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03/12/2018 19:23 EST | Actualisé 03/12/2018 19:23 EST

Yannick Nézet-Séguin: la guérison au Metropolitan Opera

Le scandale d'inconduite sexuelle qui a frappé son prédécesseur, James Levine, a devancé son entrée en poste.

Jonathan Tichler/Metropolitan Opera via AP

MONTRÉAL — Yannick Nézet-Séguin devait devenir le troisième directeur musical du célèbre Metropolitan Opera de New York lors de la saison 2020-2021, mais le scandale d'inconduite sexuelle qui a frappé son prédécesseur, James Levine, a devancé son entrée en poste.

Le chef d'orchestre a pris ses nouvelles fonctions en septembre dernier, lorsque des allégations ont précipité le départ de James Levine, que le Met a congédié après 40 années en poste.

C'est donc au moment où l'orchestre du Metropolitan Opera est en plein processus de guérison que le maestro québécois entre en scène, et il espère que ses qualités de rassembleur vont aider l'institution à se remettre de la tourmente.

«Je sens que je suis peut-être encore plus nécessaire à ce moment-ci», a-t-il confié à La Presse canadienne depuis New York, il y a un peu plus d'une semaine, alors qu'il était en pleine répétition pour les représentations de «La Traviata», dont la grande première aura lieu mardi.

Une de mes forces, c'est d'être capable d'amener toute une équipe à travailler ensemble. Parce que c'est ce en quoi je crois. Yannick Nézet-Séguin

«J'aime beaucoup que les gens se sentent partie prenante d'une équipe, c'est mon style de leadership. Et il y a beaucoup de guérison à faire dans la maison.»

Yannick Nézet-Séguin a par ailleurs senti, au sein de la compagnie, qu'il y avait maintenant aussi un désir de passer à autre chose.

Il faut dire que l'affaire Levine n'est pas la seule à avoir entaché le milieu de la musique classique. On n'a qu'à penser à Charles Dutoit, qui fait face depuis environ un an à une série d'allégations d'agressions sexuelles.

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Il est évident, ces nouvelles n'ont rien de réjouissant, admet Yannick-Nézet-Séguin.

«Je trouve que, quand même, c'est quelque chose de positif que les gens osent maintenant parler», a-t-il ajouté, se gardant toutefois de vouloir commenter des cas en particulier.

Il note également que si le milieu artistique semble avoir particulièrement retenu l'attention dans les médias avec tout le mouvement «#moiaussi», il espère que la leçon sera élargie à tous les domaines.

«Le milieu des affaires, le milieu politique, il y a certainement aussi beaucoup d'abus dans ces milieux-là dont un parle un peu moins. Mais peu importe, le final, c'est que si ça peut rendre la Terre, le monde, (un meilleur endroit où) vivre parce qu'on va pouvoir un peu plus se parler et apprendre à vivre ensemble autrement et à moins tolérer ces comportements abusifs, que ce soit sexuellement ou psychologiquement, ça ne peut être qu'une bonne chose.»