POLITIQUE
15/11/2018 18:17 EST | Actualisé 15/11/2018 19:06 EST

François Legault en terre conquise pour parler d'hydroélectricité

Il n'a toutefois pas passé beaucoup de temps avec les décideurs de deux États qui pourraient court-circuiter ses ambitions.

THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz

Venu vendre les surplus d'électricité du Québec en territoire conquis au Massachusetts, le premier ministre François Legault n'a toutefois pas passé beaucoup de temps avec les décideurs de deux États qui pourraient court-circuiter ses ambitions, soit le Maine et le New Hampshire.

À Boston, M. Legault a enfilé les rencontres, jeudi, notamment avec le gouverneur du Massachusetts, Charlie Baker, avec qui il veut conclure de nouvelles ententes d'exportations énergétiques, en plus de s'adresser à des gens d'affaires dans le cadre d'une allocution prononcée devant le New England Council, une association commerciale.

"Je n'exclus pas d'aller au Maine, tout comme au New Hampshire, a signalé le premier ministre, en dressant le bilan de sa mission économique, en point de presse. Je pense que pour un nouveau gouvernement, nous sommes pas mal avancés."

C'est au Massachusetts qu'Hydro-Québec a réalisé un grand coup, l'an dernier, en décrochant un contrat d'approvisionnement pour 20 ans dans le cadre d'une entente dont les revenus sont estimés à 10 milliards $.

Mais le New Hampshire a bloqué le Northern Pass en refusant d'octroyer une autorisation _ une décision qui a été portée en appel devant les tribunaux _ au projet sur lequel Hydro-Québec misait initialement pour exporter son hydroélectricité. Or, aucune rencontre avec des décideurs de cet État était à l'agenda du premier ministre.

La société d'État s'est depuis tournée vers une autre option, le New England Clean Energy Connect, afin d'acheminer l'énergie au Maine. Si la mise en service de ce projet est prévue pour 2022, la ligne de transport n'a pas encore franchi l'ensemble des étapes du processus réglementaire visant à obtenir toutes les approbations nécessaires.

"Je pense qu'il y a de 60 à 70 pour cent de chances que le projet se réalise", a dit M. Legault.

Interrogé, il a affirmé, du bout des lèvres, avoir rencontré un représentant du Maine, mercredi soir, sans en dire plus. Son entourage a par la suite précisé qu'il s'agissait d'un responsable de la transition au Maine, où le gouverneur sortant, le républicain Paul Lepage, a été battu par la démocrate Janet Mills lors des élections de mi-mandat.

M. Legault a affirmé qu'il fallait laisser le temps à cette dernière, qui sera assermentée en janvier, d'entrer en fonction.

Même si Hydro-Québec exporte annuellement 9,45 térawattheures d'électricité au Massachusetts dans le cadre de son entente de 20 ans, le premier ministre croit qu'il y d'autres occasions pour faire plus, puisqu'une centrale nucléaire doit cesser ses activités en juin prochain dans cet État.

"Il y a encore de la place, a dit M. Legault, lors d'une mêlée de presse, en milieu de journée, à la suite de sa rencontre avec M. Baker. Éric Martel (le président-directeur général d'Hydro-Québec) travaille très fort. Nous sommes en mode développement."

Lundi, M. Legault sera à Toronto afin d'y rencontrer son homologue ontarien Doug Ford. L'énergie sera encore au coeur des discussions, alors que l'Ontario envisage d'injecter 20 milliards $ dans la rénovation de ses centrales nucléaires.

Si le Québec est en mesure de conclure de nouvelles ententes d'approvisionnement à long terme au sud de la frontière ainsi qu'avec d'autres provinces, d'autres barrages pourraient être construits, croit le premier ministre.