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28/11/2018 15:52 EST | Actualisé 28/11/2018 15:52 EST

Francophonie: Trudeau décoche des flèches à l'endroit d'Andrew Scheer

Le chef libéral a reproché à son vis-à-vis conservateur d'avoir échoué à le questionner assez promptement «sur cet enjeu important».

THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

On aurait cru qu'il y aurait une trêve d'attaques politiques au jour de la rencontre au sommet sur la francophonie convoquée par Justin Trudeau, mais tout juste avant la réunion, le premier ministre a décoché des flèches à l'endroit de son adversaire Andrew Scheer.

Lors de la période de questions en Chambre, à environ une heure de la rencontre, le chef libéral a reproché à son vis-à-vis conservateur d'avoir échoué à le questionner assez promptement «sur cet enjeu important».

«Ça fait quatorze jours que le gouvernement conservateur en Ontario a sabré dans les services aux francophones, ça fait quatorze jours que le chef de l'opposition ne me pose pas une question», a lâché Justin Trudeau.

En matinée, à son arrivée au parlement, il disait qu'il comptait «écouter» ce que les autres chefs de parti avaient à dire sur la francophonie et rappeler que le fédéral doit toujours veiller au grain à ce chapitre.

«Ça va être une occasion pour moi de renforcer le fait qu'au fédéral, on doit toujours être là pour défendre les minorités de langues officielles au pays», a-t-il exposé en mêlée de presse, disant avoir perçu un «désir d'être positif» de la part «de tous les partis».

Le premier ministre Trudeau échangera mercredi après-midi avec le conservateur Andrew Scheer, le néo-démocrate Jagmeet Singh, Elizabeth May du Parti vert et le chef bloquiste intérimaire Mario Beaulieu.

Il s'est montré avare de détails lorsqu'on lui a demandé quels résultats concrets pourraient découler de cet entretien entre leaders.

«D'abord, je vais écouter. C'est les différents chefs qui ont demandé cette rencontre-là; je veux bien entendre leurs préoccupations et regarder quelles options on va avoir», a fait valoir Justin Trudeau avant la rencontre hebdomadaire de son caucus.

La rencontre au sommet à Ottawa sur la francophonie avait été réclamée par le chef Scheer. Les conservateurs ont aussi fait adopter lundi en Chambre une motion pour réclamer «un plan» d'ici le 1er décembre.

Mais selon la ministre Mélanie Joly, un plan est déjà en place: il s'agit du Plan d'action 2018-2023 sur les langues officielles. Déposé en mars dernier, il est assorti d'un financement de 2,7 milliards $, a-t-elle rappelé en mêlée de presse, mercredi.

La réunion survient dans la foulée des compressions imposées par gouvernement ontarien de Doug Ford aux services en français dans la province, lesquelles ont provoqué une levée de boucliers dans l'ensemble de la francophonie canadienne.

Le gouvernement progressiste-conservateur à Queen's Park a tendu une perche aux Franco-Ontariens en réaction au tollé provoqué par ses décisions, vendredi dernier, en fin d'après-midi, par voie de communiqué.

On y a annoncé le retour du ministère dédié aux Affaires francophones — que le premier ministre avait éliminé à son arrivée en fonction — et proposé que le poste de commissaire aux services en français soit maintenu, mais sous la houlette de l'ombudsman.

Le léger recul du gouvernement Ford n'a pas réussi à apaiser la grogne des Franco-Ontariens; aussi ont-ils maintenu leur appel aux manifestations qui ont été organisées dans environ 40 villes ontariennes, samedi.

La ministre Joly participera à celle qui se tiendra à Ottawa. Selon le député conservateur Alain Rayes, des conservateurs seront aussi sur place.