POLITIQUE
23/11/2018 07:41 EST | Actualisé 23/11/2018 14:25 EST

Le Parti québécois et Québec solidaire obtiendront le statut de groupe parlementaire

Une entente de principe a été conclue jeudi soir.

La Presse canadienne/montage HuffPost Québec
Manon Massé de Québec solidaire et Pascal Bérubé du Parti québécois.

QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) ont gagné leur pari, en obtenant le statut de groupe parlementaire reconnu à l'Assemblée nationale, et ce, même s'ils ne se qualifiaient pas selon les règles établies.

Ce statut permettra à chacun des deux partis d'opposition de bénéficier d'un budget de 1,6 million $ pour embaucher du personnel, d'assurer leur présence et leur droit de vote à toutes les commissions parlementaires et d'acquérir un temps de parole accru durant la période de questions.

À quelques détails près, le PQ et QS auront exactement les mêmes droits, budgets et privilèges.

Si les partis n'avaient pas réussi à s'entendre avec le gouvernement et l'opposition officielle, chaque député aurait eu un statut d'élu indépendant, freinant ainsi la bonne marche des travaux parlementaires.

Car le gouvernement aurait alors été obligé, à chaque initiative, pour l'adoption d'une simple motion par exemple, de négocier avec chacun des 21 députés indépendants (les 10 péquistes, les 10 solidaires et le député de Chomedey, Guy Ouellette). Il avait donc intérêt à discuter avec l'opposition pour faire fonctionner la Chambre.

Après plusieurs heures de négociation, l'entente de principe entre l'opposition et le gouvernement a été conclue jeudi soir et l'entente finale doit être ratifiée jeudi prochain lors de la reprise des Affaires courantes.

"Pour nous, ça change tout, dans la mesure où, par exemple, ça va nous permettre d'intervenir à chaque jour lors de la période de questions. C'est quelque chose que Québec solidaire ne pouvait pas faire auparavant avec trois députés", a commenté en entrevue téléphonique le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui entend bien faire sa marque au quotidien, désormais, dans l'actualité politique.

Selon les règles en vigueur, pour être un parti reconnu à l'Assemblée nationale, il faut avoir obtenu 12 sièges ou 20 pour cent du vote populaire.

Or, le PQ n'a conservé que 10 sièges et 17 pour cent du vote, tandis que QS a eu 10 sièges et 16 pour cent du vote.

"Ce qui était majeur pour nous, c'était notre présence sur les commissions" parlementaires, a observé en entrevue le whip et président du caucus péquiste, Harold Lebel.

Il s'est dit très satisfait de la collaboration des représentants des quatre partis pour en arriver à un accord. "Vraiment, tout le monde était de bonne foi", dit-il.

Reprise mardi

Les travaux parlementaires reprennent mardi, pour seulement deux semaines, avec l'élection du président de l'Assemblée nationale, un poste qui reviendra au député de Lévis, François Paradis. On s'attend à ce que les vice-présidents soient le député de Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, et la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy. Une troisième vice-présidente, qui doit être issue des rangs de l'opposition officielle, sera la députée de Hull, Maryse Gaudreault.

Le premier ministre François Legault prononcera son discours inaugural mercredi et devra affronter les questions de l'opposition à compter de jeudi.

Qui sera l'opposition officielle?

L'opposition officielle appartient au Parti libéral du Québec (PLQ), avec 29 députés, mais Québec solidaire entend jouer, dans les faits, le véritable rôle d'opposition officielle.

QS compte bien tirer avantage du fait que le PLQ et le PQ sont des partis en "restructuration", devant consacrer dans les prochaines années beaucoup d'énergie à trouver un nouveau chef.

"Le parti qui sera vraiment en mesure de s'opposer de manière constante au gouvernement, c'est Québec solidaire", a fait valoir M. Nadeau-Dubois, convaincu que l'entente signée jeudi lui permettra d'aller en ce sens.

"Nous, on est en croissance et non en décroissance, ça nous donne beaucoup de momentum", selon lui.

La courte session parlementaire prendra fin le 7 décembre.

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