POLITIQUE
23/11/2018 11:04 EST | Actualisé 23/11/2018 11:25 EST

Postes Canada: la loi spéciale, un geste inconstitutionnel selon le mouvement syndical

Le gouvernement prévoit une adoption de la loi vendredi soir ou tôt samedi matin.

Carlos Osorio / Reuters
Des employés de Postes Canada ont manifesté devant un centre de tri à Toronto, mercredi.

Alors que les parlementaires fédéraux s'apprêtaient à forcer la fin des grèves tournantes à Postes Canada, le mouvement syndical a accusé le gouvernement de poser ainsi un geste inconstitutionnel.

Le président du Congrès du travail du Canada (CTC) et celui du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) ont tenu une conférence de presse vendredi matin, dans un édifice parlementaire, au moment où les députés des Communes reprenaient le débat pour une adoption rapide d'un projet de loi spéciale.

Hassan Yussuf, le président du CTC, a entamé la conférence de presse en rappelant que la Cour suprême a déjà jugé inconstitutionnelle une loi de retour au travail.

"Une leçon aurait dû être apprise", a souligné M. Yussuf.

Vous n'avez pas besoin de violer les droits des travailleurs.Mike Palecek, président du STTP

À l'étage au-dessus, dans la Chambre des communes, les députés néo-démocrates faisaient écho aux remontrances des syndicats pendant que la ministre du Travail Patricia Hajdu arguait qu'il était nécessaire d'adopter une motion qui assurera un vote très rapide sur le projet de loi.

Le gouvernement prévoyait une adoption de la loi vendredi soir ou tôt samedi matin et les sénateurs étaient prêts à siéger samedi et dimanche pour compléter le travail.

Le gouvernement assure qu'il est encore possible pour l'employeur et le syndicat de s'entendre. "Nous croyons dans le processus de négociation collective", a répété la ministre Hajdu en Chambre.

"La loi spéciale n'aide pas Postes Canada à être motivé à régler la situation", lui a répondu depuis la conférence de presse du STTP Nancy Beauchamp, une négociatrice du syndicat.

Et Mme Beauchamp et ses collègues n'en resteront pas là.

"Nous serons de retour devant les tribunaux. Et nous obtiendrons un jugement des cours qui, encore une fois, conclura que le gouvernement a violé un droit fondamental de la Constitution (...) le droit à la grève", a dit M. Yussuf.

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M. Palecek, lui, songe à des actions plus rapides. "Nous ne sommes pas d'humeur à accepter un autre viol de nos droits constitutionnels. (...) Nous avons toutes sortes de façon de mettre de la pression sur ce gouvernement. Nous nous mobiliserons dans les rues s'il le faut", a averti le président du STTP.

Les grèves tournantes des employés de Postes Canada touchaient vendredi Ottawa, la ville de Sherbrooke, au Québec, et de petites villes de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

Postes Canada calcule qu'il faudra plusieurs semaines pour dégager le courrier qui s'accumule, surtout dans de grands centres de distribution comme Toronto, Montréal et Vancouver. Le syndicat, lui, assure qu'il n'y a pas d'accumulation importante malgré les arrêts de travail.

La convention collective actuelle est expirée depuis le 31 décembre 2017.