POLITIQUE
13/11/2018 16:03 EST | Actualisé 14/11/2018 08:43 EST

Postes abolis à l'Institut Pinel: Danielle McCann priée de renverser la décision

«C'est comme si on retournait à l'époque où on avait des asiles.» - Sylvain Gaudreault

L'Institut Philippe-Pinel de Montréal.
PC/Graham Hughes
L'Institut Philippe-Pinel de Montréal.

QUÉBEC — La ministre de la Santé, Danielle McCann, a demandé à la direction de l'Institut Philippe-Pinel de surseoir à sa décision d'abolir 37 postes de sociothérapeutes, et de lui présenter un nouveau plan de réorganisation dans les plus brefs délais.

Le bureau de la ministre McCann a confirmé l'information à La Presse canadienne, mardi soir.

Mme McCann ne commentera pas davantage le dossier en attendant le nouveau plan de l'institut, a fait savoir son attaché de presse Alexandre Lahaie.

C'est comme si on retournait à l'époque où on avait des asiles, où ne se souciait peu ou pas de la réhabilitation des patientsSylvain Gaudreault

Plus tôt dans la journée, les partis d'opposition à Québec avaient fait pression sur la ministre pour qu'elle intervienne.

"Je suis vraiment estomaqué de voir la situation, a déploré, mardi, le porte-parole du PQ en santé, Sylvain Gaudreault. C'est une mauvaise décision pour les soins à l'égard des patients.

"C'est comme si on retournait à l'époque où on avait des asiles, où ne se souciait peu ou pas de la réhabilitation des patients", a-t-il renchéri.

Selon lui, la ministre a le pouvoir de renverser la décision de l'institut de remplacer les sociothérapeutes par 37 agents d'intervention. "Ça se fait, soutient-il. Ultimement, c'est elle qui est responsable."

Contrairement aux sociothérapeutes, qui sont voués à la rééducation et à la réadaptation des patients, ces agents d'intervention ont pour fonction d'assurer la sécurité, d'appliquer des contentions, par exemple, et d'intervenir de façon plus physique auprès d'eux.

La réduction du nombre de sociothérapeutes survient alors qu'une injection de 12 millions $ a été faite dans l'établissement, qui dispense des soins en santé mentale aux personnes violentes, agressives, qui ont commis des actes criminels.

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"Est-ce que c'est une décision administrative ou clinique? C'est ça la question, s'est indigné à son tour Sol Zanetti, le porte-parole de QS en santé. Est-ce qu'on fait ça pour le bien des gens qui sont traités là-bas? Seront-ils traités par des agents de sécurité?

"On a l'impression qu'on retire des soins, en fait. Ça ne peut pas être une bonne nouvelle", a-t-il ajouté.

De façon générale, le député de Jean-Lesage s'inquiète du manque de ressources en santé mentale au Québec, soulignant au passage le démantèlement prochain de l'urgence psychiatrique de l'hôpital Saint-Sacrement, à Québec.

La fermeture de cette urgence psychiatrique le 16 novembre prochain doit permettre une meilleure offre des services dans la communauté, selon les autorités.

"En ce moment, les nouveaux services ne sont pas mis en place à Québec, dans la communauté, a indiqué M. Zanetti. Est-ce que (la ministre) va annuler (la fermeture)?"

Le Parti libéral du Québec (PLQ) s'est abstenu de commentaires. Silence radio aussi du côté de la direction de l'institut. "Des discussions sont en cours pour le moment, il est donc prématuré de se prononcer. Nous ferons le point sur la situation au moment opportun", a déclaré une porte-parole, Julie Benjamin.