POLITIQUE
17/11/2018 15:25 EST | Actualisé 17/11/2018 15:25 EST

Même à 10 députés, Jean-François Lisée estime avoir «évité le pire»

L'ancien chef explique pourquoi il a senti l'urgence d'attaquer Manon Massé lors du deuxième débat en français.

Jean-François Lisée dès son arrivée à la conférence nationale des présidentes et des présidents du PQ, le 17 novembre 2018, à Montréal.
La Presse canadienne
Jean-François Lisée dès son arrivée à la conférence nationale des présidentes et des présidents du PQ, le 17 novembre 2018, à Montréal.

MONTRÉAL – Même s'il a fait élire 10 députés et a obtenu moins de 20% des voix à la dernière élection, l'ancien chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, estime avoir réussi à sauver les meubles de son parti pendant la campagne électorale.

«Je pense que globalement on a gagné la campagne, mais perdu l'élection. C'est un peu l'énigme de cette élection», a déclaré M. Lisée dès son arrivée au Conseil national des présidentes et des présidents du PQ, où ex-candidats et membres de l'exécutif ont pansé leurs plaies.

Certains candidats défaits estiment que M. Lisée a raté son attaque envers la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, lors du «Face-à-face» de TVA. Il avait alors questionné Mme Massé sur la mécanique interne du parti, ce qui lui avait valu des remontrances de l'animateur Pierre Bruneau.

«Le danger, c'était que si Québec solidaire continuait sa montée d'un point par jour, ils allaient nous dépasser une semaine avant le vote et nous allions vivre la dernière semaine en étant déclassés, en étant quatrième», a justifié M. Lisée.

Je savais que ce serait très controversé.Jean-François Lisée, ex-chef du PQ

À son avis, il était «indispensable» de passer à l'attaque pour éviter que le PQ traîne au quatrième rang lors de la dernière semaine de la campagne électorale. «Nous avons évité le pire», soutient l'ancien chef, qui a été défait dans sa propre circonscription de Rosemont.

«Je savais que ce serait très controversé, admet M. Lisée. On en débattra encore dans quelques années avec les gens que ça intéresse.»

L'ex-chef a présenté sa version des faits aux députés, anciens candidats, présidents de circonscription et membres de l'exécutif national présents au Cégep de Maisonneuve, samedi, pour ce post-mortem.

Or, les débats ont lieu à huis clos, donc les journalistes ne peuvent pas y assister.

Reconnaît-il tout de même avoir commis des erreurs qui auraient mené à la débâcle historique du PQ? «On peut toujours faire mieux», a-t-il répondu.

M. Lisée dit qu'il aura la chance d'expliquer les dessous de la campagne électorale, tel qu'il l'a vécue, dans un futur proche.