NOUVELLES
04/12/2018 07:33 EST | Actualisé 04/12/2018 10:10 EST

Gilets jaunes: le premier ministre français annonce un moratoire sur la taxe des carburants

Après avoir pourtant dit il y a trois semaines qu'il ne changerait pas d'idée.

PARIS — Le premier ministre français Édouard Philippe a annoncé mardi un moratoire sur la hausse prévue des taxes sur les carburants, mais cela n'a pas suffi à calmer la colère des "gilets jaunes" qui ont estimé qu'il ne s'agit que d'une "première étape" et qui ont promis de poursuivre le combat.

Le premier ministre avait pourtant prévenu, il y a trois semaines, que son gouvernement de changerait pas d'idée et qu'il demeurait déterminé à sevrer la France des énergies fossiles responsables du réchauffement climatique.

Prenant la parole en direct à la télévision trois jours après les pires violences à avoir déferlé dans les rues de Paris depuis des décennies, M. Philippe a annoncé que la hausse était suspendue pour six mois.

Il a aussi fait savoir que le gouvernement renonce, également pour une durée de six mois, à l'alourdissement des conditions de contrôle technique sur les automobiles qui devait entrer en vigueur l'an prochain.

M. Philippe s'est aussi engagé à ce qu'il n'y ait pas de hausse du tarif de l'électricité avant mai 2019.

À lire aussi sur le HuffPost Québec:

Mais la colère des manifestants ne dérougit pas.

Des "gilets jaunes" bloquaient toujours mardi l'accès à certains dépôts de carburant et de nouvelles manifestations sont prévues pour samedi. À Marseille, étudiants et policiers se sont bagarrés à l'extérieur d'un lycée; des images diffusées en ligne montrent des flammes et une fumée noire devant l'école. Le ministère de l'Éducation rapporte des incidents dans une centaine d'écoles à travers le pays.

Sur une autoroute près de la ville d'Aubagne, des manifestants ont pris le contrôle d'une cabine de péage pour laisser passer les automobilistes gratuitement; ils ont également installé une affiche traitant le président Emmanuel Macron de "dictateur".

D'autres manifestations sont attendues en fin de semaine à Paris.

Benjamin Cauchy, porte-parole des "gilets jaunes", affirme que le changement de cap du gouvernement n'est qu'un premier pas et il a prévenu que les manifestants ne se contenteront pas de "miettes".

Les manifestations récentes sont les pires depuis que le président Emmanuel Macron a été élu à la tête de la république, en mai 2017. Au cours de la seule dernière fin de semaine, plus de 100 personnes ont été blessées et 412 manifestants ont été arrêtés dans les rues de Paris; des dizaines d'automobiles ont été détruites par le feu. On déplore quatre morts depuis le début des manifestations.

"La violence doit cesser", a dit M. Philippe.

Le président Macron a annulé un voyage officiel de deux jours qu'il devait faire cette semaine en Serbie afin de rester en France.