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19/11/2018 11:37 EST | Actualisé 19/11/2018 11:41 EST

10 ans de prison pour une auteure chinoise pour des écrits homoérotiques

Quand des romans sont punis plus sévèrement qu'un viol...

DmitryTkachev via Getty Images

Une écrivaine chinoise a été condamnée à 10 ans de prison pour avoir rédigé un roman contenant des scènes crues de sexe entre homosexuels et avoir diffusé des milliers d'ouvrages homoérotiques, un jugement considéré comme sévère même en Chine, a rapporté le quotidien Global Times.

L'auteure, dont le nom de plume est Tianyi, a attiré l'attention des autorités après que l'un de ses livres, décrivant une relation sexuelle entre un professeur et son étudiant, Gongzhan, soit devenu viral l'année dernière, a expliqué le journal.

En plus de Gongzhan, Tianyi a diffusé quelque 7000 livres «pornographiques», la plupart liés à l'homosexualité, qui lui ont permis d'encaisser 150 000 yuans (28 500 dollars canadiens) de «profits illégaux», selon la police de Wuhu, une ville de la province de l'Anhui (est), citée par le Global Times.

Elle a fait appel de sa condamnation prononcée le 31 octobre, selon des médias locaux.

La peine dont elle a écopée a été vivement critiquée sur le site de microblogs chinois Weibo, dont bon nombre d'utilisateurs soulignaient qu'elle était aussi lourde que pour des crimes comme le viol - passible de 3 à 10 ans de prison.

«Nous ne nions pas son crime, c'est juste que nous n'acceptons pas ce genre de jugement déraisonnable», a écrit un utilisateur, s'attirant plus de 5000 mentions «j'aime» et 1000 partages de son message.

Les romans homoérotiques ne sont pas rares en Chine et sont facilement accessibles en ligne. Mais sont passibles de poursuites criminelles ceux qui retirent de leur production ou de leur diffusion plus de 50 000 yuans (9500 dollars canadiens).

Le sujet peine en revanche à gagner le théâtre ou le cinéma. Il est même proscrit à la télévision et sur les plateformes de streaming, même si l'homosexualité a cessé d'être officiellement considérée comme un crime en 1997 et comme une maladie mentale en 2001.

Ces dernières semaines, Pékin a accru la répression des «publications illégales» en ligne, vaste catégorie incluant la pornographie comme les ouvrages «mettant en danger l'unité nationale» ou «perturbant l'ordre social».

Les autorités ont ainsi accru les récompenses pécuniaires pour ceux qui leur signalent des publications «illégales»: elles peuvent désormais atteindre jusqu'à 600 000 yuans (114 200 dollars canadiens).

L'Administration nationale du cyberespace a annoncé le 5 novembre avoir «nettoyé» 9800 comptes sur les réseaux sociaux chinois, les accusant de propager des rumeurs ou informations «politiquement nocives».

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