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16/11/2018 10:13 EST | Actualisé 16/11/2018 10:37 EST

Un deuxième album et une tournée remplis d'émotions pour Denis Lévesque

«J’aurais voulu que la chanson 'Perdu' existe quand j’ai arrêté de boire il y a 33 ans...»

Benoît Leroux

Il y a trois ans, Denis Levesque lançait un premier album intitulé Sous mes pas. Aujourd'hui, son second opus se présente comme le joli prétexte avoué par l'animateur de monter sur scène et de partir en tournée. Merci à Michel Drucker qui, en livrant le secret de son énergie renouvelée sur scène, n'avait aucune idée qu'il allait inspirer Denis Lévesque à composer Ça va aller.

Parlez-moi de ce deuxième album que, après trois ans, on n'attendait plus.

Moi non plus, je ne l'attendais plus (rires). C'est drôle la vie. Moi, monter sur scène, cela n'a jamais été un fantasme. Faire des albums non plus. J'en ai fait un pour mes enfants, car j'ai toujours fait de la musique – de la guitare, du piano -, j'ai toujours inventé des chansons. Quand j'attends lors d'un tournage, je suis toujours en train d'inventer des mélodies et quand je les trouve bonnes, je les joue au piano à la maison. J'ai fait le premier album et la réception avait été bonne. Les gens me demandaient si j'allais en faire un autre et si j'allais monter sur scène un jour et je répondais non. Un jour, Michel Francoeur qui est un ami musicien extraordinaire m'appelle et me dit qu'on doit passer du temps ensemble en studio, que j'ai une fibre musicale que je ne peux pas laisser dormir. Je dis OK, mais pour le plaisir seulement.

Qu'est-ce qui vous a fait changer d'idée alors?

Je lis le Paris Match un moment donné et c'est Michel Drucker qui monte sur scène et qui dit que cela lui fait un bien énorme. Ça l'a revigoré physiquement, ça lui a donné encore plus le goût de la télévision, c'est une cure de jouvence pour lui et cela le fait sortir de sa zone de confort. Je me suis dit : «C'est pour moi»! Cela fait 40 ans que je pratique mon métier, j'ai tout fait : la radio, la télé, les magazines, les journaux, le communautaire, l'hyper commercial, l'archi privé. Le fait qu'il présente des extraits de ses émissions et qu'il parle des coulisses lors de ses spectacles, des anecdotes dont les gens ne sont pas informés; je me suis dit OK, j'ai tellement de choses à raconter que si, pour le premier album, je ne voyais pas la pertinence d'être sur scène, pour celui-ci cela m'a sauté en plein visage.

Benoît Leroux
Denis Lévesque en studio.

Vous avez donc travaillé avec Michel Francoeur...

« Oui, je lui ai dit : on fait cet album et je vais me servir de ces chansons pour raconter ces histoires. Les chansons qui sont sur l'album sont des points de départ ou des conclusions à ce que j'ai à raconter sur scène. J'ai décidé de les écrire et de les formater, en trouvant le son qui est le mien et en racontant mon histoire. La chanson Des allées fragiles parle de mon émission et du fait d'avoir appris, pendant toutes ces années, que l'homme est bien plus compliqué que l'image qu'on s'en fait. Des fois, un démuni qui a l'air en pleine misère était peut-être un millionnaire sans qu'on ne le sache. Et peut-être que le premier ministre est beaucoup plus amical que tu penses. Tout le monde a son image, mais au-delà de l'image – à commencer par moi – il y a autre chose. »

Et que se cache-t-il derrière cette image qu'on a de vous?

Il y a quelqu'un que vous allez voir sur scène et que vous entendrez chanter. Quelqu'un de très émotif, et cela paraît en ondes, car je laisse plus aller mes émotions qu'un autre animateur. Je suis à fleur de peau. Dans la pièce Perdu, par exemple, je parle du fait que j'ai arrêté de boire il y a 33 ans. Je n'en avais jamais parlé avant l'an dernier où on m'a demandé de livrer un témoignage à la fondation Jean-Neveu, qui combat l'alcoolisme et la dépendance. Après 33 ans d'abstinence, j'ai fait ce témoignage et je me suis rendu compte de l'effet, que les gens étaient impressionnés. J'ai senti que cela pouvait aider le monde d'en parler et cette chanson est au «tu» et non au «je», car j'ai un ami avec qui j'avais arrêté de prendre un verre il y a toutes ces années, qui est mort de cela récemment, qui s'est suicidé; je pensais à lui et à d'autres amis que j'ai. J'aurais voulu que cette chanson existe quand j'ai arrêté de consommer. C'est une chanson d'espoir pour ceux qui sont dans le désespoir.

Cet album est donc une manière de vous dévoiler?

Absolument. Sur scène, je vais me dévoiler beaucoup. Je pense qu'en télévision, j'ai le show le plus éclaté en ce sens que je me souviens d'une émission où j'interviewais Hubert Reeves (on avait parlé des théories de physique quantique et de l'existence de Dieu) et ensuite, j'avais parlé avec un bénéficiaire d'aide social qui avait perdu son chien. Les deux m'intéressaient autant. Sur scène, je veux que ce soit aussi éclaté et que le spectre soit aussi large que cela. Je vais avoir des extraits, des photos, des chansons, des entrevues en direct avec des gens, il y aura de nombreuses surprises. Pascale [Wilhelmy, sa femme] montera aussi sur scène, car c'est le segment dont j'entends le plus parler à l'émission, lorsqu'elle vient me visiter.

Benoît Leroux
Denis Lévesque en studio.

Qu'est-ce qui vous rend le plus fier au sujet de cet album?

Je suis fier de l'avoir tellement assumé que je l'ai travaillé musicalement comme si c'était un vrai album de musicien. Grâce à Michel Francoeur, qui est un musicien hors norme (c'est le directeur musical de Bobby Bazini), on a beaucoup travaillé la musique. Je suis très fier de la musique. Tu peux ne pas aimer le style de ce que je fais, mais tu ne peux pas dire que ce n'est pas travaillé ni senti. Il y a une guitare très Coldplay et une basse très McCartney dans ce son. Une steel guitar très George Harrison aussi. L'idée générale est un son enveloppant. On retrouve aussi des cordes.

La chanson sur laquelle on a le plus travaillé s'appelle Ça va aller, c'est la chanson éponyme. Elle dure six minutes et demie et comporte six mouvements complètement différents. Ce sont des tableaux qui présentent l'enfance, l'adolescence, la vie de jeune adulte, les crises auxquelles ont fait face en tant qu'adulte (la santé qui vacille, les enfants qui ont des problèmes...) et le moment où je suis rendu : l'âge où l'on cueille. J'ai été chanceux, car à mon stade, j'ai rencontré l'amour. D'ailleurs, la dernière strophe dit : «Un grand amour jusque-là inconnu, sans crier gare soudain est apparu, avec cette âme qu'on n'attendait plus, la vie, le déclin, la mort, ça fait moins trembler. Ça va aller». Il faut avoir l'âge que j'ai pour l'écrire.

Qu'est-ce que vous aimeriez que les gens disent de Ça va aller?

J'aimerais que les gens disent que cet album leur fait ressentir des émotions. Il y a plein d'émotions dans cet album : la bonne humeur à certains égards, le deuil à d'autres, la peur de vieillir. La chanson La lumière a été écrite après une entrevue avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard et le lendemain avec Luc Cousineau, qui a écrit Vivre en amour. Je me suis dit qu'il me fallait écrire une belle chanson entièrement positive. Pour moi, ce qu'il y a de plus positif, c'est la lumière. C'est donc une chanson bouddhiste.

Ça vous fait peur la scène ou ça vous excite?

Ça m'excite! Je l'ai essayé avant, j'ai fait une prestation caritative avec Alain Lefèvre, l'un des meilleurs pianistes au monde alors je me sentais en sécurité. J'ai chanté une chanson de Brel avec lui et cela a hyper bien été. J'ai aussi chanté l'une de mes chansons avec l'Orchestre symphonique de Longueuil qui jouait mes arrangements, c'était assez extraordinaire. Je n'ai pas été malade, j'étais juste aussi fébrile que lors d'une soirée d'élections. Je me suis dit : «OK, j'ai les nerfs pour le faire, je le fais».

Vous allez continuer de faire de la télé?

Oh oui! Je ne gagnerais pas ma vie avec la musique, on s'entend. Ce n'est que le Thrill of a Lifetime!

L'album Ça va aller est disponible dès aujourd'hui. Denis Lévesque sera de passage au Capitole de Québec le 4 avril 2019 et à l'Impérial de Montréal le 11 avril. D'autres dates sont à venir. Les billets seront mis en vente ce samedi 17 novembre.

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