DIVERTISSEMENT
14/11/2018 19:08 EST | Actualisé 14/11/2018 20:59 EST

«LÉO»: le joyeux excès de Fabien Cloutier et de sa distribution de feu

Les 11 épisodes de LÉO seront disponibles sur Club illico le 15 novembre prochain dès 10h.

Sarah-Émilie Nault

On entre dans l'univers de LÉO - imaginé par le comédien Fabien Cloutier - comme on entre dans un party de Noël: amusé par les excès des convives, touché par leur candeur, séduit par leurs personnalités colorées, heureux d'y retrouver des enfants grouillants et en étant tour à tour amusé, exaspéré et ému. Inspirée de deux pièces de théâtre de l'acteur et dramaturge, la série humoristique promet des heures de plaisir légèrement coupable avec son humour à la limite de l'excès et sa distribution de feu incluant Anne Dorval, Marc Labrèche, Julien Poulin et Vincent Leclerc.

Authenticité et honnêteté

«J'en connais plein, des Léo, explique l'idéateur et interprète du personnage principal de la série Fabien Cloutier. J'ai l'impression que je suis à deux trois décisions d'en avoir été un dans ma vie. Léo est un personnage qui, au début de la quarantaine, se rend compte qu'il a peut-être été un peu trop longtemps dans un pan de sa vie qui n'était pas le meilleur. C'est un gars honnête qui a la capacité de changer et qui, lorsqu'il prend des décisions, voit les choses se passer pour vrai. C'est aussi un gars qui va se laisser brasser par les gens autour de lui, qui peut parfois sembler avoir des idées arrêtées, mais qui, lorsqu'on le brasse comme il faut, est capable d'entendre.»

«Je persiste à croire que l'intelligence, c'est justement cette capacité de changer et de se remettre en question, poursuit-il. Léo va peut-être nous grafigner un peu, mais il va aussi nous toucher et nous faire rire, car il est drôle, souvent malgré lui.»

Pour le comédien originaire de Sainte-Marie-de-Beauce, il était important de planter l'histoire de LÉO - qui se déroule dans le coloré village de Walton - dans un lieu fictif et non dans une municipalité existante de la province. «Nous voulions créer une ambiance régionale sans nous coller sur un coin du Québec, explique-t-il. Walton, c'est un village inventé comme dans un conte. Je trouve qu'il y a quelque chose de plus grand dans le mythique que dans le concret et le trop précis.»

Réalisée par Jean-François Chagnon et écrite par Fabien Cloutier, Steve Laplante, Erika Soucis et Claude Lalonde, la série mise sur l'ampleur et l'authenticité du jeu des acteurs ainsi que sur celle des personnages pour faire rire et séduire. Par le personnage de Léo aussi évidemment, qui révèle tout son charme dans son honnêteté.

«Il ne passe pas par quatre chemins, c'est rafraîchissant. Léo a vécu dans un univers d'hommes, mais les femmes sont amenées à le transformer et à le faire évoluer. J'avais envie de voir d'où il venait, ce qu'il laissait derrière lui et comment on allait le voir bouger à travers cela. Comment cela va se passer à son travail, quel genre de discussions il va avoir, la place qu'il va prendre dans le groupe - va-t-il devenir un leader par exemple ? - et à travers cela, l'évolution de sa relation avec Cindy. Je voulais que ça bouge autour de lui. Il y a de vrais liens de gens qui s'aiment dans cette série.»

Si l'histoire de LÉO est inspirée de ses pièces Cranbourne et Scotstown, Fabien Cloutier explique qu'il désirait se laisser surprendre, en tant qu'auteur, dans le processus de création et d'écriture de la série. Un processus partagé avec une équipe d'auteurs avec qui il peut «se poser des questions et aller vers des zones inattendues». «Au théâtre, Léo avait 25 ans quand je l'ai créé, ajoute-t-il. Là, il en a 40. C'est sûr qu'il vit les choses autrement, il a changé.»

Sarah-Émilie Nault

Une distribution de rêve

Il n'aura fallu que de quatre épisodes – présentés en visionnement de presse la veille de leur mise en ondes – pour tomber amoureux des personnages plus grands que nature (littéralement!) meublant l'univers de LÉO. Jessica, la coiffeuse-mairesse du village brillamment interprétée par la grande Anne Dorval, Yvon la père tout attentif de Léon personnifié par Julien Poulin, la belle Cindy (Marie-Laurence Moreau), Chabot (Steve Laplante), la gang des vainqueurs (Vincent Leclerc, Hubert Proulx, Sébastien Dubé et Luc Boucher) et les gars de la shop (allo succulent Marc Labrèche!, Mario Jean, Guillaume Cyr, Simon Lacroix et Didier Lucien).

Des enfants acteurs au jeu criant de vérité aussi, dont le jeune Elliot Léonard 9 ans et demi (Kevin), fils de l'humoriste Vincent Léonard du duo humoristique Les Denis Drolet.

«Kevin a une personnalité baveuse, explique le jeune acteur qui attaque son premier rôle à la télévision. J'ai eu beaucoup de plaisir à jouer cela. Il est un peu vulgaire, méchant, baveux, mais il a un cœur gentil bien loin au fond. Mon père m'a conseillé de ne pas être gêné, de prendre ma place. On a pratiqué ensemble les dialogues. On a choisi de leur livrer notre affaire, notre idée du personnage et ça a fonctionné. Il m'a donné plusieurs petits trucs qui m'ont aidé.»

Si une brochette fort impressionnante d'acteurs de renom a accepté de se joindre à ce projet un peu fou, c'est qu'ils ont senti, dès la première lecture du scénario, qu'aucun des personnages de LÉO n'est accessoire croit Fabien Cloutier.

«Nous pourrions facilement suivre la vie de chaque personnage, explique l'auteur. Les acteurs ont envie de jouer ce genre de personnage, même si ce sont des personnages dits secondaires (un terme que je n'aime d'ailleurs pas beaucoup). D'ailleurs, je n'ai pas peur de ce que les gens en région vont penser en découvrant les personnages de la série. Ils sont le fun et ils sont beaux les gens des régions. Chaque semaine, je croise des gens qui sont plus grands que nature. Je pense que la raison première pour laquelle les gens vont aimer les gens de Walton, c'est justement leur joie de vivre, cette franchise, cette honnêteté.»

«Tout cela part de Fabien et de son spectacle que j'avais d'ailleurs vu au théâtre, explique Julien Poulin qui personnifie le touchant et comique père de Léo. C'est toute sa sensibilité et son âme que l'on voit à travers nous. C'est ce qui a de beau dans cette série-là. C'est difficile parfois à expliquer, mais c'est comme si on sentait l'âme d'un pays, de notre pays et des Québécois dans cette série. Le public va se retrouver dans cette série, s'identifier avec toutes nos forces et nos faiblesses. Avec une grande bonté et une vulnérabilité qui est très attachante. C'est un maudit beau projet.»

Sarah-Émilie Nault

«Les Québécois, on a de la misère à s'affirmer et à être comme on est, poursuit-il. On a tendance à nous reprocher beaucoup de choses, on dirait qu'on veut nous reprocher d'être. Cette série me fait du bien, surtout dans cette période qui est pour moi, je dirais, un peu novembre. Des fois, j'ai l'impression qu'on a de la misère à dire qu'on s'aime. Je trouve qu'on est dans une période difficile, qu'il y a un creux entre les jeunes et les vieux, qu'on ne retrouve plus nos racines en terre. J'espère et je sens que cette série va faire du bien et rapprocher les générations. Elle va nous certainement amener à nous reconnaître.»

«LÉO, c'est un peu risqué, c'est gros, on est tous un peu à la limite de jouer à l'excès, ajoute le comédien Vincent Leclerc. Ce sont des gros personnages qui nous permettent d'étirer les limites. Mon rôle est un rôle bonbon, mais aussi un rôle dangereux, car comme il a vécu un traumatisme crânien, tu ne veux pas faire la grosse caricature qui va déplaire ni ridiculiser. Mon défi était aussi d'être à la hauteur des grands comiques dont je suis entouré ainsi que de l'univers de Fabien.»

«Ce qui m'a le plus surpris lors de ce visionnement, ce sont les moments d'émotions à travers cet univers grinçant et drôle. C'est une grande série comique et un bel univers rural qu'on ne voit pas souvent et qui ne ridiculise pas non plus les gens venant de ce milieu-là. Au contraire, on leur donne de belles valeurs humaines. Je suis très fier de participer à ce projet et à l'univers de Fabien qui est un artiste que je respecte énormément pour son intelligence, son humanité, son humour et aussi sa prise de parole dans les médias.»