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05/12/2018 18:18 EST | Actualisé 05/12/2018 18:19 EST

L'annonce de la réduction du nombre d'immigrants inquiète Valérie Plante

Elle a rappelé qu'il y a toujours de nombreux emplois qui ne sont pas comblés dans la métropole.

THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes

Valérie Plante se dit «inquiète» face à la décision du gouvernement caquiste de réduire le nombre d'immigrants au Québec.

La mairesse de Montréal présentait, mercredi, un premier plan en matière d'accueil et d'intégration des immigrants dans la métropole, au lendemain de l'annonce par le gouvernement de François Legault de réduire d'environ 20 pour cent le nombre d'immigrants au Québec en 2019.

Mme Plante a qualifié de «fondamental» l'apport des nouveaux arrivants au Québec, faisant valoir que cet apport contribue au tissu social et construit les communautés.

Reprenant à son compte l'argumentaire du besoin de main-d'oeuvre, elle a rappelé qu'il y a toujours de nombreux emplois qui ne sont pas comblés dans la métropole.

Mme Plante a noté que les immigrants viennent d'ailleurs ici pour travailler et que leur ajout à la force de travail était une proposition gagnante pour tout le monde.

La mairesse a toutefois dû admettre qu'elle n'avait guère d'autre choix que de se résigner face à la décision de Québec, mais elle a bien pris soin de relever le slogan caquiste qui affirme la volonté «d'en prendre moins, mais d'en prendre soin».

Elle s'est interrogée sur ce que signifiait «en prendre soin» et a dit attendre impatiemment les mesures pour concrétiser cette volonté en rappelant que, bon an mal an, 70 pour cent des nouveaux arrivants au Québec s'installent à Montréal

Renonciation à la ville sanctuaire

En présentant le plan d'action 2018-2021 en matière d'immigration, Mme Plante a également annoncé que le concept de «ville sanctuaire» serait remisé pour laisser place à la notion de «ville inclusive» responsable et engagée, afin d'éviter toute confusion sur la signification du terme.

La mairesse a expliqué que le concept de ville sanctuaire pouvait laisser croire à une certaine forme d'immunité, alors que la ville ne peut, dans son cadre juridique, offrir une telle protection tous azimuts.

Par exemple, un policier qui interpellerait une personne faisant l'objet d'un ordre d'expulsion du gouvernement fédéral ne pourrait ignorer un tel ordre, d'où la nécessité pour l'administration Plante de clarifier cette réalité.

En contrepartie, le plan d'action comprend un volet destiné spécifiquement à la protection des immigrants sans statut ou à statut précaire face aux abus dont ils peuvent être victimes, notamment aux mains de personnes souhaitant exploiter la précarité de leur situation.

Le plan prévoit ainsi la mise sur pied d'une «cellule d'intervention et de protection», en collaboration avec le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC), où les personnes victimes d'abus pourront dénoncer les responsables sans crainte d'être questionnées sur leur statut.

Les autres enjeux ciblés par le plan sont notamment l'intégration en emploi, l'inclusion, l'accès aux services et l'accès au logement.

Une enveloppe de 24 millions $, défrayée à parts égales par la Ville et par le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, viendra financer le programme sur les trois années de son déploiement.