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11/11/2018 12:44 EST | Actualisé 11/11/2018 16:19 EST

Une foule compacte rassemblée à Ottawa pour la cérémonie nationale du jour du Souvenir

De nombreux rassemblements se tenaient dans tout le pays.

THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

Des chefs spirituels ont réfléchi dimanche aux horreurs de la Première Guerre mondiale tout en appelant à un monde de tolérance et de paix alors que des milliers de Canadiens ont bravé le froid mordant pour honorer ceux qui se sont battus pour défendre de tels idéaux.

À Ottawa, le soleil plombait sur les gens rassemblés autour du Monument commémoratif de guerre, à Ottawa, lors de la cérémonie pour commémorer la "guerre pour mettre fin à toutes les guerres", dont les hostilités ont pris fin il y a exactement 100 ans.

"Nous nous rassemblons sur ce terrain sacré, sur lequel sont enterrés des soldats canadiens inconnus, pour nous souvenir de ceux qui ont consenti le sacrifice ultime", a soutenu le major-général Guy Chapdelaine, l'aumônier général des Forces armées canadiennes, devant une foule silencieuse.

"Au centenaire de la signature de l'Armistice, nous honorons ceux dont nous connaissons les noms _ et ceux dont les noms sont connus de Dieu seul."

Le lien entre le passé et l'avenir était bien présent lors des commémorations, alors que le Canada et plusieurs autres pays s'inquiètent que les dures leçons apprises il y a un siècle soient oubliées.

"Nous savons que la paix, c'est plus que se tolérer. C'est se reconnaître dans les autres et se rendre compte que nous sommes tous sur le chemin de la vie ensemble", a indiqué le major-général Chapdelaine.

"Seigneur de la justice et de la paix, permets-nous de déposer nos propres armes d'exclusion, d'intolérance, de haine et de conflits. Fais de nous des instruments de paix afin que nous puissions rechercher la réconciliation dans notre monde."

Dans son propre sermon, le rabbin Reuven Bulka a repris le même thème en exhortant les Canadiens à "réfléchir à la notion de guerre mondiale" et à se poser la question suivante: "Si le monde peut être en guerre, n'est-il pas possible pour le monde d'être en paix?"

"Ce n'est pas seulement possible, c'est terriblement nécessaire, a-t-il ajouté. Nous nous réunissons aujourd'hui pour aspirer à un monde véritablement en paix. Une paix qui se caractérise par le respect, l'inclusion, la coopération, la serviabilité, la gentillesse et l'appréciation."

Ces messages coïncidaient avec un rassemblement de dirigeants mondiaux à Paris pour marquer le 100e anniversaire de l'Armistice et pour discuter des efforts déployés pour empêcher qu'un conflit aussi terrible ne se déclare à nouveau. Le premier ministre Justin Trudeau faisait partie des dignitaires réunis dans la capitale française.

Certains des participants à la cérémonie de dimanche à Ottawa et dans d'autres régions du pays ont clairement ressenti cette angoisse.

"Quand nous réfléchissons, nous constatons qu'au cours de ces 100 années, nous avons accompli de nombreux progrès", a affirmé la lieutenante-gouverneure de l'Ontario, Elizabeth Dowdeswell, lors d'une cérémonie devant Queen's Park, à Toronto.

"Pourtant, nous vivons aujourd'hui dans des temps étranges et incertains, à une époque où les démocraties du monde entier sont fragiles. Nous sommes confrontés à des changements importants qui, trop souvent, menacent de nous séparer."

Mark Monk, qui a assisté à la cérémonie du jour du Souvenir à Halifax afin de déposer une couronne pour la Fierté de Halifax, estime que cette journée est à la fois un jour de commémoration et de réflexion sur les conflits actuels.

"Bien que nous célébrions le 100e anniversaire de l'armistice, de la fin de la Première Guerre mondiale, la guerre sévit toujours dans le monde entier", a souligné M. Monk, un membre de la Légion royale canadienne.

"Même à la maison, il y a toujours des conflits de toutes sortes et partout: dans nos propres communautés, à l'étranger, tout le monde. Et c'est la responsabilité de la communauté et de la société de travailler ensemble pour éliminer les conflits, les obstacles et travailler ensemble."

Même si la cérémonie nationale qui a eu lieu à Ottawa portait sur l'importance de défendre la paix internationale, l'accent a également été mis sur la paix intérieure pour ceux qui ont servi en uniforme.

Avant la cérémonie, la Légion royale canadienne avait attiré l'attention sur ce problème en nommant Anita Cenerini, en tant que Mère de la Croix d'argent, cette année. Son fils, Thomas Welch s'était suicidé en 2004 après avoir servi en Afghanistan.

M. Welch a été le premier soldat canadien à se suicider après avoir participé à la guerre en Afghanistan. Mme Cenerini s'est battue pendant des années pour que l'armée reconnaisse que la mort de son fils avait été causée par son service militaire.

"Alors que nous nous souvenons de ceux qui sont revenus de leurs guerres passées avec des blessures visibles et invisibles, ils nous incitent à prendre soin de tous les militaires blessés au corps, à l'esprit et à l'âme", a dit le major-général Chapdelaine lors de son sermon.

"Aidez-nous à avoir de la compassion pour nos frères et s?urs qui, pour des raisons connues ou inconnues, ont envisagé ou tenté de se suicider. Puissions-nous avoir de la compassion pour les familles et les amis touchés par ces tragédies."

Le chef d'état-major de la défense, le général Jonathan Vance, a félicité la Légion d'avoir nommé Mme Cenerini, affirmant qu'il était grand temps que l'armée rende hommage à ceux qui, comme M. Welch, "ont servi honorablement et sont décédés des suites de leur service".

"Son fils s'est suicidé et on se souvient de lui comme l'une de nos victimes de guerre, et je pense que c'est une très bonne chose que nous la reconnaissions aujourd'hui et le service (de son fils)."