POLITIQUE
13/11/2018 17:56 EST | Actualisé 13/11/2018 18:02 EST

Bernard Landry, l'homme, le père, le professeur

Des proches et anciens collaborateurs ont souligné les valeurs familiales et l'humanité fondamentale de Bernard Landry.

Getty Editorial

Nous connaissons Bernard Landry le politicien, Bernard Landry l'économiste, Bernard Landry l'indépendantiste. Mais les membres de sa famille et ses proches collaborateurs ont aussi souligné l'importance des autres facettes de cet homme qui a façonné non seulement le Québec, mais aussi, à sa façon, chaque personne qui a croisé son chemin.

«On nous demande souvent ce que c'est d'être les enfants de Bernard Landry. Ce n'est pas banal, bien sûr. [...] Petite, peu de mes amis chantaient avec moi el pueblo unido jamás será vencido, ou "le peuple uni jamais ne sera vaincu"», a entamé sa fille Pascale.

La Presse Canadienne
Pascale Landry, fille de l'ex-premier ministre Bernard Landry, a partagé des moments de la vie familiale de l'homme d'État.

Même après son élection dans le premier gouvernement de René Lévesque, en 1976, M. Landry amenait ses enfants dans les assemblées militantes pour passer du temps avec eux et les initier à la vie politique.

Homme de rigueur et de droiture, il s'attendait à ce qu'ils remplissent leurs devoirs de citoyen.

«Je me rappelle d'un soir où mon frère, ma soeur et moi étions dans la jeune vingtaine et il nous a vertement engueulés au souper du dimanche. Il a même quitté la table quand il a su que nous n'étions pas allé voter aux élections scolaires. Chez les Landry, les attentes étaient toujours hautes», s'est rappelée sa fille.

L'ex-députée Marie Malavoy, émue du départ de son ancien chef, a partagé un souvenir de M. Landry à l'époque où il était président du Parti québécois et elle, vice-présidente. Un souvenir qui montre «son côté sensible et son grand amour pour sa famille».

Olivier Robichaud
Marie Malavoy, ex-députée de Taillon, lors des funérailles d'État de l'ancien premier ministre du Québec Bernard Landry.

«Quand les discussions étaient un peu longues, il sortait de sa poche un petit carnet noir dans lequel il avait des photographies de ses petits-enfants. Il regardait ça avec émotion et ça passait le temps. Ça lui permettait d'accepter que les horaires sont longs quand on est en politique», a-t-elle dit avant d'entrer dans la basilique Notre-Dame, où se tenaient ses funérailles mardi.

Bien sûr, la politique n'était jamais bien loin lorsque M. Landry était dans la pièce.

«Je me souviens d'un événement à Joliette où il était président d'honneur. C'était l'inauguration d'un parc, mais il en a profité pour faire une tirade sur l'importance de se lever et de se battre pour notre peuple», se rappelle la députée de Joliette Véronique Hivon, qui représente un comté qui regroupait autrefois le village natal de M. Landry.

M. Landry a aussi eu une importante carrière de professeur, entre ses deux passages à l'Assemblée nationale et après son départ de la politique active en 2005.

Jean-François Paillette a enseigné à l'Université du Québec à Montréal aux côtés de Bernard Landry. Selon lui, l'homme d'État est resté professeur presque jusqu'à la toute fin, puisqu'il estimait qu'il était de son devoir de «tendre la main aux plus jeunes générations pour que notre mémoire collective ne s'efface jamais».

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Dans un moment où se sont mélangés tristesse et humour, il a partagé un échange avec l'ancien premier ministre lors des funérailles «d'un autre de nos géants», Jacques Parizeau.

«J'avais pris M. Landry à part après la cérémonie pour lui dire "je vous interdis de mourir. Le Québec a besoin de vous, j'ai besoin de vous". Il m'a dit qu'il ferait son possible, en ajoutant "tu sais Jean-François, malgré les progrès de la médecine, le taux de mortalité de l'être humain est toujours de 100%".»

Tous ont souligné l'éternel optimisme de M. Landry, qui a tout donné pour une cause qu'il considérait noble, sans toutefois atteindre son but.

Jean-Yves Duthel, ancien collaborateur de M. Landry dans différents gouvernements du Parti québécois, a rapporté une phrase touchante de l'ancien premier ministre.

«L'amour de la patrie est un noble sentiment qui doit animer chaque citoyen, peu importe ses croyances ou origines. Et quant à moi, je vous le laisse en héritage.»