POLITIQUE
21/11/2018 14:25 EST | Actualisé 21/11/2018 16:30 EST

Travailleurs ontariens au Québec : François Legault répond à Bernard «Rambo» Gauthier

C'est à prendre ou à laisser, dit le premier ministre.

Le projet de construire des barrages hydroélectriques n'ira pas de l'avant sans l'aval de l'Ontario, dit Legault.
La Presse canadienne
Le projet de construire des barrages hydroélectriques n'ira pas de l'avant sans l'aval de l'Ontario, dit Legault.

QUÉBEC – Le premier ministre François Legault n'est pas impressionné par les menaces du syndicaliste Bernard «Rambo» Gauthier concernant l'hypothétique afflux de travailleurs ontariens au Québec pour la construction de barrages électriques.

«Il y a deux possibilités : il n'y a pas de barrages et il n'y a pas d'emplois, ni au Québec ni en Ontario, ou il y a des nouveaux barrages, on sert l'Ontario et il y a des emplois au Québec et en Ontario. Qu'est-ce que vous préférez?» a rétorqué le premier ministre.

L'Ontario se prépare à investir environ 20 milliards de dollars pour rénover des centrales nucléaires dans la province. M. Legault aimerait plutôt convaincre le premier ministre ontarien Doug Ford d'acheter de l'hydroélectricité québécoise à faible coût.

Or, la rénovation des centrales nucléaires va créer de bons emplois dans la province voisine. M. Legault a donc offert à M. Ford d'embaucher des travailleurs de l'Ontario afin de construire des barrages hydroélectriques au Québec de concert avec les travailleurs québécois.

La Presse Canadienne
Le syndicaliste Bernard Gauthier a été acquitté pour avoir participé au blocus du chantier de la rivière Romaine.

Le premier ministre du Québec précise qu'on parle d'«emplois qui, de toute façon, ne seraient pas créés si on n'a pas d'entente avec l'Ontario».

M. Gauthier, reconnu pour son franc-parler, a vivement dénoncé cette proposition sur les réseaux sociaux et a accusé le gouvernement Legault de ne pas avoir consulté «les principaux intéressés» avant de suggérer l'idée à M. Ford.

La FTQ Construction a également sauté dans l'arène, en demandant à M. Legault d'engager la main d'œuvre québécoise en priorité pour ses futurs projets de barrages hydroélectriques.

«Les syndicats, on leur dit : vous avez une partie des emplois ou vous n'avez pas d'emplois du tout», a répondu M. Legault, qui précise qu'il n'y a pas d'ouverture de la part de l'Ontario de toute manière à l'heure actuelle.

L'opposition attaque le vernis nationaliste de la CAQ

Les libéraux estiment qu'il est «inquiétant» d'apprendre des détails sur la «Baie-James du 21e siècle» au compte-gouttes et après la rencontre entre les premiers ministres Legault et Ford.

L'opposition officielle s'inquiète aussi de voir le gouvernement Legault confier le développement de nouveaux barrages à des travailleurs ontariens, entre autres, et de laisser une marge de manœuvre aussi importante à l'Ontario.

Selon le porte-parole libéral en matière d'Énergie et de Ressources naturelles, Saul Polo, il est «hors de question de céder une partie de notre plus importante ressource naturelle à une autre province».

«On n'a pas besoin de l'Ontario», renchérit le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé. «L'Ontario est suffisamment gagnante des ententes qu'elle a avec nous, puis on est capables de faire nos choses.»

«Ça aussi, c'est du nationalisme, privilégier les nôtres», ajoute M. Bérubé.

Sa collègue Lorraine Richard, députée de Duplessis sur la Côte-Nord, doute que M. Legault veuille entamer une «guerre» avec les travailleurs de la région et se retrouver à gérer des chantiers «bloqués».

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