

Mme Plante affirme avoir dévié de son discours préparé, qui était majoritairement en français.

Les critiques fusent

Depuis, les critiques fusent de toutes parts. Divers chroniqueurs se sont prononcés sur le sujet, et les internautes se sont déchaînés.

Plusieurs ont souligné le fait que la Ville a très récemment montré son appui aux Franco-Ontariens, malmenés par le gouvernement de Doug Ford, en faisant flotter leur drapeau à l'hôtel de ville.

Le Mouvement Québec français (MQF) s'est aussi prononcé sur la question mercredi.

«Valérie Plante est la mairesse de Montréal, Québec. Pas de Toronto. Pas de Moncton, New Brunswick. Pas d'Ottawa, Canada», lance le président du MQF et militant du Parti québécois, Maxime Laporte.

Rapport sensible à la langue anglaise

La mairesse dit comprendre la réaction des Montréalais.

«Je comprends la sensibilité [par rapport à la la langue] et je la reconnais», dit-elle.

Mme Plante est revenue sur le sujet un peu plus tard mercredi, en marge d'une annonce sur l'intégration des immigrants. Elle en a profité pour lancer un appel au gouvernement provincial pour mieux financer la francisation des immigrants.

«On dit souvent qu'à Montréal, tout le monde parle anglais. Alors, il y a une sensibilité par rapport à ça. Je veux profiter de ma tribune pour dire peut-on s'il-vous-plaît réinvestir dans des outils performants et flexibles pour la francisation des nouveaux arrivants?», a-t-elle lancé.

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Mardi, le gouvernement provincial a diminué les seuils d'immigration de 50 000 personnes par année à 40 000. Le premier ministre François Legault répète sur toutes les tribunes qu'il veut accueillir moins d'immigrants, mais en prendre soin.

Critiques persistantes

La mairesse a essuyé plusieurs critiques concernant son usage de l'anglais depuis qu'elle est élue. Le sort réservé au drapeau québécois lui a aussi valu bon nombre de commentaires négatifs.

Depuis un mois, la Ville de Montréal se conforme enfin à la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec, après plusieurs décennies à omettre le fleurdelisé au conseil municipal et sur certains de ses bâtiments.