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15/11/2018 08:45 EST | Actualisé 15/11/2018 12:10 EST

Joyeux festins: le recours collectif contre McDonald's au nom de parents québécois autorisé

Si vous avez acheté un Joyeux festin pour votre enfant depuis le 15 novembre 2013, ceci pourrait vous concerner.

Les plaignants estiment que McDonald's contrevient à la loi québécoise, qui interdit la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans.
Bernard Weil via Getty Images
Les plaignants estiment que McDonald's contrevient à la loi québécoise, qui interdit la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans.

Un juge de la Cour supérieure a autorisé mercredi le recours collectif intenté au nom de parents québécois contre la chaîne de restauration rapide McDonald's.

La poursuite allègue que les présentoirs des jouets offerts avec les repas Joyeux festins pour enfants contreviennent à la loi québécoise, qui interdit la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans.

«On est très contents. C'est un dossier qui nous tient à cœur parce que c'est une question de santé publique. McDonald's semblait trouver notre demande drôle lors de l'audition, mais le juge a pris ça au sérieux. En autorisant le recours, il a montré que c'était un dossier important», a souligné l'avocat responsable du recours, Joey Zukran, à TVA Nouvelles.

L'action collective concerne tout parent qui a acheté, depuis novembre 2013, un Joyeux festin (ou un des jouets qui les accompagne) dans un restaurant McDonald's du Québec en présence de son enfant de moins de 13 ans.

Si Joey Zukran remporte son pari, la multinationale pourrait devoir rembourser le prix d'achat des jouets achetés séparément ou une portion du prix de tous les Joyeux festins vendus avec un jouet depuis 2013.

La poursuite réclame aussi une injonction pour faire disparaître des restaurants les présentoirs qui font la promotion des jouets accompagnant les Joyeux festins.

Freiner la malbouffe

Selon les plaignants, le fait que ces présentoirs soient placés à la hauteur des yeux des enfants pourrait les encourager à demander à leurs parents de leur acheter un Joyeux festin, ce qui constituerait de la publicité illégale.

David Paul Morris via Getty Images
À San Francisco, la vente de Joyeux festins incluant des jouets est interdite depuis 2010.

De son côté, McDonald's argue que les présentoirs ne constituent pas une «incitation directe» à demander un Joyeux festin.

«McDonald's du Canada vient tout juste de recevoir le jugement et prendra le temps de l'analyser avec attention. Nous connaissons nos obligations en vertu des lois sur la publicité du Québec et tenons à réitérer que nous ne croyons pas que ce recours collectif soit fondé», a indiqué la chaîne dans un courriel envoyé au HuffPost Québec jeudi matin.

«Nous sommes fiers de la relation de longue date que nous avons bâtie avec les Québécois et leurs familles, qui continuent de choisir McDonald's, et ce, depuis plus de 45 ans maintenant», y ajoute-t-on.

Le juge Pierre-C. Gagnon a pris moins de deux semaines pour rendre sa décision.

L'autorisation de la poursuite survient alors que le Sénat canadien se penche sur un projet de loi visant à restreindre le marketing de malbouffe et de boissons sucrées aux enfants. Introduit par la sénatrice Greene Raine, le projet de loi S-228 s'inspire fortement de la Loi québécoise sur la protection du consommateur.

À l'heure actuelle, dans les autres provinces canadiennes, la publicité destinée aux enfants est autorégulée par l'Initiative canadienne pour la publicité sur les aliments et les boissons destinée aux enfants, un conseil formé de géants de l'industrie alimentaire dont fait partie McDonald's.

Aux États-Unis, certaines villes dont San Francisco interdisent la vente de jouets pour enfants avec des repas qui ne respectent pas certaines normes nutritionnelles.