POLITIQUE
26/11/2018 18:15 EST | Actualisé 27/11/2018 07:39 EST

Signes religieux: Legault aurait l'appui d'une majorité de Québécois

Même en ce qui concerne les enseignants, l'appui est fort pour le projet de la CAQ.

PC/Chris Young

L'interdiction du port de signes religieux visibles par les employés de l'État, telle que prônée par la Coalition avenir Québec, recueillerait l'appui d'une grande majorité de la population, selon un sondage mené par la maison CROP pour le compte de Radio-Canada.

L'intention du premier ministre François Legault d'interdire les signes religieux non seulement chez les représentants de l'autorité coercitive de l'État, mais aussi chez les enseignants, est loin de faire consensus à l'Assemblée nationale. Ce sondage rendu public lundi laisse toutefois croire que la population y donnerait son aval.

Pas moins de 72 pour cent des répondants se sont dits en accord avec l'idée que cette interdiction soit appliquée aux juges. Dans le cas des enseignants du primaire et du secondaire, cette proportion recule, mais demeure largement majoritaire, avec un taux d'appui de 65 pour cent.

L'application de l'interdit aux policiers a suscité l'approbation de 71 pour cent des répondants, tout comme dans le cas des procureurs. Pour ce qui est des gardiens de prison, ce taux s'abaisse à 67 pour cent.

M. Legault, qui présentait auparavant la question comme une de ses priorités, compte déposer un projet de loi en ce sens au printemps.

Le sort des récalcitrants divise

Toutefois, la population ne partagerait pas aussi largement la position de la CAQ selon laquelle les employés refusant d'obtempérer devraient être relocalisés ou carrément licenciés.

À LIRE AUSSI:


Seulement 49 pour cent des répondants se sont montrés favorables au congédiement des employés récalcitrants, tandis que 35 pour cent souhaitent la mise en place d'une "clause grand-père" qui protégerait les droits acquis des personnes déjà à l'embauche de l'État.

Indécision autour du crucifix

Le maintien du crucifix à l'Assemblée nationale semble également faire hésiter les personnes interrogées.

Son retrait est préconisé par 28 pour cent des répondants, tandis que 55 pour cent d'entre eux s'y opposent. Pas moins de 17 pour cent des personnes sondées ont préféré ne pas trancher.

La statuette alimente les débats sur la laïcité depuis près d'une décennie au Québec. Rappelons que le rapport de la commission Bouchard-Taylor recommandait qu'elle soit déplacée vers l'hôtel du Parlement pour mettre l'accent sur sa valeur patrimoniale.

Pour sa part, François Legault ne compte pas retirer ce fameux crucifix, accroché au-dessus du trône du président au Salon bleu depuis l'époque du premier ministre Maurice Duplessis.

Les sympathisants libéraux plus frileux

Le ministre responsable du dossier de la laïcité, Simon Jolin-Barrette, martèle que le mandat majoritaire de la CAQ démontre qu'elle a gagné l'assentiment de la population à ce chapitre. Les résultats du sondage CROP indiquent cependant que les sympathisants du Parti québécois sont plus susceptibles d'adhérer à la vision du gouvernement de François Legault.

Dans le cas des procureurs de la Couronne, par exemple, 91 pour cent des électeurs péquistes se disent en faveur de prohiber le port de signes religieux visibles, contre 82 pour cent des électeurs caquistes.

Les Québécois les moins réceptifs au projet du gouvernement Legault auraient pour leur part voté pour le Parti libéral aux dernières élections.

Il s'agit d'ailleurs de l'unique formation dont les partisans s'opposent majoritairement à l'interdiction des signes religieux pour les enseignants, soit dans une proportion de 49 pour cent.

Moins d'ardeur à Montréal et chez les jeunes

Même si les Montréalais appuyaient également en grand nombre ces mesures, les tenants de la ligne dure se trouveraient surtout en dehors de la métropole.

L'interdiction des signes religieux pour les enseignants a obtenu l'appui de 58 des répondants établis à Montréal, contre 72 pour cent des répondants vivant à l'extérieur de la région métropolitaine.

Les jeunes feraient également preuve d'un peu plus de réticence.

Seulement la moitié des répondants âgés de 18 à 34 se sont dits en accord avec cet élargissement aux enseignants, comparativement à 70 pour cent des répondants âgés de 35 ans et plus.

Le sondage a été réalisé auprès d'un panel web de 1000 Québécois adultes, du 14 au 19 novembre. Les experts en recherche et en méthodologie jugent qu'il est impossible d'attribuer une marge d'erreur à un sondage mené en ligne, puisque la méthode d'échantillonnage est non probabiliste.