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14/11/2018 07:21 EST | Actualisé 14/11/2018 07:28 EST

La majorité des Calgariens dit «non merci» aux Jeux olympiques de 2026

56,4 pour cent des participants au référendum ont répondu ne pas vouloir que la ville organise des JO d'hiver.

Mary Moran et Scott Hutcheson, tous deux membres du comité pour la candidature de Calgary 2026, étaient évidemment déçus du résultat.
Jeff McIntosh/La Presse canadienne
Mary Moran et Scott Hutcheson, tous deux membres du comité pour la candidature de Calgary 2026, étaient évidemment déçus du résultat.

CALGARY — La majorité des Calgariens a dit «non merci» à une candidature pour les Jeux olympiques d'hiver en 2026.

La ville avait orchestré un référendum sans engagement afin de connaître l'opinion du public par rapport à la question «êtes-vous pour ou êtes-vous contre l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2026». Parmi les 767 734 personnes pouvant participer au référendum, 304 774 ont exercé leur droit et 171 750 citoyens (56,4 pour cent des participants) ont déclaré qu'ils ne voulaient pas que la ville dépose une candidature.

«Je croyais en ce que les Jeux olympiques pouvaient faire pour notre communauté, pour notre province et notre pays, a dit le président de la société de candidature Calgary 2026, Scott Hutcheson.

Je suis déçu du résultat, mais je respecte le processus démocratique.Scott Hutcheson

Le résultat du référendum n'engage pas le conseil municipal, qui a le dernier mot, mais le vote devrait influencer sa décision. Un «non» convaincant devrait confirmer le choix d'un conseil municipal qui paraissait nerveux.

Le résultat officiel ne sera pas déclaré avant vendredi et le conseil municipal devrait commenter le résultat seulement lundi.

«Je crois que ça envoie un message fort, a dit Daniel Gauld, d'une organisation contre la présentation des Olympiques à Calgary. Je crois que le conseil devra écouter ce qui a été dit.

«Le financement provincial et fédéral n'aura pas lieu en raison de la décision prise (mardi). Ce serait un suicide politique de ne pas mettre fin à la candidature et je m'attends donc à la fin du projet.

«Mais on ne sait jamais. Les personnes du côté du 'oui', les partisans, sont très motivées et elles ont beaucoup à perdre.»

Le Comité olympique canadien (COC) et le Comité paralympique canadien (CPC) ont reconnu être déçus du résultat.

«Même si nous sommes déçus des résultats du référendum, nous sommes heureux que les gens de Calgary aient eu l'occasion de faire entendre leur voix, et nous respectons leur opinion, a dit le président du CPC, Marc-André Fabien, dans un communiqué.

«Nous savons que de nombreuses personnes ont passé de longues heures à préparer cette candidature, a-t-il ajouté. Vos efforts ne sont pas passés inaperçus et sont grandement appréciés par notre communauté. Nous vous remercions de votre travail et de votre dévouement.»

Plusieurs athlètes étaient sous le choc après l'annonce du résultat.

«J'ai le coeur brisé et je suis déçue», a dit Helen Upperton, médaillée d'argent en bobsleigh.

«J'ai une fille qui sera âgée de huit ans en 2026. Je faisais ça pour elle. Ma question maintenant pour Calgary est de savoir qu'est que nous allons faire? Quel est notre rêve? Quel sera notre grand projet?»

En comparaison, 387 306 citoyens avaient participé aux élections municipales en 2017, soit 58,1 pour cent.

Calgary a été la ville hôtesse des Jeux olympiques d'hiver de 1988. Les sites hérités de ces jeux constituaient la fondation d'une deuxième candidature potentielle.

Le référendum avait été fixé comme condition pour que le gouvernement de l'Alberta soutienne financièrement la candidature. Le gouvernement provincial payait le coût du référendum estimé à 2 millions $.

Le coût estimé de la candidature avait été fixé à 5,1 milliards $, l'investissement public demandé aux trois ordres de gouvernement s'élevant à 2,875 milliards $.

Le partage des coûts entre les gouvernements fédéral, provincial et municipal est demeuré vague pour le public jusqu'au 31 octobre, soit moins de deux semaines avant le vote.

La ville avait été invitée à verser 390 millions $, tandis que la province avait engagé 700 millions $ et le gouvernement canadien 1,45 milliard $.

La société de candidature Calgary 2026 avait précisé que les revenus des jeux couvriraient la différence.

Aucun ordre de gouvernement n'offrait de garantie contre les dépassements de coûts, mais Calgary 2026 avait prévu 1,1 milliard $ en fonds pour les imprévus dans son ébauche de plan.

«Je crois que de construire un rêve et le présenter de nos jours avec les réseaux sociaux et un mouvement populiste est un défi, a dit Hutcheson.

NurPhoto via Getty Images
Calgary avait accueilli les Jeux olympiques en 1988.

«Avec le bon rêve, la bonne ville et le bon programme, la présentation des Olympiques devrait offrir des souvenirs impérissables à une communauté. Nous n'avons pas été capables de le faire cette fois-ci.»

Le plan pour Calgary 2026 comprenait 502 millions $ pour améliorer les installations des Jeux de 1988 afin qu'ils puissent de nouveau accueillir des épreuves des Jeux olympiques.

Les deux nouveaux sites sportifs proposés étaient un stade intérieur et une patinoire de 5000 places.

Ce plan ne prévoyait aucun nouveau stade ni aréna de la taille de la LNH, même si la ville et les Flames de Calgary ont annoncé leur intention de reprendre les négociations sur la construction d'un nouvel amphithéâtre.

Le Comité international olympique avait invité Calgary, Stockholm et une candidature conjointe de Milan et Cortina d'Ampezzo à soumettre leur dossier pour 2026.

Le CIO recevra officiellement les candidatures en janvier et le scrutin pour choisir la ville hôtesse aura lieu en juin à Lausanne, en Suisse.