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19/11/2018 09:06 EST | Actualisé 19/11/2018 14:18 EST

Le syndicat refuse la trêve proposée par Postes Canada

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes réclame plutôt la poursuite de la négociation.

La semaine dernière, des syndiqués ont manifesté devant un bâtiment de Postes Canada à Saint-Laurent à Montréal.
Ryan Remiorz/La Presse canadienne
La semaine dernière, des syndiqués ont manifesté devant un bâtiment de Postes Canada à Saint-Laurent à Montréal.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes rejette la demande de trêve de Postes Canada, qui souhaitait obtenir une accalmie pour reprendre la médiation.

La proposition de trêve, qualifiée de "période de restriction", a été faite lundi matin par l'employeur par voie de communiqué.

Postes Canada proposait que, durant cette période prévue jusqu'au 31 janvier 2019, le STTP suspendrait tout moyen de pression, incluant les grèves tournantes, et la société n'imposerait pas de lock-out.

L'objectif de la société de la Couronne était de permettre aux deux parties de "reprendre la médiation et amorcer un processus qui mènerait à une résolution définitive".

En l'absence de règlement au 31 janvier, l'employeur entendait réclamer l'arbitrage obligatoire.

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Avant même la réponse de l'exécutif syndical, une porte-parole avait fait part d'un certain scepticisme en entrevue avec La Presse canadienne, faisant valoir que les moyens de pression des syndiqués étaient justement ce qui avait fait tourner le vent après plusieurs mois d'immobilisme de la partie patronale.

"La semaine dernière (mercredi le 14 novembre), c'était la première fois que Postes Canada faisait une offre dans laquelle il y avait certaines avancées. Pourquoi ne l'ont-ils par fait avant?", s'interrogeait Lise-Lyne Gélineau, présidente de la section locale de Montréal du STTP.

"Nous avons fait deux contre-offres samedi, auxquelles ils n'ont pas répondu, et ils arrivent avec cette demande de trêve ce matin", avait-elle fait valoir.

Dans un communiqué diffusé en début d'après-midi, le président national du STTP, Mike Palecek, affirme de plus que le syndicat "n'acceptera pas l'arbitrage obligatoire pour régler nos différends avec Postes Canada" et réclame plutôt la poursuite de la négociation.

Mike Palecek soutient que le syndicat n'a aucune intention de nuire à la population, mais reproche à Postes Canada d'exiger un retour au travail "à la période la plus achalandée et la plus stressante de l'année, et ce, dans les mêmes conditions qui donnent lieu au taux d'accidents du travail le plus élevé du secteur fédéral".

Postes Canada ajoutait dans son communiqué qu'il s'agissait "de la dernière chance (...) de traiter le courrier accumulé avant que l'avalanche de colis des Fêtes ne frappe ses établissements".

Lise-Lyne Gélineau réplique que, même si le centre de tri de Montréal a accumulé beaucoup de volume, "on pourrait réussir à passer au travers si on avait une entente négociée".

Postes Canada proposait également un paiement spécial allant jusqu'à 1000 $ aux employés représentés par le STTP à la fin de janvier si aucun arrêt de travail n'était déclenché d'ici là et le rétablissement des deux conventions collectives du STTP, incluant tous les avantages sociaux, pour la durée de la période de restriction.

Les grèves tournantes du STTP touchaient lundi la Colombie-Britannique, l'Alberta et l'Ontario. Des piquets de grève avaient notamment été installés à Kelowna, à Edmonton, à Kitchener et à Scarborough.