POLITIQUE
29/11/2018 14:03 EST | Actualisé 29/11/2018 15:05 EST

Cibles de réduction des GES: la CAQ blâme le PLQ et le PQ pour l'échec annoncé

La ministre de l'Environnement a été mise sur la sellette en cette première période de questions à Québec.

MarieChantal Chassé
Jacques Boissinot/La Presse canadienne
MarieChantal Chassé

QUÉBEC – Pendant que les citoyens se mobilisent pour réclamer un plan clair pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et sauver la planète, le gouvernement Legault pointe du doigt ses prédécesseurs pour leur présumée inaction en la matière.

La ministre de l'Environnement, MarieChantal Chassé, a été mise sur la sellette dès la première période de questions à l'Assemblée nationale, jeudi, alors qu'on apprenait que le Québec allait rater ses cibles de diminution de GES pour 2020 selon les dernières estimations.

Elles n'ont baissé que de 9,1% entre 1990 et 2016, alors que l'objectif est une diminution de 20% d'ici 2020. Le domaine des transports est en cause, puisqu'il a même augmenté ses émissions pendant cette période.

«La situation s'aggrave, a reconnu Mme Chassé. Non seulement il y a stagnation, mais il y a une remontée de la production des gaz à effet de serre depuis 2014. C'est dans cet état que les gouvernements précédents nous ont laissés.»

Elle précise que le premier ministre François Legault lui a donné un mandat clair, soit de réformer le Fonds vert et de s'assurer que les actions du gouvernement mènent à des réductions de GES «de façon efficace».

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La députée libérale Marie Montpetit se désole de voir que la première action en environnement de la CAQ serait de réduire les objectifs de lutte aux GES.

«Est-ce qu'on doit comprendre que la ministre a déjà lancé la serviette et qu'elle abandonne le rôle de leader que le Québec a toujours assuré dans la lutte aux changements climatiques?» a martelé une Marie Montpetit pugnace, qui agit maintenant comme porte-parole libérale en matière d'Environnement.

«Réalisez-vous que pour atteindre les cibles de 2020, nous devrions réussir une performance équivalente en deux, trois ans, à celle que (les gouvernements libéraux et péquistes) ont réussi à atteindre en 25 ans?» a répliqué Mme Chassé.

La nouvelle ministre a démenti qu'elle sera «gênée» de participer à la 24e Conférence sur le climat – la COP24 – qui se tiendra à Katowice, en Pologne, dans les prochains jours.

Elle compte profiter de cette occasion pour entendre quelles seront les meilleures pratiques pour «nourrir le plan et la réforme (qu'elle a) à faire concernant le Fonds vert».

La CAQ refuse une motion sur l'environnement

Le gouvernement Legault a d'ailleurs refusé d'appuyer une motion présentée par Québec solidaire (QS) – appuyée par les libéraux et les péquistes – qui l'enjoignait à «prendre acte» des revendications présentées à la grande marche pour l'environnement du 10 novembre dernier, à laquelle ont participé les ministres caquistes MarieChantal Chassé, Chantal Rouleau et Christian Dubé.

Le collectif La planète s'invite au Parlement réclame l'adoption d'un plan de réduction des GES, l'interdiction de tout nouveau plan d'exploration ou d'exploitation des hydrocarbures en sol québécois et la fin des subventions directes ou indirectes aux combustibles fossiles.

Le chef par intérim du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, a accusé le premier ministre Legault d'avoir rencontré Dominic Champagne, l'un des porte-paroles du Pacte de transition, «pour les apparences» seulement.

LIRE AUSSI: Ce que François Legault a dit lors de son discours inaugural, thème par thème

M. Legault a dit avoir regardé «dans tous les tiroirs» du ministère de l'Environnement et «on n'a vu aucun plan qui nous amène à -20% en 2020».

«On va faire notre possible, mais actuellement, à moins que le chef de la deuxième opposition ait des informations que je n'ai pas, on n'a pas de plan. Il n'y a pas de plan», a renchéri le premier ministre, qui a rappelé qu'il n'était au pouvoir que depuis «quelques semaines».

Il en a profité pour décocher une flèche au PQ, qui a approuvé le projet très polluant de cimenterie de Port-Daniel en Gaspésie. Mais M. Legault a déjà dit par le passé qu'il ne renierait pas la signature du gouvernement malgré les dommages environnementaux du projet.

«On ne prendra pas de décisions comme le Parti québécois de construire une cimenterie en Gaspésie qui représente les émissions de 500 000 voitures. Moi, je serais gêné à la place du Parti québécois!» a rétorqué le premier ministre.

«On a besoin d'autos encore au Québec»

Dans son discours inaugural, M. Legault a dit vouloir faire du troisième lien dans la région de la Capitale-Nationale, qui relierait les rives de Québec et de Lévis et donc permettrait à davantage d'automobilistes de traverser le fleuve, un «projet de développement durable».

«Construire un troisième lien pour lutter contre les changements climatiques, ce n'est absolument pas croyable. Si c'est ça son plan, je vous jure qu'on n'est pas sorti du bois», a critiqué la chef parlementaire de QS, Manon Massé.

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Les nouveaux parlementaires siègent du 27 novembre au 7 décembre, avant de retourner dans leurs circonscriptions.

En réponse aux critiques de Mme Massé, M. Legault a répondu qu'il y a des citoyens dans des régions plus éloignées, comme Chaudière-Appalaches, «qui n'ont pas le volume nécessaire pour être capables d'offrir un transport en commun et qui ont besoin d'une auto».

«Je comprends que la députée dit qu'il ne faut plus d'autos, nulle part, mais on a besoin d'autos encore au Québec et puis il y a une période de transition qui est à mettre en place.»

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