POLITIQUE
04/12/2018 16:11 EST | Actualisé 04/12/2018 16:12 EST

Pères Maristes: le ministre de l'Éducation intervient

Le séminaire est contraint par la cour de continuer à enseigner à deux élèves qui ont plaidé coupable à des accusations de leurre informatique.

La Presse canadienne
Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge.

QUÉBEC — Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a ouvert mardi une enquête sur le dossier du séminaire des Pères Maristes, qui se voit forcé de garder dans son établissement des élèves qui ont plaidé coupable à des accusations de nature sexuelle.

En mêlée de presse à l'Assemblée nationale, M. Roberge a dénoncé le précédent gouvernement libéral, qui selon lui aurait dû déclencher une enquête sur les événements survenus à l'école privée de Québec avant que le dossier se retrouve devant les tribunaux.

«C'est devenu une question juridique, et on est un peu empêtré là-dedans parce qu'il semble que la direction ne peut pas agir», a-t-il indiqué.

«On dit, nous, depuis des années que ça prend un protecteur de l'élève qui soit neutre, qui soit capable d'intervenir autant dans le réseau public que dans les réseaux privés, avec la tête froide. Il n'y a pas ça en ce moment», a-t-il ajouté.

En matinée, la direction du séminaire se désolait d'être dans une «impasse», étant donné qu'en vertu d'un jugement la Cour supérieure, elle ne peut expulser les élèves. Le directeur général, François Sylvain, a exclu la possibilité d'aller en appel de la décision du tribunal pour «ne pas exposer encore davantage les victimes».

La semaine dernière, plusieurs médias rapportaient que deux élèves de l'école privée de Québec avaient plaidé coupable de leurre informatique, pour avoir partagé des photos intimes d'adolescentes. Selon «Le Soleil», un autre élève avait déjà reconnu sa culpabilité, mais il ne fréquente plus l'école.

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En fin d'après-midi, le directeur général de l'école secondaire, François Sylvain, a dit espérer que cette enquête permette de clarifier la loi «afin que plus jamais une institution d'enseignement ne se retrouve dans une telle impasse».

À la mi-août, l'école avait décidé d'expulser les élèves visés par l'enquête policière concernant l'échange de photos explicites de trois jeunes filles. La décision touchait trois garçons, car trois des familles impliquées avaient volontairement accepté d'assurer la scolarisation de leur enfant dans une autre école.

Le 23 août dernier, le juge Daniel Dumais a toutefois ordonné au Séminaire des Pères Maristes de réintégrer les trois élèves dans l'établissement secondaire à temps pour la rentrée.

Le juge Dumais plaidait qu'en les excluant, l'établissement causerait un préjudice puisque sa proposition de changer les élèves d'école «implique de déraciner l'élève d'un environnement éducatif devenu familier, de mettre de côté une certaine routine, des amitiés, un sentiment d'appartenance plus ou moins présent, des relations avec les professeurs et animateurs, etc.»

Cette réintégration a toutefois plusieurs conditions pour les trois élèves. Ils doivent notamment respecter les règles de vie de l'école, éviter tout contact avec les victimes présumées, et faire preuve de discrétion. Ils se voient également interdire l'utilisation d'un téléphone cellulaire ou d'une tablette sans l'autorisation du personnel de l'école — sauf en cas d'urgence.

«Une fois de plus, nous souhaitons réitérer que ce genre de comportements n'a pas sa place dans notre établissement. Bien que nous déplorions la tournure des événements, l'école entend se conformer aux décisions des tribunaux», a indiqué le directeur général, François Sylvain.