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15/11/2018 14:49 EST | Actualisé 15/11/2018 14:49 EST

Un Québécois devient sorcier dans la suite des «Animaux fantastiques»

Il admet qu'il ne s'était jamais vraiment intéressé à l'univers de Harry Potter avant de plonger dans celui des «Animaux fantastiques».

THE CANADIAN PRESS/HO, Bart Soroczynski

Un Québécois né en Pologne, devenu artiste de cirque puis acteur, avant de se retrouver à espionner l'acteur britannique Eddie Redmayne dans un univers inspiré de Harry Potter.

Voilà l'heureux parcours de Bart Soroczynski, qui interprète le personnage du policier sorcier Stebbins dans «Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwald» («Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald»), de David Yates et J.K. Rowling.

C'est vers l'âge de trois ans que Bart Soroczynski est arrivé à Montréal, en compagnie de sa famille d'artistes de cirque. Son père Krzysztof a travaillé avec le Cirque du Soleil et le Cirque Éloize et a cofondé l'École de Cirque de Verdun, dont le jeune Bart a fait partie pendant toute son enfance et son adolescence.

Il a fait l'École nationale de cirque de Montréal, puis a fait la tournée du spectacle «Nomade», du Cirque Éloize, pendant cinq ans. Il a aussi eu la piqûre du jeu, ce qui l'a mené sur les planches, notamment au Royaume-Uni et en France, et à faire du cinéma, notamment dans «Son of a Fool», du Suisse Michael Finger.

Le polyglotte — il parle français, anglais, espagnol et polonais — admet qu'il ne s'était jamais vraiment intéressé à l'univers de Harry Potter avant de plonger dans celui des «Animaux fantastiques».

«J'avais vu quelques "Harry Potter", mais c'était tellement loin dans ma mémoire, donc j'ai lu pas mal pour me préparer», a-t-il confié à La Presse canadienne dans une entrevue téléphonique depuis Londres.

«Mon plus grand plaisir (a été) de parler avec des jeunes adultes qui connaissent le monde de Harry Potter. J'ai eu la chance de rencontrer des encyclopédies de Harry Potter, des gens qui connaissent par coeur ce monde-là. J'ai eu des beaux débats dans des pubs londoniens avec des jeunes pour apprendre sur l'histoire. C'est fascinant ce qu'elle a construit cette femme-là», a-t-il lancé au sujet de J.K. Rowling, qu'il a eu l'occasion de rencontrer brièvement à la fin du tournage.

«Les crimes de Grindelwald» est le deuxième chapitre des «Animaux fantastiques», série de films dérivée de l'univers de «Harry Potter», mais dont l'intrigue se déroule quelques décennies avant celles décrites dans les célèbres romans de l'écrivaine britannique.

Eddie Redmayne y tient le rôle de Norbert Dragonneau, un spécialiste des créatures magiques. Dans ce deuxième volet, il aidera son ancien professeur, un certain Albus Dumbledore (Jude Law), à mettre fin à un plan de son ennemi, Gellert Grindelwald (Johnny Depp).

Bart Soroczynski tient quant à lui ce qu'il décrit comme «un petit rôle»: celui de Stebbins, un policier qui a fréquenté l'école de Poudlard et qui travaille pour le ministère de la Magie. Il a pour mission d'espionner le personnage principal tout au long du film.

Un grand professionnel

Il garde un excellent souvenir d'Eddie Redmayne, qu'il décrit comme un véritable professionnel. Il a d'ailleurs pu constater ce professionnalisme dès son premier jour de tournage, alors qu'il tournait une scène à l'intérieur d'un bar avec Eddie Redmayne et Callum Turner, qui interprète le frère de Norbert Dragonneau.

«Tout ce que j'avais à faire pendant cette journée-là, c'était de me cacher derrière un journal. Puis, à la fin de la journée, ils ont tourné les caméras sur moi, pour me révéler derrière le journal», raconte-t-il.

L'acteur britannique, qui avait terminé de tourner pour la journée, est alors venu le voir pour lui demander s'il voulait qu'il reste à la même place, hors caméra, pendant qu'il tournait sa scène, afin de l'aider dans son jeu.

«Ça m'a étonné, parce que par lui-même, il est venu. Il n'y a personne qui lui a dit de faire ça, mais en tant que professionnel, ayant conscience que je suis aussi dans la scène, même si je n'ai pas de dialogue, il m'a demandé s'il devait rester à sa place. Ça m'a vraiment ouvert les yeux», a indiqué le Québécois, qui a finalement dit à son collègue qu'il pouvait rentrer chez lui.

Bart Soroczynski ne sait pas encore si on fera à nouveau appel à lui pour les prochains volets des «Animaux fantastiques», mais il l'espère bien. Il aimerait aussi, surtout, revenir travailler au Québec.

«Mon plus grand projet de vie, c'est de venir à Montréal et de commencer à travailler à Montréal», a-t-il confié.

Il aimerait notamment rejouer avec Marcel Sabourin, qu'il a connu sur le plateau de «Magique», du français Philippe Muyl, en 2007.

«Marcel et moi, on est devenus amis et à chaque passage à Montréal, on se rencontrait, pour se raconter un peu la vie. Marcel, c'est un grand bonhomme, il m'a toujours consacré son temps. Il a toujours pris le temps de me rencontrer. Et si je pouvais choisir quelqu'un avec qui je pouvais travailler, ce serait Marcel. Ce serait un rêve», a-t-il soufflé, ajoutant qu'il aimerait bien tourner aussi avec les réalisateurs Mathieu Roy, Xavier Dolan, Denis Villeneuve, Denys Arcand...

«Jouer un personnage québécois, ce serait énorme, c'est un autre rêve. Je viens de là, je parle la langue... Ce serait sympa de représenter un personnage du lieu d'où je viens», a-t-il conclu.

«Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwald» prendra l'affiche vendredi.