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18/11/2018 08:08 EST | Actualisé 19/11/2018 08:39 EST

Postes Canada: le syndicat veut un médiateur

La menace d'une loi spéciale se profile à l'horizon. Ottawa pourrait forcer un retour au travail.

Cole Burston/Bloomberg via Getty Images

Après avoir rejeté la dernière offre contractuelle de Postes Canada, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) demande au gouvernement fédéral de nommer de nouveau un médiateur pour tenter de résoudre le conflit.

Postes Canada avait fait une proposition au syndicat de ses 50 000 employés mercredi dernier, dont l'échéance avait été fixée à samedi soir, minuit.

Une porte-parole de la ministre du Travail Patty Hajdu a refusé de dire si Ottawa acquiescerait à la demande d'un nouveau médiateur, disant simplement que le fait que les deux parties soient toujours déterminées à trouver une solution reste un bon signe.

"Nous sommes encouragés par la poursuite des discussions et continuerons d'examiner toutes les options pour trouver une solution", a affirmé Véronique Simard par courriel.

En soirée, le syndicat a indiqué que la ministre n'avait pas répondu à sa demande.

Le premier ministre Justin Trudeau y est allé samedi soir d'un appel de dernière minute aux deux parties, quelques heures avant l'expiration fixée par la société d'État pour ses plus récentes "offres finales". Sur Twitter, M. Trudeau a évoqué l'arrivée de la saison des achats des Fêtes et a exhorté les deux parties "à résoudre leurs différends rapidement et à conclure une entente".

Toutefois, à la fin du délai fixé pour les offres, le syndicat a publié un communiqué dans lequel il a répondu en présentant "une offre globale qui répond à nos besoins et à nos revendications".

Le STTP avait déclaré vendredi que les nouvelles propositions de Postes Canada constituaient des avancées positives, mais insuffisantes pour mettre fin aux grèves tournantes qui ont entraîné l'interruption des activités postales dans plus de 200 collectivités, créant ainsi un important arriéré de courrier. Le STTP a indiqué que les offres ne feraient pas l'objet de votes des membres.

Après l'échéance, Postes Canada a déclaré dimanche qu'elle examinait "les prochaines étapes".

Dans les offres présentées cette semaine par Postes Canada, le contrat de 4 ans, d'une valeur d'environ 650 millions $, comprenait des augmentations salariales de 2 pour cent par année et une prime à la signature allant jusqu'à 1000 $ par employé. Postes Canada faisait valoir également par communiqué de "nouvelles dispositions de sécurité d'emploi" - sans dévoiler les détails -, notamment pour les facteurs ruraux et suburbains, qui ont dénoncé leur précarité, ainsi qu'un fonds de santé et sécurité de 10 millions $.

Le STTP a indiqué dimanche qu'il proposait des augmentations salariales de 2,9 pour cent pour chaque année de la convention collective. Il a aussi fait état d'une disposition selon laquelle, après 1000 heures de travail au cours d'une année financière, les employés temporaires dans les secteurs urbains passeraient à un échelon salarial supérieur.

En début de soirée, le syndicat affirmait n'avoir obtenu aucune réponse de la partie patronale.

La menace d'une loi spéciale plane toujours. Ottawa pourrait intervenir pour forcer un retour un travail.

Les grèves tournantes se poursuivent

Les grèves tournantes du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) touchaient lundi la Colombie-Britannique, l'Alberta et l'Ontario.

Le STTP a annoncé que des piquets de grève ont notamment été installés à Kelowna, à Edmonton et à Kitchener.