POLITIQUE
21/11/2018 15:46 EST | Actualisé 21/11/2018 15:46 EST

Le bien-être des tout-petits, une responsabilité partagée, selon les Québécois

Selon les personnes interrogées, la plus lourde responsabilité — hormis les parents — est sur les épaules des gouvernements.

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Pour une majorité de Québécois, le bien-être des tout-petits n'est pas qu'une responsabilité parentale, mais plutôt une responsabilité partagée avec le gouvernement, les municipalités et les employeurs, ressort-il d'un récent coup de sonde de l'Observatoire des tout-petits.

Le récent sondage populationnel «Les attentes des Québécois sur l'importance à accorder à la petite enfance» a été réalisé par la firme Léger pour le compte de l'Observatoire des tout-petits, un projet de la Fondation Lucie et André Chagnon.

Selon les résultats, 61 pour cent des répondants estiment que le développement des enfants de 0 à 5 ans est une responsabilité partagée, alors que 19 pour cent sont d'avis qu'il s'agit d'une responsabilité surtout individuelle et 16 pour cent croient qu'il s'agit d'une responsabilité surtout collective.

«Cela démontre que les Québécois sont conscients que les parents ne sont pas les seuls à pouvoir assurer leur développement», a déclaré en entrevue Fannie Dagenais, directrice de l'Observatoire.

Selon les personnes interrogées, la plus lourde responsabilité — hormis les parents — est sur les épaules des gouvernements: c'est du moins l'avis de 87 pour cent des répondants. Puis, 76 pour cent estiment important que les municipalités en fassent plus pour favoriser le bien-être et le développement des 0 à 5 ans, suivi des employeurs à 73 pour cent.

Parmi les mesures de conciliation travail-famille les plus intéressantes notées par les répondants, celle qui arrive en tête est la suivante : que le gouvernement adopte des lois pour que les entreprises favorisent la conciliation travail-famille, peu importe le niveau de scolarité des travailleurs ou les horaires de travail.

Des parents moins disponibles sont moins patients, ont moins le temps pour des activités avec les enfants et cela fait un cadre de vie plus stressant pour les tout-petits, note la directrice de l'Observatoire.

Les municipalités ont aussi un rôle à jouer, même au niveau de la réussite éducative, relève Mme Dagenais. Elle cite en exemple les ateliers d'éveil à la lecture et l'heure du conte, offerts par de nombreuses bibliothèques.

Les répondants souhaitent aussi que les municipalités en fassent plus pour l'accès aux logements sociaux.

Il ressort aussi du coup de sonde que les personnes sondées pensent, plus qu'avant, qu'on devrait en faire plus au Québec pour les tout-petits.

Selon les résultats, 62 pour cent des personnes sondées trouvent qu'on n'en fait pas assez pour les 0-5 ans, alors que trois ans plus tôt, lors du même sondage, ils n'étaient que 38 pour cent à être de cet avis.

Pourquoi ce changement? Difficile à dire, répond Fannie Dagenais, directrice de l'Observatoire. «Mais ce qu'on sait, c'est qu'on en a parlé de plus en plus dans les médias et dans l'espace public ces dernières années. Il y a un niveau de sensibilisation plus élevé.»

Ce qui devait être fait pour assurer le bon développement des tout-petits a aussi été beaucoup abordé lors de la récente campagne électorale québécoise.

Le coup de sonde a été mené auprès de 1260 personnes, du 2 au 11 octobre.

Il a été fait pour mesurer l'évolution de l'importance la petite enfance pour les Québécois, a indiqué Mme Dagenais. «Et il s'agit d'une priorité grandissante», dégage-t-elle des résultats. «Les Québécois souhaitent qu'on en fasse plus, dit-elle, et tous les acteurs de la société sont interpellés.»