DIVERTISSEMENT
20/11/2018 21:45 EST | Actualisé 20/11/2018 22:33 EST

Marc Fournier beaucoup plus sympathique que l’irritant Yves Jacob de «District 31»

«Si vous pensiez que Jacob était picosseux, vous n’avez encore rien vu.»

Marc Fournier est enquêteur aux affaires internes du SPGM, dans «District 31».
Line Lampron
Marc Fournier est enquêteur aux affaires internes du SPGM, dans «District 31».

Qu'on se rassure tout de suite, le comédien Marc Fournier est infiniment plus sympathique que son personnage d'Yves Jacob dans la populaire série District 31. Celui qui a plongé dans l'univers du jeu «sur le tard», mais qui souhaitait devenir acteur depuis toujours, se révèle enthousiaste, généreux, vrai et engagé.

Devenir comédien

Père d'un garçon de 10 ans et d'une fille de 14 ans (qu'on a notamment pu voir interpréter la petite Pascaline malade lors de quelques saisons d'Unité 9), Marc Fournier était déjà âgé de 30 ans lorsqu'il «a commencé à prendre sa vocation d'acteur en main».

«Je venais d'avoir ma fille, je travaillais dans la restauration et j'en avais assez, explique-t-il. Je me suis dit: c'est maintenant ou jamais. Je voulais que ma fille voie que son père avait poursuivi ses rêves.»

Intéressé et initié au jeu alors qu'il est plus jeune (des courts-métrages réalisés avec des amis pour le plaisir, un peu de théâtre à Trois-Rivières), il bifurque pourtant vers des études de droit.

«Après le cégep, j'avais des amis qui allaient étudier en art dramatique, mais j'étais trop peureux pour les suivre, avoue-t-il. Je suis déménagé à Montréal et j'ai adoré mes études en droit pendant lesquelles je jouais aussi dans un groupe rock, tout en portant des dreadlocks.»

Son intérêt pour l'humain mène celui qui a toujours été « difficile à mettre dans une case » à se diriger vers le droit social et de la famille.

J'ai toujours aimé explorer des affaires et c'est sans doute ce qui a fait qu'être comédien est devenu la seule option possible. Marc Fournier

«Un jour, je peux être un docteur, un autre, un policier ou encore un criminel. Je peux ainsi visiter diverses facettes de l'être humain.»

C'est en 2003 qu'il se lance. «Je devais trouver comment arriver à me former pour être considéré comme un comédien, malgré le fait que je n'avais pas fait les écoles de théâtre et que j'arrivais à 30 ans. J'ai fait tous les ateliers possibles: de jeu, caméra, danse, jeu physique, diction...»

Le déclic le plus important se produit entre 2010 et 2012, alors qu'il rencontre «une gang qui faisait du court-métrage et qui donne lieu à l'une des premières web-séries: Temps mort.» Il fait ensuite partie de la distribution de Manigances, une autre série web qui rafle des prix à l'international puis travaille avec l'auteur Patrick Senécal sur la série - toujours web - La Reine Rouge.

«J'avais toujours rêvé de jouer dans du cinéma de genre et ces trois séries ont vraiment été une belle école, poursuit-il. On tournait avec les moyens du bord, on participait à toutes les facettes de la production. Je me suis trouvé une gang, mes frères Cohen, avec qui je continue de vouloir faire des projets. Plein de rôles ont ensuite déboulé : de petites présences dans des séries (Le Gentleman 3) et des films (9, le film, La mise à l'aveugle). J'ai été béni des Dieux, je dirais, ou du moins le travail que j'ai investi a porté ses fruits.»

Le phénomène District 31

Si Marc Fournier est passé à deux doigts de refuser le rôle d'Yves Jacob, c'est que le comédien fan d'Omerta et de Luc Dionne préférait attendre un personnage qui serait présent sur une plus longue période dans la série. «Au départ, on disait que Jacob ne serait peut-être là que pour 2 épisodes, mais la directrice de casting m'a convaincu d'accepter de jouer ce personnage qu'elle croyait là pour rester.»

Jouer un trouble-fête, le comédien friand de personnages empreints de zones d'ombre adore cela. «Dans une histoire, si tu n'as personne pour mettre dans bâtons dans les roues des héros, il n'y a rien qui se passe. J'aime le côté ni blanc ni noir de ce genre de personnage. Et comme je ne suis pas baveux comme ça dans la vie, cela me permet d'aller au bout de ce genre d'émotion et de rentrer à la maison tout joyeux.»

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Celui qui se fait désormais reconnaître et aborder au café ou à l'aréna se dit touché par la renommée venant avec sa participation à cette populaire série. Et heureux d'avoir bâti tout cela tranquillement, à son rythme.

«On m'aborde de façon très sympathique, même si c'est pour me dire qu'on n'aime pas la face de mon personnage, dit-il en riant. Cela veut dire qu'on fait se questionner les gens, quelque part. Surtout avec un individu comme Yves Jacob qui s'attaque aux personnages les plus aimés de la série qui font des gaffes. Cela met les spectateurs dans une position de questionnement et j'adore cela. Et puis, Luc Dionne est tordu, c'est incroyable ! Je crois que la finale qu'il envisage avant Noël va déménager.»

Cette nouvelle notoriété lui permet aussi de mettre en lumière certains enjeux qui le préoccupent tels le rapport aux changements climatiques, les choix à faire en tant que société, la place des Premières nations et la culture québécoise qu'il souhaite voir être davantage mise de l'avant.

En attendant, Marc Fournier se permet d'imaginer de beaux rôles au cinéma (il rêve de jouer pour Robert Morin et André Forcier) et au théâtre. «Je prends le rôle qui m'a été donné et j'en fais mon rôle de rêve, d'une certaine façon.»

On retrouvera Marc Fournier prochainement au grand écran dans les films Rustic Oracle et Tu te souviendras de moi.